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Dans le rétro #6 – L’incroyable année 1980 de Bernard Hinault

Le Français Bernard Hinault est une légende du cyclisme mondial. Son palmarès est l’un des plus étoffés de l’histoire. On trouve, notamment, cinq Tour de France, trois Giro, ou encore, deux Vuelta. A l’aube de l’année 1980, « Le Blaireau » rêve de remporter le Tour d’Italie et de réussir là où Jacques Anquetil a échoué en devenant champion du monde.  

Pour cette nouvelle saison, le cycliste français est la star du peloton. Il a remporté les deux dernières éditions du Tour de France, en 1978 et 1979, et est déjà lauréat du Tour d’Espagne. En 1980, il s’aligne sur le Giro pour rejoindre Jacques Anquetil, Felice Gimondi et Eddy Merckx dans le cercle des vainqueurs des trois “Grand Tour”. Les championnats du monde à Sallanches, en France, sont aussi un objectif car le parcours lui convient parfaitement.

Un Liège-Bastogne-Liège historique

Le début de saison 1980 de Bernard Hinault est un peu poussif. Il fait l’impasse sur des courses prestigieuses, Milan-Sanremo et le Tour des Flandres, et bute sur les Italiens Francesco Moser et Giuseppe Saronni sur Paris-Roubaix et la Flèche Wallonne. Le 20 avril, le Costarmoricain prend le départ d’un Liège-Bastogne-Liège qui deviendra historique. De la neige s’annonce et les températures sont glaciales. En l’espace de deux heures, cent coureurs abandonnent dont de nombreux favoris comme Charles Pollentier, Lucien Van Impe ou encore Saronni.

A deux doigts de se retirer, Bernard Hinault décide quand même de continuer la course et attaque une première fois pour rejoindre l’échappée. Ensuite, le Breton fait le forcing et s’isole dans la côte de Haute-Lévée. A 80 kilomètres de l’arrivée, dans une course déjà historique, il est seul et fait face à un premier regroupement de coureurs. Le Français finit premier sur la ligne à Liège avec plus de neuf minutes d’avance sur son dauphin le Néerlandais Hennie Kuiper.

Le plus gros adversaire de Bernard Hinault sur ce Liège-Bastogne-Liège 1980 : la neige

La démonstration dans le Stelvio pour remporter son premier Giro

Premier grand objectif de sa saison, Bernard Hinault participe au Giro 1980. « Le Blaireau » à beau découvrir les pentes italiennes, il reste tout de même l’un des principaux favoris et a comme ambition de remporter le seul Grand Tour qui manque encore à son palmarès. Pour se préparer, le Breton est allé gagner le Tour de Romandie, en Suisse, face au duo de la Gis, Silvano Contini et Giuseppe Saronni. L’équipe italienne va être la formation dominante de ce Giro avec son leader maison Wladimiro Panizza. Avant la 20ème et dernière étape de montagne, Bernard Hinault est le dauphin de l’Italien avec une minute de retard.

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Le duel Hinault-Panizza sur le Giro 1980

Cette étape du Giro 1980 est indéniablement l’étape reine de ce Tour d’Italie. Elle compte l’ascension du Passo delle Palade mais surtout celle du Stelvio réputé pour être l’un des cols les plus durs d’Europe. L’équipe du Breton, la Renault-Gitane, va être omniprésente ce jour-là. Après l’ascension du Passo delle Palade, trois coureurs de la formation française s’échappent du peloton, Jean-René Bernaudeau, Maurice Le Guilloux et Bernard Becaas. Plus tard, Bernard Hinault s’isole au pied du Stelvio et fait un important écart durant les 26 kilomètres d’ascension.

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Bernard Hinault sur les pentes enneigés du Stelvio

Au sommet, il rejoint le dernier rescapé de l’échappée, son coéquipier Jean-René Bernaudeau et les deux coureurs de la Gitane se lance dans la descente. A l’arrivée, trente kilomètres plus tard, « le Blaireau » prend le maillot rose et compte trois minutes et quinze secondes sur Panizza tandis que son équipier remporte l’étape.

