Les volleyeuses de Saint-Dié (D1) ont publié un communiqué dénonçant les méthodes «vexatoires, sexistes et dangereuses» de leur entraîneur Emmanuel Dumortier.
Un nouveau scandale secoue le volley-ball français. Les joueuses du club de Saint-Dié, évoluant en première division nationale, ont pris la parole ce jeudi dans un communiqué officiel. Leur cible : leur propre entraîneur, Emmanuel Dumortier, accusé d'insultes et de comportements inacceptables.
Des accusations graves et documentées
Les termes employés par les joueuses sont sans équivoque. Elles dénoncent des méthodes qualifiées de «vexatoires, sexistes et dangereuses». Un vocabulaire fort, pesé, qui traduit une situation visiblement devenue insupportable au sein du club vosgien.
Le communiqué, signé collectivement par les joueuses de l'effectif, décrit un climat délétère. Des insultes répétées, une pression psychologique hors normes et des attitudes qui n'ont pas leur place dans le sport professionnel. Cette prise de position publique témoigne d'un ras-le-bol général au sein du vestiaire.
Le sport féminin face à ses démons
Cette affaire rappelle douloureusement d'autres scandales qui ont éclaboussé le sport français ces dernières années. Le mouvement #MeTooSport avait pourtant ouvert une brèche. Les athlètes, de plus en plus nombreuses, osent désormais briser la loi du silence.
Dans le volley-ball, discipline encore peu médiatisée, ce type de prise de parole reste rare et courageux. Les joueuses de Saint-Dié prennent un risque sportif réel en s'exprimant publiquement contre leur staff technique. Leur démarche collective renforce néanmoins la crédibilité et le poids de leurs accusations.
Les instances dirigeantes du volley-ball français, à commencer par la Fédération Française de Volley, se trouvent désormais face à leurs responsabilités. Une réaction rapide et ferme est attendue par l'ensemble de la communauté sportive.
Vers une prise de responsabilité institutionnelle
L'affaire Saint-Dié dépasse le cadre d'un simple conflit interne. Elle pose une question fondamentale : comment le sport professionnel protège-t-il ses athlètes face aux dérives comportementales de l'encadrement ? Les mécanismes de signalement et de protection existent. Leur application reste trop souvent insuffisante.
La balle est désormais dans le camp des dirigeants du club vosgien et des autorités fédérales. Les joueuses ont parlé. Le sport français doit leur répondre à la hauteur de leur courage.