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1992-2001 : Quand les Barjots ouvraient la voie

De 1992 à 2020, l’équipe de France de handball est passée par de nombreux succès. Des succès, chacun plus spéciaux que les autres. 3 périodes riches en titres et en émotions. Retour sur l’histoire de notre équipe de France depuis le premier podium olympique en 1992 : une folle époque.

1992, les débuts de la gloire

Pour mieux comprendre la période des Barjots, revenons d’abord sur celle des Bronzés, là où tout a commencé. En 1992, une bande de copains constitue l’équipe de France. Une équipe attachante et pleine d’espoir s’installe. Cette équipe composée de Frédéric Volle, Jackson Richardson, Pascal Mahé ou encore Philippe Gardent manque encore de résultats. Sûrs de leurs forces, les hommes de Daniel Constantini commencent les JO 92 en pleine apothéose face à l’Espagne, pays hôte et favori de la compétition (derrière la grande Suède de l’époque). En battant des nations comme l’Espagne et l’Allemagne, les Français se retrouvent alors face à la Suède en demi-finale.

Rappelons qu’il s’agit alors déjà d’un exploit pour nos Bleus. Cette bande de copains était menée par la folie. Leur motivation sportive était très difficile à entretenir, compte tenu de leur goût absolu de la fête. Mais cette équipe était attachante avant tout. Pour célébrer leur qualification en demi-finale, tous les joueurs se teignent les cheveux en blond ! Les hommes de Constantini s’inclineront malgré tout face à la Suède mais remporteront le match pour la 3ème place contre la Croatie. Cette 3ème place aux JO de Barcelone leur donna alors le nom des Bronzés, en référence au film de Patrice Leconte du même nom. En effet, cette équipe ressemblait à une bande de potes de vacances, sûrs de leurs capacités.

1993-1995, les Barjots aux championnats du monde

Sept mois après leur premier podium olympique, les « Bronzés » se retrouvent en Suède pour les championnats du monde. De cette compétition va naître la légende des Barjots : dans la difficulté face à des équipes abordables mais ultra-performants face aux meilleurs. C’était leur manière de jouer. Peut-être leur mentalité les poussaient-ils à dénigrer les plus petites équipes ? On aurait pu le penser. En effet, au Mondial 1993, cet état d’esprit aurait pu leur jouer des tours. Lors du tour préliminaire, les Bleus ont bien failli sortir par la petite porte, après leur défaite face à la Suisse et leurs deux petits succès d’un seul but. Après ce premier tour chaotique, les Bleus échappent au groupe de la mort et parviennent à remporter ce tour principal, ce qui les qualifient en finale face à la Russie ! Malgré la lourde défaite en finale, l’équipe de France et bel et bien lancée vers la gloire.

Après un Euro 1994 raté et des tensions entre joueurs du sud et parisiens, les Barjots entrent mal dans le championnat du monde 1995. Comme lors de la précédente édition, des défaites face à des adversaires abordables et des victoires à l’arrachée sont à déplorer. Deux défaites face à la Roumanie et face à l’Allemagne conduisent les Bleus à une crise interne. Les hommes de Constantini sont usés et se montrent virulents les uns envers les autres. En effet, il existe de vives tensions entre les joueurs provenant de différents clubs (nord vs sud globalement). Ces tensions conduisent les joueurs à une réunion de crise : la réunion d’Akureyri.

La réunion d’Akureyri

C’est le joueur Denis Lathoud qui est à l’origine de cette réunion de crise. Après avoir rejoint le nord de l’Islande et avant d’affronter l’Espagne en 1/8ème de finale, les Bleus se doivent des explications. C’est tous les 12 ensemble et sans le sélectionneur Constantini que les joueurs se reprennent. Chacun y va de sa critique et ils trouvent ensemble des solutions pour renouer avec le succès. Ils ont besoin de gagner à nouveau face à l’Espagne, comme en 1992. Cette réunion reste célèbre sans que personne ne sache vraiment ce qu’il s’y est dit, là-bas, au nord de l’Islande. Ce qui est sûr, c’est que c’est là-bas que les Barjots ont su qu’ils pourraient gagner le Mondial.

Une équipe soudée, reformée prend place quelques heures plus tard. Une équipe bras dessus, bras dessous pendant la Marseillaise, du jamais vu auparavant. On voyait alors une équipe prête à décrocher le premier titre mondial français de l’histoire tous sports collectifs confondus. Cette nouvelle force collective conduit à une nouvelle victoire face à l’Espagne 23-20. En quart de finale, l’Equipe de France retrouve la Suisse. La Suisse qui avait dominé les Français en 93 lors du tour préliminaire. Les Barjots n’en firent qu’une bouchée. Les Bleus deviennent vraiment une menace pour les adversaires restants et leur soif de victoire fait peur ! La demi-finale oppose l’Allemagne à la France, déjà adversaires en poule. À l’inverse du premier match, c’est l’équipe de France qui gagne et accède à sa deuxième finale mondiale consécutive.

Face à l’historique adversaire croate, Jackson Richardson (MVP de la compétition) et les siens s’imposent 23-19. L’équipe de France de handball devient alors la première équipe championne du monde. Philippe Gardent livre dans une interview pour L’Equipe le surnom de l’équipe : « On est tous des barjots ». Ce nom est resté dans l’histoire de l’équipe de France de handball.

1996 – 2001 la fin d’une ère

En 1996, l’équipe de France, championne du monde en titre, arrive en favori pour les JO d’Atlanta. Malheureusement, les Bleus perdront face à une équipe croate revancharde en demi-finale. Le match pour la troisième place sera lui aussi décevant. Cette défaite signera le départ à la retraite de piliers de cette génération : Gardent, Volle, Lathoud… En 1997, les hommes de Constantini parviennent à décrocher le bronze au Mondial japonais après avoir battu la Hongrie au dernier match. Guillaume Gille, l’actuel sélectionneur des Bleus, fait son entrée en équipe de France et est décisif lors de ce Mondial.

Les années 98, 99, 2000, contrairement à celles du football, ne sont pas riches en titres, ni en podiums. Les Français ne feront pas mieux que 7èmes à l’Euro 98, 6èmes au Mondial 99. Aux JO de Sydney, la France compte sur la nouvelle génération pour ramener une première victoire dans la compétition, en vain. La France ne fera pas mieux qu’une sixième place. À l’Euro 2000, l’espoir d’une médaille revient avec l’obtention d’une belle 4ème place. En 2001, Daniel Constantini signe pour une dernière année avec la FFHB. Le Mondial en France lui permet de finir sa carrière d’entraîneur en beauté avec un troisième et dernier titre mondial. Le titre a cependant failli leur échapper. En effet, si Grégory Anquetil n’avait pas égalisé à la toute dernière seconde du temps règlementaire, les Suédois auraient été sacrés ! Mais en Costauds, la nouvelle génération s’imposa au terme des prolongations.

La nouvelle ère de l’équipe de France avait déjà trouvé son nom. Il ne restait plus qu’à montrer de quoi elle était capable.

 

Léo Godefroy

source image : @GregLallemand

 

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