L'attaquant français Anthony Martial quitte déjà le CF Monterrey après une aventure express au Mexique. À 30 ans, le natif de Paris cherche une nouvelle porte de sortie.
Moins d'un an. C'est tout ce qu'aura duré l'histoire entre Anthony Martial et le CF Monterrey. L'attaquant français de 30 ans et le club mexicain ont trouvé un accord pour résilier le contrat qui les liait, selon nos informations. Un départ qui survient dans l'indifférence quasi générale mais qui pose une question plus large : comment un joueur du profil de Martial, formé à l'Olympique Lyonnais et passé par les plus grands clubs d'Europe, en arrive-t-il à emprunter des chemins aussi tortueux en fin de carrière ?
L'aventure mexicaine qui n'a jamais démarré
Martial est arrivé à Monterrey l'été dernier avec un statut de star, ou du moins ce qu'il en restait. Le club mexicain voyait en lui un attaquant d'expérience capable de peser dans la lutte pour le titre national. Sur le papier, ça semblait logique. Dans la réalité, c'est devenu un malentendu sportif qui s'éternise. L'international français, qui compte 31 sélections avec la Bleus, n'a pas réussi à s'adapter au contexte mexicain malgré les efforts initiaux.
Le temps de jeu s'est raréfié. Les performances n'ont pas suivi. Et surtout, le sentiment d'être dans une impasse s'est installé progressivement chez le joueur comme chez le club. À 30 ans, Martial n'a plus le luxe d'attendre que les choses s'arrangent. La résiliation amiable représente une sortie de secours face à une situation devenue intenable. Monterrey, de son côté, reconnaît implicitement que le pari était mal calculé.
Ce qui frappe le plus dans ce dénouement, c'est sa rapidité. Généralement, quand un club engage un attaquant de cette stature, on lui laisse au moins une saison complète pour s'adapter au football local. Ici, les deux parties ont préféré couper court. Une vraie débâcle sportive et humaine.
Quand la trajectoire dégringole sans frein
Le parcours récent de Martial ressemble à une descente aux enfers contrôlée. Manchester United, où il a passé plus de huit ans et disputé 285 matches, l'a libéré en 2024. Pas une rupture dramatique, plutôt un divorce à l'amiable après que sa place dans le projet ne tenait plus debout. L'ailier-attaquant avait alors 29 ans, 30 buts marqués en Premier League à son actif depuis 2016, mais aussi une cascade de blessures et un temps de jeu qui s'effritait saison après saison.
Le choix de s'engager au Mexique avait valeur de symbole. Pas Champions League. Pas même l'une des cinq grandes ligues. Une équipe respectée localement mais sans prétention mondiale. Pour un joueur qui a foulé les pelouses de Old Trafford, c'était déjà une forme d'acceptation. Or, même cette option s'est avérée trop ambitieuse. Martial a disputé seulement une poignée de rencontres sous les couleurs de Monterrey avant que le ridicule n'expire.
À titre de comparaison, Carlos Tevez avait terrorisé les défenses mexicaines lors de son passage à Boca Juniors. Martial, lui, n'a pas eu besoin de trois mois pour que tout le monde comprenne que le projet ne tenait pas debout. C'est révélateur de son état physique et mental à ce stade de sa carrière.
L'énigme du libre après 30 ans
La question qui agite maintenant les discussions dans les bureaux des clubs : qui voudra de Martial ? À titre libre, sans frais de transfert à débourser, le profil peut intéresser des formations en quête d'une paire de jambes expérimentée. Mais encore faut-il que le joueur accepte de poursuivre en deuxième ou troisième division européenne. Or, l'égo peut se révéler un obstacle de taille pour quelqu'un qui a côtoyé Cristiano Ronaldo et Bruno Fernandes pendant près d'une décennie.
Des échos évoquent un retour potentiel en Ligue 1, où plusieurs clubs pourraient le tenter à titre de dépanneur offensif. L'OM, le Nice ou un club en besoin d'un attaquant d'expérience pourraient jeter un œil à son dossier. Mais rien n'est acquis. À 30 ans, avec un marché qui s'est durci et des résultats en berne, Martial navigue en eaux troubles.
Ce qui caractérise cette période de sa vie, c'est l'absence totale d'un projet clair. Manchester United l'a lâché. Monterrey s'en est détourné. Entre les deux, il y a un vide inquiétant. L'attaquant français doit maintenant trouver un club qui le verra non comme une star en déclin, mais comme un élément utile et motivé. C'est une réinitialisation qui commande de l'humilité et une certaine flexibilité géographique.
Les prochaines semaines seront décisives. Martial peut encore rebondir. Un retour en France, un défi en Italie, pourquoi pas. Mais le temps joue contre lui, et les opportunités s'amenuisent chaque mois qui passe sans nouveau contrat. L'exemple de tant d'autres joueurs qui ont chuté à cette même période montre que c'est un moment délicat à gérer.