Après une saison chaotique, Watford et Ed Still se séparent d'un commun accord. Le technicien belge quittera le navire des Hornets à l'été.
Les Hornets nettoient leur banc. Ed Still va quitter Watford à l'issue de la saison, selon les informations révélées par Sky Sports. Un accord de séparation à l'amiable entre le technicien belge et le club anglais a été trouvé, transformant ainsi l'une des plus grandes questions de ce second semestre en certitude administrative. Pas de drame, pas de clash — juste une fin de contrat programmée qui sent la fin de cycle.
Qui est Ed Still pour ceux qui suivent le football anglais de loin ? Le frère cadet de Will Still, ancien responsable des finances du Standard de Liège et figure montante du coaching en Belgique. Ed, lui, a déjà pas mal roulé sa bosse : Charleroi, Mons, un passage par Norwich comme assistant. Watford l'avait recruté en décembre 2023, en remplacement de Slaven Bilić, l'entraîneur croate qui avait quitté le club. À l'époque, les Hornets espéraient relancer leur machine en Championship. C'était l'optimisme des débuts, avant que la réalité ne rattrape les ambitions.
Une saison sans direction ni crédo
Dix-sept mois plus tard, le bilan parle pour lui. Watford stagne dans le milieu de tableau du Championnat anglais, loin des places de play-offs que le club ambitionnait visiblement. Pas de progression nette, pas de projet palpable, pas cette signature tactique qui permet au spectateur de dire : « Ah oui, je reconnais Watford quand je regarde ». Just a team, en somme. Entre septembre et janvier, les Hornets ont accumulé les performances molles, les défaites contre les prétendants du milieu de classement, les victoires insuffisamment convaincantes.
Ed Still n'a jamais vraiment eu l'occasion de mettre son empreinte. Beaucoup ont trouvé que le club lui demandait trop, trop vite, sans lui donner les outils adéquats. Une effectif fragmenté, des blessures persistantes, des transferts estivaux qui n'ont pas soudé. Le technicien belge a navigué entre les appels du pied des supporters demandant du spectacle et les critiques sourdes du board qui regardait un classement pas à la hauteur des attentes. Entre deux feux, comme on dit.
L'ère post-Bilić accélère ses contours
Ce départ signe l'effondrement du projet lancé par Slaven Bilić, qui lui-même avait pris les rênes d'un navire mal stabilisé. Le football anglais adore ces cycles : on ramène un nouveau coach, on pense que ça va changer, on attend un peu, et puis... on change à nouveau. Watford en est peut-être le meilleur exemple du moment. Depuis 2022, le club a alterné les techniciens avec une constance déconcertante — Rob Edwards, Bilić, Still — sans jamais vraiment établir de continuité. Les propriétaires, conscients que quelque chose cloche structurellement, avaient peut-être déjà accepté que cette expérience n'irait pas jusqu'au bout.
Ce qui intrigue, c'est la sérénité apparente de la séparation. Un accord trouvé, pas de bras de fer, pas de litige qui traînerait devant les tribunaux sportifs. Cela suggère que Still lui-même a probablement compris que Watford n'était pas l'endroit où construire quelque chose de durable. Mieux vaut partir dignement, la main tendue, que de rester et de se faire jecter à coups de sifflets en mai.
La vraie question maintenant : qui va redresser ce navire ? Watford a le patrimoine pour attirer un bon entraîneur — un club de Premier League descendu, une stabilité financière relative, une région qui respire le football. Mais il y a aussi le spectre des quatre changements en deux ans, de l'instabilité chronique, de cette sensation que le projet engloutit les coaches au lieu de les servir. Pour le prochain candidat, ce sera savoir si on peut vraiment réussir à Watford ou si le club est devenu une gare de triage pour entraîneurs de passage.
Ed Still, lui, aura au moins une chose à son crédit : il ne sera pas parti en flammes. Parce qu'à Watford, ces dernières années, c'est souvent comme ça que ça finit.