Seulement 3 victoires en 8 matchs, une défense poreuse et un vestiaire fragilisé : les Spurs traversent une tempête inquiétante.
Un début de saison qui interroge
Finaliste de la Ligue des champions au printemps dernier, Tottenham peine à retrouver son niveau en ce début d'exercice. Avec seulement trois succès en huit journées de Premier League, face à Aston Villa, Crystal Palace et Southampton, les Spurs affichent un visage bien loin de leurs ambitions. Le club londonien a encaissé pas moins de douze buts, révélant une fragilité défensive chronique.
Un mercato estival aux conséquences lourdes
La principale explication de cette contre-performance réside dans un mercato raté. Le départ de Kieran Trippier vers l'Atlético Madrid pour 22 millions d'euros n'a jamais été compensé. Mauricio Pochettino doit ainsi se reposer sur Serge Aurier, dont les titularisations répétées fragilisent le flanc droit. En défense centrale, le trio Sánchez-Alderweireld-Vertonghen se partage les matchs sans pression concurrentielle réelle, ce qui génère un relâchement collectif préjudiciable dans un championnat aussi exigeant que la Premier League.
Un milieu de terrain décimé
Le secteur médian est le plus touché. Eric Dier, Dele Alli, Christian Eriksen et Ryan Sessegnon ont tous manqué des semaines de compétition pour blessure. Lo Celso, prêté avec option d'achat à 60 millions d'euros, est écarté depuis plus de quarante jours. La situation d'Eriksen aggrave encore le tableau : le Danois a ouvertement exprimé sa volonté de quitter le club, et son manque d'implication se ressent dans chaque prestation. En refusant de le laisser partir cet été, la direction des Spurs a conservé un joueur démotivé sans disposer des fonds nécessaires pour recruter un remplaçant de qualité équivalente.
Les gardiens et l'attaque : le jour et la nuit
Dans les cages, la blessure de Hugo Lloris face à Brighton a accentué l'instabilité défensive. Son remplaçant Gazzaniga n'inspire pas confiance, comme en témoigne la défaite 2-1 contre Leicester. En revanche, l'attaque reste le point fort des Spurs : Harry Kane a déjà inscrit cinq buts, et l'équipe affiche quatorze réalisations en huit matchs. La possession de balle se maintient autour de 59%, un chiffre cohérent avec les saisons précédentes, preuve que le projet offensif de Pochettino reste intact.
Un avenir incertain pour les supporters
Le paradoxe Tottenham est là : une ossature offensive solide, mais une structure défensive et un collectif fragilisés par des absences, des désaccords contractuels et un mercato insuffisant. Le club a cru pouvoir reproduire l'exploit de sa finale européenne sans investissement majeur, à l'image du Real Madrid de Zidane. Mais contrairement aux Merengues, les Spurs ont atteint ce niveau par surprise, sans la culture de la victoire ni la profondeur d'effectif nécessaire pour assumer cette pression. La route pour retrouver leur meilleur niveau s'annonce longue.