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La Semaine Sport n°14 - l'Italie au fond du gouffre

Par Thomas Durand··8 min de lecture·Source: Sport Business Mag

L'Italie rate son troisième Mondial consécutif, le PSG écrase l'OM et Van der Poel régale aux Flandres. Semaine charnière.

La Semaine Sport n°14 - l'Italie au fond du gouffre
Photo par Alex OToole sur Unsplash

Le désastre italien, ou comment une nation de football touche le fond

Il y a des semaines où l'actualité s'articule autour d'un événement central, une sorte de gravité narrative qui attire tout le reste. Cette semaine, cet événement a un nom, une date, et une résonance qui dépasse largement le cadre du football - c'est l'élimination de l'Italie en barrage de la Coupe du Monde 2026, aux tirs au but, face à une Bosnie-Herzégovine qui n'avait rien à envier aux Azzurri sur le plan de la détermination. Score final: 1-1, puis 4-1 aux penaltys. Troisième Mondial consécutif manqué pour la nation de Zidane, pardon - de Maldini, de Totti, de Del Piero. On s'y perd, tant l'Italie semble désormais appartenir à une époque révolue.

Ce qui est frappant, dans ce naufrage, ce n'est pas tant le résultat lui-même - les signaux d'alarme étaient nombreux depuis des années - c'est la vitesse à laquelle la machine punitive s'est enclenchée. Trois têtes tombées dans les heures suivant l'élimination, une fédération dont les déclarations ont scandalisé jusqu'aux plus modérés, et une presse italienne en état de choc qui cherche, comme toujours, un bouc émissaire bien identifié. Fabio Capello, lui, avait anticipé le désastre avec une pique acérée avant le match. Raymond Domenech, depuis Paris, a réagi avec ce mélange d'ironie grinçante et de stupéfaction qui lui est si particulier - lui qui connaît le goût amer des grandes désillusions. Il y a une forme de solidarité tacite entre les sélectionneurs maudits.

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La vraie question, celle que personne ne pose vraiment en Italie, c'est structurelle. La Serie A a perdu de son attractivité mondiale, les centres de formation peinent à rivaliser avec les académies espagnoles et françaises, et le système fédéral reste englué dans ses guerres intestines. Trois Coupes du Monde de suite sans les Azzurri, cela ne relève plus de la malchance. C'est un symptôme.

PSG-OM, ou le Classique version unilatérale

À 3500 kilomètres des pleurs italiens, le Vélodrome vivait son propre drame. Le PSG a écrasé l'OM 3-1 avec une facilité déconcertante - deux buts de Mbappé, un de Dembélé, et la démonstration froide d'un écart qui se creuse chaque saison davantage entre les deux clubs. Le Paris Saint-Germain caracole en tête de Ligue 1 avec 68 points après 28 journées, et cette victoire dans l'antre phocéen a une saveur particulière à quelques jours d'un quart de finale de Ligue des Champions contre Liverpool.

Dembélé a été étincelant. L'ancien Barcelonais semble avoir trouvé sa meilleure version parisienne au moment où personne ne l'attendait vraiment, et son entrée en feu contre Toulouse en milieu de semaine (3-1, avec une prestation lumineuse) confirmait déjà cette forme ascendante. Face aux Reds, il pourrait être la clé dans les espaces - Liverpool défend haut, Dembélé adore ces couloirs ouverts.

Mais le match a laissé des traces. Un penalty non sifflé pour l'OM a mis le feu aux poudres côté marseillais. Pablo Longoria a réclamé 48 heures de suspension pour l'arbitre, une sortie qui en dit long sur l'état d'esprit d'un club en pleine turbulence identitaire. Car en dehors du terrain, l'OM vit une semaine étrange - la polémique autour du nouveau logo qui divise les supporters phocéens, et cette piste Mohamed Bouhafsi à la présidence qui agite les esprits. Le journaliste de France Télévisions, figure médiatique respectée, à la tête de l'OM? L'idée est audacieuse, symboliquement chargée, et révèle surtout l'incertitude stratégique de Frank McCourt sur l'avenir du club.

Van der Poel intouchable, Duplantis stratosphérique

On aurait tort de rester enfermés dans le football quand le reste du sport offre des images aussi fortes. Dimanche, le Tour des Flandres a livré ce que les amateurs de classiques attendent depuis des années - Mathieu van der Poel en solitaire, 1 minute et 20 secondes d'avance sur Pogacar, une démonstration de puissance pure sur les pavés et les murs qui font la légende de cette course. Le Néerlandais est dans une forme olympienne, et l'on commence à se demander si quelqu'un peut vraiment le battre sur ce type de terrain avant Paris-Roubaix.

Ce duel van der Poel - Pogacar est en train de devenir l'une des grandes rivalités du sport contemporain. Deux styles opposés - la puissance explosive du Néerlandais contre la fluidité tactique du Slovène - et deux ego qui ne s'apprécient guère. Pogacar n'aime pas finir deuxième, van der Poel n'aime pas être dominé. Rendez-vous à Roubaix dans deux semaines.

