Nous suivre sur

Autres Rugby

Rugby – Le père de Dominici revient sur la mort de son fils

  • Pierre-Louis Maternowski

Trois mois après le décès de Christophe Dominici, la peine suscitée par la disparition du Varois est encore loin de s’estomper…

Dans la préface de la réédition de l’autobiographie de son fils, qui sort ce jeudi, Jean Dominici revient sur ces moment de douleur et d’incompréhension, avec des mots poignants.

« Mon Cristh, quelque chose devenu rare depuis que tu es parti s’est produit aujourd’hui. J’ai été heureux pendant quelques minutes, écrit-il, d’ailleurs pour commencer. Un de tes chevaux a gagné, Christophe! Tu vois, tu l’as bien choisi. Je suis sûr que de là-haut, tu l’as vu franchir la ligne en tête et ça a dû te faire plaisir à toi aussi. C’est bon d’imaginer qu’on puisse encore partager des moments de bonheur tous les deux. J’ai su que Max (Guazzini) était venu te rendre visite ce matin, au cimetière de la Ritorte, à Hyères où tu reposes avec ta sœur, Pascale. Ta mère y va tous les jours ; moi, tous les deux jours, j’ai du mal. »

« Ne plus te voir. Ne plus t’entendre. C’est dur. On m’a enlevé ta soeur et c’est une partie de moi-même qui est partie avec elle. Maintenant, on m’enlève la moitié qui me faisait vivre et plus rien n’a de sens»

«Loretta (l’épouse de Christophe Dominici) m’a dit tout de suite qu’elle ne croyait pas à la thèse du suicide. Qu’elle était follement inquiète pour toi, la maladie t’envahissait, te privant de sommeil, et que quand tu parvenais à dormir un peu, ton repos était perturbé par des cauchemars. Des histoires de poursuites, d’agressions dont tu te sentais victime», explique-t-il, ajoutant : « On t’a retrouvé sur le sol. Mort sur le coup, mais gisant sur le dos. Pas face contre terre comme quelqu’un qui se jette volontairement dans le vide. Ton corps n’était pas disloqué, ton visage pas abîmé. Tes ongles seulement semblaient avoir été arrachés, comme si tu avais tenté de te rattraper. »

Max Guazzini (ancien président du Stade Français) et Christophe Galthié son ancien coéquipier, apparaissent eux aussi dans ce témoignage.

« Ce que je vais te dire va te paraître bizarre, mais Christophe, tu étais… magnifique dans ton costume noir! Tu semblais apaisé, comme délivré de tous les démons qui te taraudaient. Et toutes les personnes qui venaient se recueillir auprès de toi, m’ont semblé repartir apaisées, elles aussi. Max est resté trois jours, inconsolable, révèle-t-il. Il m’a dit : « J’ai perdu l’être que j’aimais le plus au monde. » Fabien Galthié, qui n’osait pas entrer au début, est passé et repassé plusieurs fois, refaisant la queue derrière les nouveaux venus. Ça a duré, je ne sais pas: cinq heures ! On aurait juré qu’il avait des choses importantes à te dire.» 

A lire aussi :

A découvrir

Plus d'infos dans la rubrique Autres Rugby