Nous suivre sur

ATP

Le coaching sur le circuit ATP, une bonne chose ? 

C’est une question qui divise le monde du tennis. Déjà présent sur le circuit WTA, le coaching serait-il le bienvenu sur le circuit ATP ?

Déjà présent sur le circuit WTA

Sur le circuit féminin, le coaching est autorisé sur l’ensemble des tournois sauf sur les 4 Grands Chelems. Lors de chaque set, la joueuse peut demander à l’arbitre de faire venir le coach sur le terrain. Il y a deux cas possibles. La joueuse appelle son coach à la fin d’un set remporté ou juste avant de le gagner pour conforter ses choix et lui apporter son avis pour faire encore mieux. Un cas moins souvent utilisé que le second. Dans celui-ci, la joueuse fait appel à son coach pour qu’il l’aide lorsqu’elle est en difficulté. Lors de ses appels, les échanges peuvent devenir très intéressants et passionnants à suivre pour le spectateur. C’est souvent là que l’on voit l’importance du coach, des conseils, de la complicité et de la confiance entre les deux protagonistes. Sur le circuit féminin, nous avons déjà eu affaire à des retournements de situation ou des moments plutôt drôle lors d’intervention des coachs. Un des plus beaux exemples est l’intervention Philippe Dehaes à Moscou. Ses paroles furent positives, par son discours, il a donné à Daria Kasatkina une confiance qui lui a permis d’aller chercher le titre.  Ce type de coaching est présent depuis 2008. Les règles sont différentes en Grand Chelem où le Coaching est interdit, preuve en est de l’incident lors de la finale de l’US Open 2018 entre Serena Williams et Naomi Osaka où Serena Williams avait perdu 1 jeu sur pénalité après avoir contesté ses précédents avertissement pour Coaching.

Vaton rester dans l’hypocrisie ?

Sur le circuit ATP, les joueurs ont différentes techniques pour échanger avec leurs clans (certains utilisent des signes ou bien des mots qui n’ont pas de rapport avec le tennis pour ne pas attirer l’attention). Certains joueurs comme Djokovic ou Wawrinka se sont déjà plein de l’entraîneur de Nadal Tony Nadal qui fait passer des consignes à son joueur. Il n’y a pas que Tony qui passe des consignes, mais l’ensemble des coachs, avec plus ou moins de discrétion. Les arbitres connaissent ce phénomène, mais les avertissements pour coaching se font très rares. C’est pourquoi Mouratoglou déclara “La quasi-totalité des coachs intervient verbalement ou par des signes durant les matchs et souvent même entre chaque point. Les joueurs connaissent cette pratique et la réclament auprès de leur coach. Les arbitres sont parfaitement au fait de ces usages et ferment les yeux dans la mesure où le coaching ne devient pas trop voyant”.  C’est pourquoi certains joueurs comme Djokovic ou Fognini ont déclaré il n’y a pas longtemps être en faveur du coaching sur le circuit ATP, mais avec certaines règles comme l’absence de micro pour écouter l’allocution du coach.

Augmenter le spectacle et attirer de nouveaux fans

Le temps de pause sera peut-être rallongé, et la globalité du match aussi. En effet la pause entre les jeux sera rallongée pour que le coach puisse descendre sur les cours et effectuer son speech. De plus si chacun des joueurs disposent des armes et de la technique pour battre son adversaire, les matchs en seront plus longs et plus impressionnant. Mais plus que ça, les fans auront l’impression d’être avec les joueurs en écoutant les consignes passées par le coach. Ils seront en immersion dans la relation Entraîneur/Joueurs. Il y a aussi un coté sport US. Comme on a pu le voir au tournoi Next Génération avec les casques porté par les joueurs aux changements de côté qui ressemble fortement au casque des entraîneurs de football américain. Ce changement pourrait irriter un certain nombre de fans mais aussi faire plaisir à d’autres qui aiment l’évolution et être au plus proche des joueurs.

La perte de l’ADN du tennis, et l’augmentation des inégalités

Certains joueurs comme Federer ne sont pas d’accord pour voir les coachs rentrer sur le cours. Il évoque une perte d’ADN du tennis, mais aussi un changement qui créerait encore plus d’inégalités entre les joueurs. Car si les membres de top 50 ont tout le temps leur coach avec eux certains joueurs moins bien classés n’ont pas les moyens de voyager sur l’ensemble du circuit suivi par leur coach. Lors d’un match sur le court, les joueurs s’affrontent entre eux, mais aussi contre eux-mêmes, les deux joueurs sont à armes égales sur le niveau du coaching et du mental. On peut se demander si des joueurs qui sont tacticiens ne seraient pas pénaliser par ce type de réforme. Car une aide extérieure pourrait permettre au joueur adversaire d’avoir une technique pour parer l’adversaire. Certains journalistes ont posé la question à Federer pour qu’il évoque son avis sur le coaching : “Je ne soutiens pas cette idée car elle est injuste. Je pense avoir la meilleure équipe du monde autour de moi, alors il ne serait pas juste que je puisse en profiter sur le court pour prendre l’avantage sur un adversaire qui n’aurait peut-être pas pu voyager avec son entraîneur”. Une sortie plutôt claire du champion qui pourrait peser dans la balance au niveau de l’analyse des pour et des contres.

A suivre donc dans les saisons à venir où les choix des dirigeants de l’ITF seront scrutés, mais la vraie question serait plutôt de savoir si tous les téléspectateurs et les joueurs sont près à voir un coach sur le terrain tout au long de match. Ce changement cassera le mythe du sport entièrement individuel, le tennis ne sera alors plus le seul sport ou le coaching ne fait pas partie de la performance lors du match. Les joueurs ne seront plus les seuls maîtres de leurs destins.

Iribarne Lilian

Management Hôtelier International de Luxe | CMH

Ecole supérieure de design ESDAC | ESDAC

École de management sportif | AMOS

A découvrir

Plus d'infos dans la rubrique ATP