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Retour sur 2020 – Hand/Interview – Mr Olivier, président du club d’Hazebrouck, revient sur l’impact de la crise

Vendredi 27 novembre nous avons interviewé Laurent Olivier, président du club d’Hazebrouck depuis 13 ans. Il est entré dans ce club à l’âge de 10 ans en tant que joueur et a évolué à différents niveaux jusqu’en nationale 2. Il occupe désormais le poste de président et pilote le club avec son équipe. Nous l’avons interrogé sur les différents impacts de la crise sanitaire et sur ses missions en tant que président de club de nationale 1.  

 

  • Pouvez-vous nous en dire plus sur l’impact économique engendré par la crise sanitaire ? 

“Le premier impact qu’on ressent sur le terrain, c’est le nombre de licenciés. Nous, à Hazebrouck, on avait terminé à 500 licenciés au 31 décembre 2019. Aujourd’hui, fin novembre on est à 420-430 licenciés, c’est quand même une chute d’à peu près 17-18%. C’est le premier impact économique. Plus il y a de monde, plus le club vit et plus il y a de ressources. Le deuxième impact se répercute sur les recettes de matchs. Depuis le début de la saison avec les garçons de N1 nous n’avons pu faire qu’un seul match en “conditions normales”. J’entends par là un match avec public et buvette qui tourne. En plus, avec le reconfinement, il n’y a plus aucune rentrée sur le mois de novembre.
La petite satisfaction que nous pouvons avoir au niveau du club est d’avoir renouvelé une bonne partie de nos partenaires privés qui ont joué le jeu en soutenant le club durant cette période.”

 

  • Quelles aides attendez-vous de la FFHB ?

“C’est une bonne question, honnêtement je ne sais pas. Pour le club je n’ai pas vraiment d’attente. On a mis en place une gestion prudente ces dernières années et le club est en capacité d’amortir cette crise. Par contre si un geste était fait pour tous les licenciés du handball, je pense que cela aurait un impact fort en termes d’image et de communication de la part de la fédération. C’est sûr qu’on ne peut pas demander à la fédération de rembourser l’ensemble des licences mais juste un petit geste. A mon avis les licenciés seraient contents et cela permettrait un retour important de licenciés dans les clubs.” 

 

  • Que faites-vous pour garder le lien avec vos licenciés ? A travers les réseaux sociaux, des entraînements à distance  … ? 

“Oui oui tout à fait, déjà dès le premier confinement j’avais demandé aux entraîneurs de garder le contact avec leurs joueurs. Je pense que c’était important, on a repris dès que nous avons eu l’autorisation même en extérieur pour ne faire que de l’activité physique. Ici, pendant ce deuxième confinement, il y a des séances organisées en visio d’entretien physique car on ne peut pas faire autre chose. Elles sont organisées une à deux fois par semaine avec les catégories jeunes jusqu’au baby hand ou il y a des séances réalisées le samedi matin avec les parents pour les accompagner. 

Ce ne sont que des séances de renforcement musculaire ne nécessitant pas spécialement de matériel. Par exemple, avec deux bouteilles d’eau on peut faire des haltères, il ne faut pas grand-chose. Pour les petits, les deux entraîneurs demandent de faire des petits parcours, les enfants montent et passent sur et sous les chaises, ils sautent et les parents jouent le jeu que ça soit en appartement ou en maison. Ils aménagent leurs espaces et tout se passe très bien. “

 

  • Nous nous sommes entretenus auparavant avec d’autres dirigeants de clubs amateurs concernant leurs principales problématiques à traiter. Celles qui sont le plus revenues sont le manque de moyens financiers pour rémunérer les entraîneurs, le manque de synergie entre les institutions du handball, le manque d’attractivité ou encore le manque de reconnaissance. Concernant votre club, quelles sont les principales problématiques que vous êtes amené à traiter ?

“Sur la partie financière concernant l’indemnisation des entraîneurs, oui c’est sûr que c’est une problématique car forcément à nos niveaux c’est souvent des frais de déplacement et il n’y a plus de déplacements donc on ne les indemnise plus. J’ai malgré tout quelques entraîneurs qui sont salariés du club et qui bénéficient des dispositifs au même titre que des entreprises avec le chômage partiel et des aides que l’on va avoir. Nous allons monter un dossier afin de bénéficier d’une aide financière suite à notre baisse de chiffre d’affaires sur le mois de novembre.” 

 

  • On sait qu’une crise permet souvent d’apporter de nombreuses innovations dans un secteur. Quels points positifs vous pourrez retenir de cette crise, s’il y en a ? 

