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Football

Longoria vers River Plate, la phrase qui affole les supporters

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Libre après son éviction de l'OM, Pablo Longoria a lâché une phrase qui a mis le feu aux poudres côté argentin. River Plate est dans l'équation.

Longoria vers River Plate, la phrase qui affole les supporters

« Je vais prendre le temps de réfléchir à la prochaine étape. » Une formule anodine en apparence, mais quand elle sort de la bouche de Pablo Longoria — l'un des dirigeants les plus courtisés d'Europe — elle fait l'effet d'une bombe à retardement. À Buenos Aires, les fans de River Plate n'ont pas dormi. Sur les réseaux sociaux argentins, son nom a explosé en quelques heures. L'Espagnol est libre. Et manifestement, des conversations ont lieu.

Pourquoi River Plate croit vraiment à cette piste ?

Six ans. C'est le temps que Pablo Longoria a passé à l'Olympique de Marseille pour transformer un club en crise institutionnelle profonde en un acteur régulier des compétitions européennes. Arrivé dans l'ombre de Jacques-Henri Eyraud en 2020, il a rapidement pris la présidence avant d'en faire sa chose — ou presque. Jusqu'à ce que Frank McCourt, propriétaire américain du club phocéen, décide de tourner la page et de confier l'intérim à Alban Juster.

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Résultat : Longoria se retrouve libre à 44 ans, avec un carnet d'adresses XXL, une réputation de recruteur hors pair — il a notamment activé des filières espagnoles et sud-américaines que peu de clubs français osaient explorer — et une ambition intacte. Ce profil, River Plate l'a cherché pendant des mois. Le club le plus titré d'Argentine, 38 fois champion dans son pays, traverse une période de restructuration en dehors du terrain. Le poste de directeur sportif est stratégique. Et le nom de Longoria circule avec insistance dans les couloirs du Monumental.

Ce qui a mis le feu, c'est une phrase glissée lors d'un entretien accordé à des médias espagnols. Interrogé sur son avenir, Longoria a évoqué son attachement au football sud-américain et sa volonté de « vivre une expérience différente ». Pas de déni. Pas de démenti. À River, on a lu entre les lignes.

Qu'est-ce que Longoria apporterait vraiment à un club argentin ?

La question mérite d'être posée sans filtre. River Plate n'est pas un projet à construire — c'est une institution avec ses propres codes, ses propres guerres intestines et une pression populaire que peu de dirigeants européens ont jamais expérimentée. Marcelo Gallardo a quitté le banc en 2022 après seize titres et une ère dorée. Depuis, le club cherche un nouveau souffle, pas seulement sportivement.

Longoria apporterait quelque chose de précieux dans ce contexte : une lecture fine du marché des transferts européen, une capacité prouvée à dénicher des joueurs sous-cotés — à Marseille, il a réalisé plusieurs opérations à moins de 5 millions d'euros qui ont généré des plus-values considérables — et surtout, un réseau qui traverse les frontières. Dans un football argentin qui voit ses meilleurs éléments partir très jeunes vers l'Europe, avoir un ponte capable d'optimiser ces ventes et d'orchestrer des retours stratégiques, c'est un avantage concurrentiel énorme.

Sa maîtrise du marché des agents, construite au fil des années notamment à Valencia et à la Juventus avant l'OM, lui permettrait de repositionner River comme une étape crédible sur le chemin des grands clubs européens — et pas seulement comme une rampe de lancement à prix bradé. C'est tout un modèle économique à repenser.

Quels obstacles pourraient faire capoter ce dossier ?

L'enthousiasme des supporters ne suffit pas à sceller un accord. Et dans ce dossier, les obstacles sont réels. Premier frein : la gouvernance de River Plate est complexe. Le club fonctionne sur le modèle associatif argentin — les membres votent, les présidents négocient avec des contraintes démocratiques que les dirigeants européens ne connaissent pas. Longoria, habitué à travailler sous la coupe d'un propriétaire privé, devrait adapter son fonctionnement à une structure radicalement différente.

Deuxième obstacle, et il est de taille : l'instabilité économique argentine. Le peso s'est effondré ces dernières années, et même un club de l'envergure de River ne peut pas rivaliser financièrement avec des offres européennes ou américaines. Si Longoria reçoit des propositions de ligues nord-américaines — la MLS investit massivement dans des profils de dirigeants expérimentés — ou d'un club espagnol en reconstruction, l'équation change du tout au tout.

Troisième point : son entourage. Plusieurs sources proches de l'ancien président marseillais indiquent qu'il étudie plusieurs projets simultanément, dont au moins un en Europe. L'Espagne, son pays natal, reste une destination qu'il n'a jamais cachée vouloir explorer un jour à un niveau décisionnel majeur. Séville, Villarreal, Valencia — ces clubs ont des histoires compliquées et des présidences mouvantes. Un terrain idéal pour un homme qui aime les défis structurels.

Reste une inconnue centrale : le calendrier. Longoria a été écarté de l'OM sans avoir eu le temps de préparer sa sortie. Prendre une décision dans la précipitation ne ressemble pas à son mode de fonctionnement. Ceux qui le connaissent bien insistent sur sa méthode rigoureuse, son refus de foncer tête baissée. Il observera, écoutera, puis tranchera. Avec la même froideur qu'il a mise à construire — et parfois démanteler — plusieurs équipes professionnelles en moins d'une décennie.

Une chose est certaine : le prochain projet de Pablo Longoria ne sera pas choisi par défaut. À 44 ans, avec le capital symbolique qu'il a accumulé à Marseille malgré une fin de règne abrupte, il a la main. River Plate le sait. Et d'autres aussi. Les prochaines semaines vont être décisives — pour lui, et peut-être pour l'avenir d'un club qui rêve de retrouver sa grandeur continentale.

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