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Barthez victime d'une arnaque à deux millions d'euros

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

L'ancien gardien champion du monde aurait été escroqué de deux millions d'euros dans l'affaire Luzenac. L'ex-président Jérôme Ducros est dans le viseur de la justice.

Barthez victime d'une arnaque à deux millions d'euros

Deux millions d'euros. C'est la somme que Fabien Barthez aurait perdue dans ce qui ressemble, selon La Dépêche du Midi, à une escroquerie organisée autour du club ariégeois de Luzenac. L'affaire éclate ce mardi et elle est lourde : l'ancien président du club, Jérôme Ducros, est soupçonné d'escroquerie et d'abus de biens sociaux. Une affaire qui touche de plein fouet l'une des figures les plus populaires du football français.

Comment Fabien Barthez s'est-il retrouvé au cœur d'un dossier judiciaire ariégeois ?

Luzenac, village de 600 habitants accroché aux contreforts pyrénéens, avait connu son heure de gloire en 2014 quand son club de football avait décroché une montée en Ligue 2, immédiatement refusée par la Direction nationale du contrôle de gestion. Une saga rocambolesque qui avait alimenté les colonnes de la presse sportive pendant des semaines. Mais cette fois, l'histoire prend une tournure nettement plus sombre.

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Selon nos informations concordantes avec celles du quotidien toulousain, Fabien Barthez figurait parmi les investisseurs et partenaires proches de Jérôme Ducros, l'homme qui présidait alors aux destinées du club. Le champion du monde 1998 et double vainqueur de la Ligue des champions avec l'Olympique de Marseille puis Manchester United aurait misé plusieurs millions d'euros dans des projets liés à l'entité ariégeoise ou à son environnement direct. Une confiance, à en croire l'entourage du dossier, qui aurait été trahie.

Les soupçons portent sur des montages financiers opaques, potentiellement des détournements de fonds au détriment d'anciens partenaires. Jérôme Ducros n'est pas un inconnu dans le microcosme du football amateur français. Son nom était associé à des ambitions affichées, des projets structurants. La réalité judiciaire qui se dessine aujourd'hui raconte autre chose.

Que reproche-t-on précisément à l'ancien président de Luzenac ?

L'enquête, dont les contours exacts restent à préciser au fil des auditions, vise deux infractions distinctes et complémentaires. L'escroquerie, d'abord — infraction qui suppose une manœuvre frauduleuse destinée à tromper une victime et à lui soutirer des fonds. L'abus de biens sociaux, ensuite — délit propre au droit des affaires, qui consiste pour un dirigeant à utiliser les ressources d'une société à des fins personnelles, au mépris de l'intérêt social.

Ce double volet est révélateur. Il signifie que les enquêteurs ne se limitent pas à une relation bilatérale entre Ducros et Barthez, mais examinent le fonctionnement même des structures juridiques gravitant autour du club. D'anciens partenaires seraient également concernés, ce qui laisse entendre que le préjudice total pourrait dépasser largement les deux millions d'euros évoqués pour le seul Barthez.

À ce stade, Jérôme Ducros n'a pas répondu publiquement aux accusations. La présomption d'innocence s'applique, et l'instruction — si instruction il y a — devra établir les faits avec précision. Reste que la mise en cause d'un ancien dirigeant de club, fût-il de cinquième division, pour des sommes de cet ordre, est un signal qui résonne bien au-delà des Pyrénées ariégeoises.

Quel signal cette affaire envoie-t-elle sur les investissements dans le football amateur ?

Fabien Barthez n'est pas le premier ancien grand nom du football à avoir misé sur un projet de club à l'échelon local ou régional, et à s'être retrouvé en difficulté. La mécanique est souvent la même : une figure médiatique apporte de la visibilité, un entrepreneur local apporte le réseau et les projets, et la confiance remplace les due diligences que des investisseurs aguerris exigeraient au premier euro engagé.

Dans le football professionnel, les garde-fous existent — imparfaits, mais existants. La DNCG surveille les comptes, les licences de club sont conditionnées à des garanties financières. En bas de la pyramide, le contrôle est infiniment plus lâche. Le football amateur français, qui compte plus de 18 000 clubs et environ 2 millions de licenciés, fonctionne en grande partie sur la confiance interpersonnelle et les relations de proximité. Un terreau fertile pour les abus quand les intentions sont mauvaises.

L'affaire Luzenac — celle de 2014, déjà — avait montré les failles du système de gouvernance du football français. Celle qui émerge aujourd'hui en illustre une autre dimension, plus crue : la vulnérabilité des investisseurs privés, même fortunés et expérimentés, face à des montages dont ils ne maîtrisent pas tous les rouages. Barthez a gagné l'essentiel de sa fortune grâce à une carrière d'exception — 87 sélections en équipe de France, trois clubs majeurs en Europe. Mais la notoriété ne protège pas de la tromperie.

À Luzenac, le club continue d'exister, modestement, loin des projecteurs. L'affaire judiciaire qui se noue autour de son ancienne direction va, elle, attirer une attention bien involontaire sur ce coin de l'Ariège. Pour Fabien Barthez, la question n'est plus sportive depuis longtemps. Elle est désormais juridique et financière — et la réponse que lui apportera la justice française sera suivie de près.

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