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Tour de France dans le rétro : Eric Breukink s’offre la première part de montagne dans le Tour 1987

Dans cette soixante-quatorzième édition ponctuée de rebondissements, le Néerlandais Eric Breukink dispose de ses adversaires pour lever les bras à Pau. Il ne peut rêver mieux pour sa première participation à la Grande Boucle.

 

Petit changement au départ de Berlin-Ouest, les équipes sont dorénavant composées de neuf et non dix coureurs comme c’était le cas depuis 1965.  Les deux derniers vainqueurs du Tour sont absents des débats au départ de la capitale allemande, Bernard Hinault quintuple vainqueur du Tour est retraité depuis la fin de saison 1986 et Greg Lemond vainqueur en titre se remet d’un accident de chasse survenu au mois d’Avril.

Si Jelle Nijdam (Superconfex) est le premier maillot jaune à la suite du prologue, il cède dès le lendemain à Lech Piasecki (Del Tongo) qui devient dès lors le premier Polonais à revêtir la tunique or. Le peloton n’est pas encore arrivé en France que le maillot jaune est déjà sur les épaules d’un troisième coureur différent, le Suisse Eric Maechler (Carrera) qui va le conserver une semaine. A la faveur d’un bel effort de près de deux heures dans le contre-la-montre, reliant Saumur au Futuroscope (quatre-vingt-sept kilomètres), le Français Charly Mottet (Système U) porte le maillot jaune. Il devient le leader de substitution car son leader Laurent Fignon a accumulé trop de retard dans les efforts chronométrés. Il cède le paletot dès le lendemain dans l’étape menant à Chaumeil à son coéquipier Martial Gayant.

Ce dernier cède le maillot à son tour dans l’entrée du premier massif, celui des Pyrénées dans l’étape Bayonne-Pau, ponctuée des ascensions des cols Burdincurutcheta, Bargargui, Soudet et Marie-Blanque. Si le Néerlandais Eric Breukink (Panasonic) s’impose pour son premier Tour, Jean-François Bernard (Toshiba) et Luis Herrera (Cafe de Colombia) se rapprochent au général. Charly Mottet retrouve alors le maillot jaune qu’il gardera jusqu’au chrono du Mont Ventoux.

A la faveur d’un changement de vélo, Jean-François Bernard se montre le plus rapide et se pare de jaune avec plus de deux minutes trente de marge. Le public se dit que le successeur de Bernard Hinault est déjà là. Mais le maillot jaune le quitte déjà dès le lendemain, son unique jour en jaune en carrière, sur la route de Villard-de-Lans.

La tunique jaune atterrie sur les épaules d’un autre favori et récent vainqueur du Giro, Stephen Roche (Carrera). Mais dans ce Tour 1987, la course ne cesse d’aller de rebondissements en rebondissements et c’est Pedro Delgado (PDM) qui récupère le maillot de leader, en haut des vingt-et-un virages de l’Alpe d’Huez pour vingt-cinq secondes.

Si Laurent Fignon ressuscite dans la montée de La Plagne après avoir franchi le Galibier et la Madeleine, derrière lui se tient le duel féroce entre Stephen Roche et Pedro Delgado.

Tour de France 1987- Le Bourg d’Oisans-La Plagne – Delgado en jaune devant Roche

Si l’Irlandais et l’Espagnol se poussent l’un et l’autre dans leurs ultimes retranchements, Delgado parvient à lâcher Roche et pense filer vers la victoire finale. Les spectateurs anglophones se souviennent des commentaires passionnés de Phil Liggett lorsqu’il vit plein de surprise Stephen Roche fondre sur Pedro Delgado au terme d’un come-back titanesque pour ne concéder que quatre secondes sur la ligne, sans compter les bonifications. Il a maintenant trente-neuf secondes à boucher. Les suiveurs se demandent comment va-t-il faire car exténué, il est sous masque à oxygène, allongé sur la ligne d’arrivée.

Stephen Roche sous oxygène à La Plagne après son effort violent.

Il parvient à reprendre dix-huit secondes dans l’étape menant à Morzine. Stephen Roche scelle sa victoire dans le contre-la-montre de Dijon en reprenant une minute et une seconde à Pedro Delgado. Jean-François Bernard remporte le contre-la-montre et assure sa troisième place.

Sur les Champs-Elysées, au bout de vingt-six étapes (prologue compris) et quatre mille deux cent trente-et-un kilomètres (le dernier Tour au dessus de la barre des quatre mille kilomètres), huit maillots jaunes différents dont neuf changements de leaders. Il fallait remonter à 1958 pour voir autant de porteurs différents.

Podium du Tour de France 1987, de gauche à droite, Pedro Delgado, Stephen Roche et Jean-François Bernard.

Stephen Roche devient le premier Irlandais à gagner le Tour de France. Quarante secondes devant Pedro Delgado, deux minutes treize secondes devant Jean-François Bernard, Luis Herrera finit à moins de dix minutes et Laurent Fignon autre grand favori termine quant à lui, à plus de dix-huit minutes. Après cette victoire, Stephen Roche devient champion du monde sur route, réalisant dès lors comme Eddy Merckx en 1974 la triple couronne, Giro, Tour et le maillot-arc-en-ciel la même année. Personne n’a réédité cette performance depuis.

Constant BRIERE

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