En athlétisme, Glasgow a été le théâtre d'un nouveau record du monde d'Armand Duplantis - 6,24 mètres au saut à la perche. On ne sait plus vraiment comment réagir à ces performances du Suédois, tant elles sont devenues une forme de normalité extraordinaire. Ce qui retiendra également l'attention française, c'est la médaille d'argent de Ramilie Bitouzet au 60 mètres haies en 7,85 secondes. Un chrono de très haute valeur, un nom à retenir pour les échéances à venir, et une confirmation que l'athlétisme tricolore féminin est sur une belle trajectoire.

Tennis, football anglais, quand l'Europe continentale s'embrase

Miami a rendu ses verdicts cette semaine, et ils n'ont surpris personne tant les deux lauréats semblaient taillés pour cet exercice. Carlos Alcaraz a dominé Jannik Sinner en finale - 6-4, 7-5 - pour signer son troisième titre consécutif sur dur. Un chiffre qui ne ment pas. Le jeune Espagnol est en train de construire quelque chose de sérieux avant Roland-Garros, et la question n'est plus de savoir s'il peut gagner à Paris, mais si quelqu'un peut l'en empêcher. Sinner, lui, garde sa régularité comme seul bouclier - il sera là en finale à Roland-Garros, on en prend le pari.

Iga Swiatek, de son côté, a été impériale face à Sabalenka - 6-3, 6-2, sans discussion. La Polonaise écrase le circuit féminin avec une constance qui commence à lasser ses adversaires. Ce match face à Sabalenka, que beaucoup attendaient comme une confrontation de titans, a tourné à la démonstration. Il faudra attendre la terre battue pour voir si l'équilibre se rétablit.

En Premier League, Manchester City a écrasé Arsenal 4-0 avec un Erling Haaland auteur d'un hat-trick. Difficile d'ignorer ce résultat quand on sait ce que cette confrontation représente dans la course au titre - les Citizens mènent avec 72 points et semblent relancer une saison qui s'annonçait moins lisible. En Liga, le Clasico a souri au Real Madrid (2-1 contre le Barça, buts de Vinicius et Bellingham), ce qui confirme que Mbappé n'est pas encore arrivé... et pour cause. Le feuilleton du retour de Kylian Mbappé au PSG pour 80 millions d'euros et cinq ans de contrat a occupé une bonne partie de l'espace médiatique cette semaine. Une séquence qui interpelle - quitter le club de ses rêves pour y revenir après une saison - et qui pose des questions sur la réalité du projet madrilène autant que sur la nature des ambitions du joueur.

À ce sujet, les déclarations de Mbappé sur Messi méritent d'être mentionnées. L'attaquant a rendu hommage au sextuple Ballon d'Or avec une franchise désarmante, reconnaissant l'influence que l'Argentin a eue sur sa propre perception du jeu. Un aveu qui éclaire autrement les années parisiennes du trio galactique, et qui humanise un joueur souvent perçu à travers le prisme de son image soigneusement construite.

Rugby et Ligue 1, les nerfs à vif

Le rugby français continue sur sa lancée - Toulouse a dominé le Stade Français 28-17 avec un Antoine Dupont auteur d'un doublé, confirmant le statut d'invaincu du leader du Top 14. Mais derrière la façade dorée se cachent des tensions qui méritent qu'on s'y attarde. La polémique autour de la sélection de Dupont pour le Tournoi des 6 Nations malgré sa blessure a refait surface cette semaine, avec des critiques ciblées vers Bernard Laporte. Le rugby français a gagné le Tournoi, Toulouse écrase le championnat, mais les questions sanitaires, économiques et sociétales s'accumulent. On gagne en haut, on s'interroge en bas.

En Ligue 1, la semaine a également été marquée par la sortie de Kombouaré au Paris FC. L'entraîneur a interpellé publiquement sa direction sur son avenir, un signal fort qui révèle les tensions profondes d'un club qui a gravi les échelons rapidement mais qui peine à se construire une identité solide dans l'élite. La Ligue 1 a ce particularisme d'accueillir des clubs en construction permanente, et le Paris FC incarne cette ambition parfois mal calibrée.

Sur le front des qualifications européennes, la France a bien démarré sa campagne pour l'Euro 2028 avec une victoire 3-2 en Serbie - buts de Giroud, Camavinga et Zaïre-Emery. Marcus Thuram, lui, continue d'écrire sa propre histoire dans le sillage de son père, et les chiffres du CIES sur les centres de formation rappellent que l'OL et Monaco fabriquent de la valeur à une échelle qui force le respect en Europe.

La semaine en perspective - ce que tout cela dit du sport mondial

Si l'on prend du recul sur ces sept jours, un fil conducteur s'impose - la hiérarchie se redessine partout, souvent de manière brutale. L'Italie qui s'effondre, l'Arsenal qui se fait écraser, le PSG qui n'a plus vraiment de rival en France. En même temps, des résistances s'organisent - Sinner qui tient tête à Alcaraz avant de céder, la Bosnie qui renverse une nation de football centenaire, Duplantis qui repousse les limites du possible.

Le sport n'est jamais aussi intéressant que lorsqu'il bouscule les certitudes. Cette semaine en a bousculé quelques-unes. Et la prochaine s'annonce au moins aussi dense - Ligue des Champions en quarts de finale, Paris-Roubaix, et une Ligue 1 qui s'emballe à huit journées de la fin. On se retrouve la semaine prochaine.

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