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Mondiaux / Course en ligne (H) – Julian Alaphilippe redéfinit le panache et se couvre du maillot arc-en-ciel

Les championnats du monde de cyclisme sur route à Imola se terminent aujourd’hui par la course reine, la course en ligne homme pour savoir qui succédera à Mads Pedersen. Les 255 kilomètres autour du circuit automobile d’Imola offriront au puncheur et au grimpeur un terrain favorable avec 5000 mètres de dénivelés positifs sur tout le parcours.

Un début de course classique

L’échappée matinale est rapidement créé après seulement 5 kilomètres de course. Elle est composée d’Eduard Grosu, Daniil Fominykh, Jonas Koch, Yukiya Arashiro, Torstein Traeen, Ulises Castillo et Marco Friedrich. Trois coureurs sont non partants au départ ce matin, il s’agit d’Alexey Lutsenko, testé positif au Coronavirus, Nikias Arndt et Natnael Berhane. Les 7 coureurs présents à l’avant de la course prennent plus de 6 minutes d’avance sur le peloton et devraient ouvrir la route une bonne partie de la journée. En tête de peloton, les Suisses ainsi que les Danois contrôlent l’avance de l’échappée qui ne dépassera pas les 6 minutes environ. On sent que la course se lance de plus en plus à l’approche des 150 derniers kilomètres, plusieurs nations commencent à se relayer en tête du peloton pour reprendre les échappés qui possèdent toujours cinq minutes d’avance.

Les 100 premiers kilomètres ont été très calme au vu du parcours et les échappées se permettent même de reprendre un peu de champs. Les Belges se montrent à l’avant du peloton à l’approche des 150 derniers kilomètres alors que les français restent bien au chaud. À la mi-course, le groupe de tête ne compte plus que 5 éléments, l’Autrichien Marco Friedrich et le Roumain Eduard Grosu ont lâché et sont repris par le peloton. Dans le peloton, les Suisses sont toujours à la manoeuvre avec l’aide des Danois.

La France durcit la course

L’échappée s’éparpille une nouvelle fois dans une des difficultés du parcours. Castrillo, Arashiro et Fominykh lâchent. Il ne reste plus que Koch et Traaen toujours présents à l’avant, à 100 kilomètres de l’arrivée avec 4’45” d’avance. Les nations favorites remontent à 80 kilomètres du final de ces mondiaux à l’image des Slovènes et des Belges alors que les Français sont toujours au complet dans le peloton. L’écart avec les deux échappés fond comme neige au soleil et n’est plus que de 2 minutes. Sous l’accélération de l’équipe de France par le biais de Quentin Pacher et de Nans Peters, l’échappée est reprise et le peloton s’étire fortement. Julian Alaphilippe ou Guillaume Martin doivent avoir les jambes alors qu’une bonne trentaine de coureurs a perdu les roues de l’arrière du peloton. Les coureurs belges sont très bien placés dans la roue des  français présents à l’avant du peloton.

La France continue son coup de force et les Belges prennent le relais alors que Pogacar change de vélo sur soucis mécaniques à 56 kilomètres de l’arrivée. Il ne reste plus que 2 tours du circuit et la pression continue de monter. Oliver Naesen prend la tête du peloton alors que l’Australie et le Danemark remontent. Tadej Pogacar revient dans le peloton, Quentin Pacher est distancé après son gros relais passé il y a quelques kilomètres. Dans la première difficulté de cet avant-dernier tour, les plus faibles sont rapidement distancés … Tom Dumoulin se retrouve en fin de peloton.  Julian Alaphilippe et certains de ses équipiers sont bien présents au milieu du paquet. La Belgique continue son forcing avec Tiesj Benoot à l’avant avec Greg Van Avermaet dans sa roue. Dans le Gallisterna, le clan belge est toujours aux commandes alors que Tadej Pogacar attaque à la surprise générale dans les plus forts pourcentages. Le vainqueur du Tour de France prend quelques longueurs, mais les équipes favorites maîtrisent l’avance du Slovène.

Au sommet, Pogacar possède une dizaine de secondes sur le peloton toujours emmené par les Belges. La Belgique, tout en maîtrise, garde Tadej Pogacar en ligne de mire qui semble sacrifier ses chances de victoire pour durcir la course pour son compatriote, Primoz Roglic. Au passage sur la ligne d’arrivée pour le dernier tour, Pogacar ouvre toujours la route avec une vingtaine de secondes d’avance.

Un final explosif sur les plus forts pourcentages

L’Espagne se replace en tête du peloton avec encore 5 coureurs, les Français récupèrent notamment Kenny Elissonde qui fait son retour avec un petit groupe. Dans la côte de Mazzolano (2,8km à 5,9%), le peloton est en danseuse alors que Tadej Pogacar perd rapidement des secondes. Tom Dumoulin place une accélération et prend lui aussi quelques secondes d’avance. Le néerlandais revient rapidement sur Pogacar, mais le peloton emmené par Van Avermaet est juste derrière. Guillaume Martin accélère à son tour et ramène le peloton sur les deux hommes de tête. Caruso, Van Aert, Carapaz et Martin sont à bloc à l’avant du peloton et suivent toutes les tentatives pour le moment. Sur l’accélération de Vincenzo Nibali, un groupe de 4 s’isole avec Uran, Landa et Van Aert mais c’est encore Guillaume Martin qui est en train de museler le gratin du cyclisme mondial. Au sommet, malgré toutes les attaques, le peloton et les 4 fuyard ne se séparent que de quelques mètres.

Les quelques kilomètres précédents la dernière ascension de la Gallisterna sont entamés avec Rudy Molard et Guillaume Martin toujours en tête du peloton et les 4 fuyards ont été repris. Guillaume Martin contre dans la plaine et prend quelques mètres sur un peloton toujours emmené par la Belgique, mais le français est repris au pied de la dernière difficulté du jour. Marc Hirschi lance l’offensive avec Van Aert, Alaphilippe, Nibali ou Roglic dans sa roue. Pour le moment, personne ne fait la différence, mais l’écrémage se fait par l’arrière. Kwiatkowski accélère à son tour avec Alaphilippe dans sa roue et le français lance son attaque tranchante en prenant rapidement une avance conséquente sur ses adversaires. Van Aert semble être à bout et le leader français passe au sommet en tête. La poursuite s’entame derrière Alaphilippe avec notamment Fuglsang, Roglic, Hirschi ou encore Van Aert.

Julian Alaphilippe résiste toujours alors qu’il ne lui reste plus que 7 kilomètres pour réaliser son rêve, le français possède une quinzaine de secondes sur un groupe où 5 coureurs de classe mondiale se relayent. La pression est intenable alors qu’Alaphilippe se retourne souvent et ne sait pas exactement où sont ses adversaires. Il possède toujours 15 secondes à 3 kilomètres de la ligne d’arrivée et entre dans le circuit alors que Wout Van Aert attaque dans le groupe de contre. 23 ans après le dernier sacre d’un Français, il est sur le point de se couvrir du maillot arc-en-ciel. Dans le groupe des poursuivants ça se regarde après les deux attaques de Wout Van Aert.

Il ne perd plus rien et le maillot de champion du monde lui tend les bras. Il l’avait prédit et il l’a fait avec son attaque dans la dernière difficulté, Julian Alaphilippe est le nouveau champion du monde à 28 ans. Wout Van Aert prend la deuxième place au sprint devant Marc Hirschi qui complète le podium.

L’attaque d’Alaphilippe

Le final de la course

Le Classement

Dorian Parisse

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