“C’est compliqué de trouver des points positifs parce que je pense que le handball et le sport en général ont été la dernière roue du carrosse en terme de mesures prises. Aujourd’hui on annonce des montants importants mais on ne sait pas ce qu’on aura en retour au niveau des clubs. Je ne vois pas de points positifs à retenir de cette crise hormis la solidarité qui s’est mise en place avec les visios et tout ça, c’est peut-être le seul point positif. On a su innover et proposer quelque chose à nos licenciés

On est tous frustrés de cette privation de sport et honnêtement ce n’est pas forcément simple à gérer. Même le lien avec nos bénévoles est fragilisé. La plupart vivent pour faire avancer le club, pour donner un coup de main. Aujourd’hui ils sont privés de tout cela aussi et ce n’est pas évident de leur proposer quelque chose en remplacement.”

 

  • On sait que les entraînements pourront reprendre si tout va bien le 20 janvier prochain et que la date de reprise de championnat pour la N1 est annoncée pour le 6 et 7 février. Qu’en pensez-vous ? Cette reprise des compétitions est-elle trop hâtive par rapport à la date de reprise des entraînements ?

“J’ai également vu cette annonce et on a reçu un mail en tant que club par rapport à cette reprise. Je suis totalement surpris par cette communication à la veille des élections fédérales et d’une nouvelle équipe qui va se mettre en place. On a eu une visio il y a trois semaines avec la fédération, le président de la commission d’organisation des compétitions, les médecins fédéraux et l’ensemble des présidents de N1, on nous a clairement dit que ce serait 6 semaines de réathlétisation à partir du moment où on reprendrait l’entraînement. Ça c’était le discours et c’était ferme, il n’y avait pas de sujet. 

Aujourd’hui on nous annonce une reprise le 20 et le championnat le 6, je pense que c’est incohérent. Totalement incohérent parce qu’on a des joueurs privés d’entraînements depuis fin octobre. A Hazebrouck on a eu la chance de pouvoir s’entraîner jusqu’à fin octobre parce que la municipalité nous a suivi et autorisé. Il y a des clubs qui étaient privés de salle bien avant nous dans les grandes métropoles. Cela veut dire qu’on a une période de coupure pour les mois de novembre, décembre et quasiment tout janvier, c’est plus long que la trêve estivale. Et on nous demande en 3 semaines de reprendre ? C’est impossible. Il y aura forcément des impacts sur le physique des joueurs et joueuses.” 

 

  • Si la saison venait à se poursuivre et se terminer, qu’est-ce que vous pouvez attendre de celle-ci ? 

“D’abord, j’attends que la fédération se réinvente et nous propose une formule de championnat qui va permettre de jouer quelque chose. L’idée c’est d’avoir un vrai enjeu sportif et non pas une saison blanche parce que je pense que ce serait un deuxième coup de couteau. Si demain on nous dit que c’est une saison blanche, comment mobiliser les joueurs et les partenaires privés pour le club ? Il faut que la Fédération et la nouvelle équipe nous proposent quelque chose qui va avoir un réel enjeu sportif, c’est indispensable. Après forcément on se pliera aux décisions qui seront prises, de toute façon on n’aura pas le choix. Je pense malgré tout qu’il est important de trouver une formule qui permette de présenter un intérêt pour tout le monde.” 

 

  • Quels sont vos objectifs sur les prochaines saisons avec votre équipe de N1 ou les autres équipes ? 

“On a connu la D2 il y a 11 ans pendant une saison. Depuis on est redescendu en N1 puis en N2 et on est remonté en N1 il y a 4-5 ans. On se structure, on se prépare à éventuellement pouvoir aller au-dessus. Pour ça il faut que différents éléments soient en phase : aussi bien les partenaires privés que la volonté du club mais aussi la volonté politique municipale communautaire. Donc aujourd’hui, il faut se préparer pour atteindre le statut VAP (Voie d’Accès à la Professionnalisation). On est en train de remplir les cases petit à petit pour pouvoir prétendre à jouer sportivement une montée. On a un réseau de partenaires privés très important qui nous suit depuis de nombreuses années, un club business qui existe à côté, lui aussi frustré puisqu’il n’y a aucune rencontre possible. Il faut être optimiste, on va continuer dès qu’on le peut, on va remettre une dynamique en place dès que possible” 

 

  • Vous parlez de vos partenaires privés, que représentent-ils dans votre budget ? 

“Aujourd’hui ils représentent un tiers du budget du club. Le budget du club est de 550 000€ donc c’est quasiment 200 000€ qui nous viennent des partenariats privés et mécénats. Donc c’est sûr que c’est important en terme de financement. Il y a une vraie dynamique, un vrai réseau qui est en train de se créer entre les partenaires. Aujourd’hui tout cela est stoppé car aucun événement ne peut être créé. On a déjà différentes idées pour pouvoir relancer la dynamique dès qu’on le pourra. Dès que nous pourrons faire des manifestations, mêmes petites, on les fera.” 

 

Propos recueillis par Emma Deschamps et Léo Godefroy.

 

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