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Le Tour des Hauts-de-France cycliste ne verra donc jamais le jour

  • laurent clippe

Le 16 janvier 2015, la réforme territoriale a sonné la fusion des régions Nord–Pas-de-Calais et Picardie. Au-delà d’une modification du visage de notre pays et de l’objectif annoncé de réduire les dépenses publiques, cette transformation régionale a largement touché le sport. Certaines ligues, certains événements, certaines associations, ont effectivement été obligés de « fusionner ». Le Tour de Picardie cycliste a été le premier à en subir les conséquences, au détriment des 4 Jours de Dunkerque.
En 2018, le Tour de Picardie aurait soufflé sa 72ème bougie. Deux autres cyclistes de classe internationale auraient pu rajouter leurs noms au palmarès, aux côtés de Bernard Hinault, Marcel Kittel, Tom Boonen, John Degenkolb, Miguel Indurain, Arnaud Démare… sauf que l’épreuve picarde 2016 n’a jamais vu le jour. En effet, les dirigeants de la réputée course nordiste des 4 Jours de Dunkerque et ceux de la réputée course picarde, n’ont jamais réussi à s’entendre sur leur obligation de fusion… au détriment du Tour de Picardie.
Dans un communiqué de presse laconique paru le 28 septembre 2016, les organisateurs du Tour de Picardie nous expliquaient les raisons de cet échec : « la création d’une nouvelle structure mutualisant, tant les membres que les compétences des deux organisations, apparaissait comme la meilleure perspective. Présidées par la Région, les discussions ont malheureusement échoué, notamment en raison d’une flagrante iniquité de traitement entre les acteurs des deux ex-régions, en défaveur de la Picardie. La nouvelle structure ne verra donc jamais le jour […]. Son équipe de direction (Jean-Bernard Devos, Jean-François Pescheux, Bernard Hinault et Thibaut Huvelle) a donc décidé de se retirer, par la même occasion, de l’organisation du potentiel Tour des Haut-de-France. »
La tâche était donc difficile pour les organisateurs des 4 Jours de Dunkerque, qui se devaient de rendre visite aux picards, plus par obligation que par réelle volonté. Largement soutenus par la Région Hauts-de-France, les organisateurs de cette (pas si) nouvelle mouture, ont donc composé l’épreuve 2017 avec 250 000€ de plus (subvention allouée à l’époque au Tour de Picardie), pour réaliser plusieurs incursions dans l’Aisne, l’Oise et la Somme.
Le jour de la présentation officielle des  « 4 Jours de Dunkerque – Grand-Prix des Hauts-de-France – Challenge Crédit Agricole 2017 » (à vos souhaits ! D’ailleurs, pourquoi garde-t-on « Dunkerque » et aucune trace de « Picardie » dans cette supposée nouvelle épreuve ?), nous apprenions que 2 étapes sur 5, se dérouleraient en terre picarde. Les départements du Nord et du Pas-de-Calais accueilleraient donc 3 étapes contre 2 pour les 3 départements sudistes de la région. Le Président des « 4 Jours » assurait au Courrier Picard qu’un « rééquilibrage serait assuré pour 2018 ».
Voilà maintenant quelques jours que le tant attendu tracé 2018 des 4 Jours a été dévoilé. Et, verdict, sur 10 villes étapes, seules deux seront picardes… Ah, le fameux « rééquilibrage »… Toutefois, le Président des 4 jours assurait au Courrier Picard le 19 décembre que « certaines villes [nous] disent réfléchir pour 2019 ». Le problème semble plus profond : les 4 Jours demandent aux villes picardes presque 4 fois plus aux communes pour accueillir l’épreuve (40 000 contre 10 000€) et, aussi, l’absence de figure picarde dans cette organisation est un cruel manque…
Le Tour des Hauts-de-France (qui devait porter officiellement ce nom et qui devait avoir une étape par département),  n’est donc qu’une douce utopie…
Laurent Clippe

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