L’ultime contre-la-montre est remporté par Giuseppe Saronni devant Hinault qui conforte sa position de leader. Le Français rallie l’arrivée finale à Milan avec cinq minutes d’avance sur le duo italien Panizza et Giovanni Battaglin. Il devient le deuxième Français à remporter le Tour d’Italie dans l’histoire après Jacques Anquetil, en 1960 et 1964.

Le difficile échec sur le Tour de France

Quelques semaines après son triomphe sur le Giro, Bernard Hinault s’aligne sur le Tour de France en tant que double vainqueur sortant. Dès le chrono inaugural, il assume son rang de grand favori en s’imposant à Francfort. Il remporte ensuite un deuxième contre-la-montre, à Spa-Francorchamps, devant son principal concurrent le Néerlandais Joop Zoetemelk. L’étape suivante relie Liège à Lille et comporte de nombreux secteurs pavés. Le Breton remporte, de nouveau, cette étape. Même s’il ne porte plus le maillot jaune, le Français accentue de plus plus son avance sur les favoris au classement général, Zoetemelk et Kuiper. Mais malheureusement pour lui, cette journée va laisser des traces.

Les leaders à la lutte sur ce Tour de France 1980 (de gauche à droite : Hennie Kuiper, Bernard Hinault, Joseph Bruyère, Joop Zoetemelk et Michel Pollentier)

Le lendemain, le Costarmoricain est en souffrance et a du mal à suivre ses coéquipiers sur le contre-la-montre par équipes. Un traitement anti-inflammatoire, pendant les jours suivants, va lui permettre de moins souffrir sur le vélo. Bernard Hinault reprend le maillot jaune sur le troisième contre-la-montre individuel à Laplume mais continue de perdre son avance sur ses concurrents. Souffrant de plus en plus du genou, il décide d’abandonner à l’arrivée de l’étape suivante à Pau. Deuxième en 1978 et 1979, Joop Zoetemelk remporte son premier Tour de France devant son compatriote Hennie Kuiper et le Français Raymond Martin.

Bernard Hinault à la voiture médicale à cause de ces douleurs eu genou

Bernard Hinault rentre définitivement dans la légende du cyclisme français

Après une rééducation importante, Bernard Hinault se doit d’être prêt pour son deuxième objectif de la saison, les championnats du monde à Sallanches, en France. Le parcours est taillé pour lui avec de multiples ascensions de la côte de Dromancy. La veille, les environs de Sallanches ont connu d’importantes chutes d’eau rendant la route extrêmement humide et piégeuse. L’équipe de France, à domicile, annonce le Costamorician comme son unique leader même si sa condition reste incertaine.

Sur cette course, l’échappée matinale ne fait pas long feu et les principaux leaders sont présents aux avant-postes. « Le Blaireau » décide, dès les premières ascensions, d’écrémer le groupe de tête composé d’une trentaine de coureurs. Pour le final de la course, ils ne sont plus que deux à pourvoir prétendre au maillot arc-en-ciel, Bernard Hinault qui enchaine attaques et accélérations depuis de nombreux kilomètres et l’Italien Gianbattista Baronchelli. Ce dernier s’accroche à la roue du Breton depuis de nombreux kilomètres et semble à chaque fois à la limite de craquer.

Bernard Hinault multiplie les attaques sur cette course des mondiaux à Sallanches

Bernard Hinault réussit finalement à décrocher le transalpin au prix de nombreuses accélérations dans la dernière montée de Dromancy. Il franchit alors la ligne et devient le nouveau champion du monde devant Baronchelli et l’Espagnol Juan Fernandez Martin.

En cette fin d’année 1980, Bernard Hinault a réussi là où Jacques Anquetil avait échoué en devenant le 6ème champion du monde français. Il aura connu une saison remplie de succès avec un Liège-Bastogne-Liège dantesque, un premier Giro et le maillot arc-en-ciel mais aussi un énorme échec sur le Tour de France.   

Victor Maloeuvre

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