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Portrait. On a rencontré Antoine Robichon, le samuraï du XV de La Défense

  • Nathan Plegat

Le sergent chef de l’armée de l’air Antoine Robichon, capitaine du XV de la Défense face aux équipes Nippone et Britannique pour cette coupe du monde a débuté le rugby en minimes ( -13 ans) au SOVoiron où  il est passé par cadets, juniors, Crabos puis Reichels jusqu’en équipe fanion en senior. Il s’est essayé ensuite à Montmélian et a oscillé entre Voiron et Montmelian avec un passage au club de Seyssins pour finir au GTO RC77. Les niveaux des clubs en seniors allant de fédérale 1 à 3.

Il fait parti de l’équipe de France militaire depuis 2008, Antoine a aussi participé à 3 coupes du monde avec cette sélection : en 2011 en Australie, 2015 en Angleterre où  la France finit troisième en battant les Blacks puis l’actuel championnat mondial au pays du soleil levant. 

Ils ont rencontré ce jeudi les britanniques en demi-finale. Le deuxième/troisième ligne a aussi participé à un tri-nation en Nouvelle-Zélande en 2017.

Comment avez-vous abordé cette Coupe du Monde ?

« On a fait une batterie de tests physiques a Marcoussis ( Centre National de Rugby ) et à Fontainebleau ( Centre National des Sports de la Défense ), ensuite 8 semaines de préparation individuelle chacun de notre côté puis de nouveaux tests pour passer de 47 à 31. Pour finir 1 mois de préparation collective au CNSD de Fontainebleau »

Cette coupe du monde est-elle différente des autres auxquelles vous avez pu participer ?

« La différence sur cette coupe du monde vient du fait que chaque match est éliminatoire donc pas le droit à l’erreur. On note aussi que les Britanniques ont fait une seule équipe… alors que d’habitude ils viennent avec la Navy, l’Army et l’Air Force. »

Comment avez-vous pris votre non-sélection dans le premier match face à la Papouasie ?

On joue tous les 4 jours donc il faut forcément faire tourner les effectifs pour rester compétitifs donc aucun problème quant au fait d’être hors groupe contre la Papouasie. »

Le score écrasant de 71-00 a-t-il boosté les rangs ?

« Le score nous a mis en confiance, surtout que nous n’avons encaissé aucun essai malgré quelques déchets en conquête surtout en touche. »

Qu’avez-vous pensé lors de votre nomination en tant que deuxième ligne titulaire et capitaine face à l’équipe du Japon à domicile ?

« Deuxième ligne ce n’est pas vraiment mon poste de prédilection mais je ne vais pas faire la fine bouche; j’étais ravi d’être de la partie, il faut servir l’équipe. C’était super ce match contre la nation hôte, il y avait du monde au stade et un super état d’esprit. »

 

Votre analyse de ce second match vu du terrain cette fois-ci ?

« En tant que capitaine j’ai essayé d’apporter mon expérience… de gérer le jeu et surtout notre temps faible car à 10 minutes de la fin il y avait toujours 5-3. »

Avez-vous ressenti plus de résistance face à cette équipe Nippone ?

« On a été surpris de leur niveau surtout en mêlée qui est notre point fort. On a laissé beaucoup de jus sur ce match… »

Aviez-vous une certaine appréhension à l’approche de la demi-finale face au Royaume-Uni ?

« Ils se préparaient depuis décembre pour ce match et ça s’est ressenti, ils étaient super organisés »

Comment expliquez vous la défaite face aux anglais ?

« Les Britanniques on les connait, on les joue tous les ans. Ils sont structurés et le rugby militaire est une institution chez eux… ils ont beaucoup plus de moyens que nous, ce qui les rend dangereux. Mais dans un format de coupe du Monde on peut les battre. On l’a prouvé en 2015. Là, ils avaient réuni les 3 armées, ils étaient trop forts pour nous et on a payé notre manque de fraicheur physique. Eux avaient 1 match dans les pattes et 8 jours de récupération; nous 2 matchs et 4 jours de récupération. »

Pensez-vous prendre la médaille de bronze aux All-blacks pour la deuxième coupe du monde d’affilée ?

« Jouer les All-Blacks c’est toujours un truc énorme avec toute la symbolique qu’il y a derrière, même en militaire… on a les moyens de le faire. Je suis touché à la cheville, j’espère faire partie du groupe mais il faut que je récupère vite ! »

 

 

Vous pensez continuer à jouer encore combien de temps ?

« Pour moi c’était la dernière… j’ai eu beaucoup de blessures récemment et je fais ma dernière saison, il faut savoir écouter son corps et dire stop. J’effectue une année de transition car je vais également entraîner dans mon club au GTO77 ou j’espère pouvoir apporter mon expérience sur et en dehors du terrain. »

Quel est votre pronostic pour l’équipe de France dans cette coupe du monde au Japon ?

« Je suis derrière l’équipe de France et pense sincèrement qu’elle peut créer la surprise. Ce statut d’outsider nous a toujours réussi et ils ont fait une super prépa physique qui je pense va porter ses fruits. On a de très bons joueurs à l’image d’Antoine Dupont. »

Quel est pour vous le meilleur joueur de rugby français de tous les temps ?

« Le meilleur joueur français de tous les temps… question difficile mais je dirai Thierry Dusautoir, meilleur joueur du monde en 2011 et leader exemplaire sur et en dehors du terrain. »

Le meilleur joueur au monde ?

« Pour le meilleur joueur du monde de tous les temps je dirai Jonah Lomu sans hésiter. Personne n’a jamais autant dominé le rugby même si c’était sur une courte période. C’était incroyable à l’époque, tout le monde regardait les matchs pour le voir jouer. »

Merci au capitaine du XV de la Défense, le sergent-chef Antoine Robichon pour cet entretien..

 

Propos recueillis par Loïc Saintipoly

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