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Saliba forfait, le mur bleu s'écroule

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Blessé en finale de Ligue des Champions, William Saliba risque de manquer plusieurs semaines. Un coup terrible pour Didier Deschamps avant les rendez-vous majeurs.

Saliba forfait, le mur bleu s'écroule

William Saliba a goûté à la gloire avant de goûter à la douleur. Quelques minutes de bonheur éternel en finale de Ligue des Champions, puis ce moment où le corps dit non. Le défenseur central d'Arsenal, celui qui incarne depuis deux ans la reconstruction tranquille de la charnière française, sera absent du terrain pendant plusieurs semaines. À trente mètres de la ligne d'arrivée, voilà que le coureur s'effondre.

Quand le roc se fissure à Istanbul

On imagine la scène : Saliba brille, Arsenal joue, la ligne de la quatrième ligne française resplendit sous les projecteurs de la plus belle compétition continentale. Et puis, dans cette danse entre les attaquants, dans ce ballet défensif où il a appris à danser, quelque chose cède. Une jambe, un genou, un moment d'inattention du corps qui ne demandait rien. Les images seront rejointes par les résultats des examens médicaux : plusieurs semaines d'absence. Pas quelques jours. Plusieurs semaines.

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C'est d'autant plus cruel que Saliba venait de vivre une saison monumentale. Arsenal, c'est 37 matchs de Premier League, une régularité stupéfiante, une présence incontournable dans ce qui ressemble enfin à une vraie équipe compétitive. Les murs qu'il a construits avec Tomiyasu, puis avec Gabriel, ils ont tenu bon. Avec une constance que les observateurs anglais eux-mêmes commençaient à louer comme l'une des meilleures formes de défense du pays. Et voilà que cette même finale qui aurait dû consolider son statut devient le point de rupture.

La France se retrouve sans clé de voûte

Didier Deschamps n'avait pas dormi ces deux dernières années. La charnière centrale, c'était sa hantise, son sujet de conversation récurrent dans les couloirs de Clairefontaine. Après Raphaël Varane, après tous ces débats, Saliba avait émergé comme la solution évidente. Pas un phénomène explosif, mais un professionnel glacé, un lecteur du jeu qui corrige les erreurs avant qu'elles ne deviennent des catastrophes. Entre novembre 2023 et mai 2024, il avait disputé 12 matchs sous le maillot bleu, construisant lentement une relation de confiance avec ses compagnons de ligne.

Le sélectionneur français possédait enfin cette tranquillité. Il avait ses quatre-vingt-dix minutes garanties à travers les compétitions les plus importantes. Dayot Upamecano jouait les doublures, Ibrahima Konaté attendait son heure, mais le cœur du système défensif français, c'était clairement devenu Saliba. Avec 24 ans à peine, avec cette capacité à projeter l'équipe vers l'avant sans renoncer à la solidité, il représentait cette génération qui devait nous porter jusqu'en 2026 et au-delà.

Or voilà que cette certitude disparaît d'un coup. Plusieurs semaines signifient au minimum un retour en août, probablement septembre. Les amicaux d'été, les premières matchs éliminatoires, peut-être même les premiers matchs d'importance avant l'automne, Saliba ne les verra que depuis le banc. Ou pire, depuis la maison. Upamecano, solide mais pas au même niveau cette saison, devient soudainement la clé. Konaté doit enfin se montrer. Les équilibres se réarrangent en quelques heures.

Arsenal endeuillé, la France déstabilisée

Cette blessure intervient aussi à un moment où Arsenal croit enfin. Mikel Arteta a construit quelque chose de sérieux, quelque chose qui mérite mieux que des promesses annuelles. Saliba en était le centre nerveux. Sans lui lors des préparatifs de l'été, le club londonien perd du temps qu'il ne faudrait pas perdre. Les rivaux n'attendent jamais.

Pour la France, c'est le temps qui manque. Entre maintenant et septembre, il y a l'Euro 2024, oui bien sûr, mais après c'est immédiatement les grandes compétitions. Les grands rendez-vous arrivent toujours trop vite. Un défenseur central qui redémarre en septembre, c'est un défenseur central qui rentre un mois trop tard dans la compétition. Les automatismes ne se refont pas à la maison. La confiance se reprend sur le terrain.

Deschamps va devoir improviser. Il va devoir se demander si Upamecano retrouve assez vite ce niveau de 2022-2023 qui le rendait incontournable. Il va devoir voir si ce moment difficile peut être l'occasion pour quelqu'un d'autre d'émerger. Mais soyons honnête : aucun scénario ne remplace vraiment Saliba. On ne refonde pas une défense du jour au lendemain. On ne remplace pas six mois d'un défenseur de ce calibre en trois mois.

La blessure de William Saliba, c'est plus qu'un coup pour l'équipe de France. C'est une parenthèse dans un projet qui commençait enfin à prendre forme. Et les parenthèses, dans le football moderne, elles creusent des fossés.

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