Aller au contenu principal
Football

Rongier fracasse l'OM et balance tout sur son départ

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

À Rennes depuis l'été, l'ancien milieu de l'OM Valentin Rongier dénonce un traitement « irrespectueux » dans les coulisses de son départ du club phocéen.

Rongier fracasse l'OM et balance tout sur son départ

« Irrespectueux. » Le mot est lâché, sans trembler. Valentin Rongier n'a pas mâché ses mots pour décrire la façon dont l'Olympique de Marseille l'a traité avant de le pousser vers la sortie l'été dernier. Aujourd'hui sous le maillot du Stade Rennais, l'ancien capitaine de fait du milieu marseillais a décidé de parler. Et quand Rongier parle, il ne murmure pas.

Le milieu à l'os qui ne digère pas la méthode marseillaise

Cinq ans. Valentin Rongier a passé cinq saisons à l'OM, arrivé en 2019 en provenance du FC Nantes pour environ 14 millions d'euros. Cinq ans de sueur, de blessures, de résurrection aussi — il faut se souvenir de ce genou qui l'a tenu éloigné des terrains plusieurs mois. Un joueur qui ne brillait pas sous les projecteurs mais qui structurait, équilibrait, abattait le travail ingrat que les vedettes s'autorisent à ignorer. Le genre de profil qu'on dit indispensable le lundi et qu'on oublie le vendredi.

BetBurger - Surebets et Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

Ce que Rongier reproche, c'est précisément ça : avoir été mis de côté sans égards, sans considération pour ce qu'il avait apporté. Un traitement qu'il qualifie d'irrespectueux, une formule qui claque d'autant plus qu'elle vient d'un garçon réputé pour sa discrétion, pour son professionnalisme, pour sa capacité à mettre le collectif avant tout. Quand un homme comme lui sort de sa réserve, c'est qu'il y a eu blessure profonde.

Les détails précis des coulisses restent encore partiellement dans l'ombre, mais le message est clair : la direction de l'OM, dans sa gestion du dossier Rongier, n'a pas respecté les codes élémentaires du football humain. Pas d'explication franche, pas de reconnaissance, pas de porte ouverte avec dignité. Juste la sortie. La petite porte.

L'OM et ses adieux en série, une gestion de l'humain qui interroge

Ce n'est pas la première fois que le club phocéen se retrouve au cœur d'un tel témoignage. L'histoire récente de Marseille est jalonnée de départs fracassants ou de joueurs froissés. La rotation permanente des effectifs, les ambitions qui s'affrontent avec la réalité budgétaire, les changements d'entraîneurs à répétition — pas moins de cinq coachs en quatre ans sur la Canebière — créent une instabilité chronique qui finit toujours par broyer des hommes.

Roberto De Zerbi est arrivé à l'été 2024 avec une mission claire : refonder, moderniser, imposer un style. Cette refondation a un coût humain. Rongier n'entre pas dans le projet. Soit. C'est la logique du football de haut niveau, personne ne le conteste. Mais la manière, toujours la manière.

Il y a quelque chose de révélateur dans le fait que ce soit Rongier qui parle. Pas un étranger débarqué six mois pour encaisser son chèque. Pas un joueur qui n'a jamais mouillé le maillot. Un gars du sérail, formé à la culture du travail, qui a vu passer Rudi Garcia, Jorge Sampaoli, Igor Tudor, Marcelino et Jean-Louis Gasset. Cinq coaches, cinq philosophies différentes, et lui qui s'adaptait à chaque fois. Plus de 150 matchs sous le maillot olympien. Ce n'est pas anodin.

La question que pose implicitement son témoignage est celle-là : jusqu'où peut-on pousser la logique de la performance pure sans perdre ce qui fait qu'un vestiaire reste soudé, qu'une institution reste respectée ? L'OM se targue d'être un club populaire, un club de passion. Mais les passions ont besoin d'être entretenues, y compris en interne.

Rennes, un nouveau départ, et un message qui résonne dans les vestiaires

Rongier, lui, a rebondi. Le Stade Rennais lui a tendu la main, et il a saisi l'opportunité avec l'appétit de celui qui a quelque chose à prouver. À 29 ans, il n'est pas en fin de carrière. Il est dans la plénitude de ce que doit être un milieu de terrain moderne : intelligent, capable de casser les lignes, de récupérer les ballons, de donner du rythme.

Son intégration en Bretagne semble aller dans le bon sens, et ses déclarations publiques sur l'OM n'ont rien d'un règlement de comptes gratuit. Elles sonnent comme la libération d'un joueur qui a longtemps retenu sa langue. Il n'insulte pas, il ne détruit pas. Il dit simplement : on aurait pu faire mieux avec moi. Cette sobriété dans le propos rend le message encore plus lourd.

Dans les vestiaires professionnels, ce genre de témoignage circule. Les joueurs lisent, écoutent, retiennent. La réputation d'un club dans la gestion de ses joueurs en fin de cycle, c'est un soft power méconnu mais réel. Quand tu veux recruter un profil comme Rongier — solide, fiable, expérimenté — et que l'ancien dit publiquement avoir été mal traité, tu crées un frein. Subtil, mais réel.

Pablo Longoria, le président de l'OM, est un homme de réseaux, un recruteur hors pair selon la réputation qu'il s'est construite. Mais recruter ne suffit pas. Gérer les sorties avec élégance, c'est aussi du management de haut niveau. Et sur ce point, le dossier Rongier laisse une tache.

La saison marseillaise est encore longue. Roberto De Zerbi construit, tâtonne parfois, cherche ses équilibres. L'OM reste l'OM, avec ce que ça implique de passion, de pression, d'exigence collective. Mais si le club veut vraiment franchir un cap, se constituer en véritable institution européenne capable d'attirer et de fidéliser les meilleurs profils, il faudra aussi soigner ce que les comptables ne mesurent pas. Le respect dû à ceux qui ont porté le maillot. Rongier vient de rappeler que ça compte. Lourdement.

Ligue 1Olympique de MarseilleStade RennaisValentin RongierMercatoRoberto De Zerbi

Articles similaires