Coupe Davis : la révolution d'un format qui divise le monde du tennis
Depuis 2019, la Coupe Davis a radicalement changé de visage. Entre enthousiasme et nostalgie, le bilan est contrasté.
Il fut un temps où la Coupe Davis représentait l'essence même du tennis de nations : des confrontations âpres disputées sur plusieurs jours, dans des stades déchaînés, avec une atmosphère incomparable. Depuis 2019, tout a changé. Sous l'impulsion de Gerard Piqué et de sa société Kosmos Tennis, la compétition centenaire a subi une transformation radicale qui continue, encore aujourd'hui, de faire débat dans le monde du tennis professionnel.
Un format repensé de fond en comble
L'ancien système, fondé sur des rencontres à domicile et à l'extérieur étalées sur tout le week-end avec cinq matchs (quatre simples et un double), a été remplacé par une formule de type Final Eight, inspirée des compétitions de football. Depuis 2021, dix-huit nations se retrouvent durant une semaine dans plusieurs villes hôtes pour disputer des phases de groupes puis des matchs à élimination directe. Chaque confrontation ne comprend désormais plus que deux simples et un double, tous disputés le même soir. Le but affiché était clair : rendre la compétition plus attractive pour les diffuseurs télévisés, attirer les meilleurs joueurs mondiaux et moderniser l'image d'un tournoi jugé vieillissant.
Financièrement, l'investissement de Kosmos — un milliard de dollars sur vingt-cinq ans annoncé en grande pompe — semblait garantir une transition en douceur. Mais la réalité s'est avérée plus complexe. La société a d'ailleurs mis fin à son partenariat avec l'ITF en 2023, laissant la fédération internationale reprendre les rênes seules d'une compétition en pleine mutation.
Des joueurs partagés, une ambiance en demi-teinte
La question de la participation des stars reste le talon d'Achille du nouveau format. Si des joueurs comme Carlos Alcaraz ou Novak Djokovic ont parfois honoré leur sélection, beaucoup de têtes d'affiche continuent de décliner l'invitation, fatiguées par un calendrier tennistique déjà surchargé. L'enchaînement des tournois du Grand Chelem, des Masters 1000 et des Finales ATP laisse peu de place à une compétition par équipes, aussi prestigieuse soit-elle.
Sur le plan de l'ambiance, le constat est mitigé. Les stades couverts et les matchs en soirée confèrent certes un spectacle télévisuel soigné, mais ils peinent à recréer la ferveur des anciens duels à domicile. Le public espagnol à Séville ou les supporters italiens à Bologne ont bien tenté de recréer une atmosphère de feu, mais la neutralité des enceintes efface une partie de l'âme de la compétition.
Un bilan sportif encourageant, une identité encore à construire
Sportivement, la formule a toutefois offert de beaux moments. L'Italie, portée par Jannik Sinner et Matteo Berrettini, a remporté l'édition 2023 à Malaga, ravivant la passion nationale pour le tennis. L'Espagne, l'Australie et la Grande-Bretagne ont également démontré que la compétition pouvait encore générer des émotions fortes et des rebondissements de haut niveau.
L'ITF travaille aujourd'hui à affiner encore le format, consciente que l'équilibre entre tradition et modernité est difficile à trouver. Des ajustements sont attendus dans les années à venir, notamment sur la durée de la phase finale et le nombre de nations participantes. Une chose est certaine : la Coupe Davis reste une compétition unique, capable de révéler le meilleur du tennis collectif. Il lui faut simplement retrouver son âme perdue quelque part entre les exigences du show business et la magie des origines.
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