Le club de Birmingham propose entre 50 et 55 millions d'euros pour le milieu croate. Une offensive qui redéfinit les ambitions financières des Villans en Premier League.
Martin Baturina n'a que 21 ans et déjà, les plus grands d'Europe se pressent à sa porte. Aston Villa, qui construit minutieusement son effectif depuis la prise de contrôle par Nassef Sawiris, vient de placer les enchères à un niveau inédit pour un joueur de Dinamo Zagreb. Entre 50 et 55 millions d'euros, c'est l'offensive du printemps anglais, celle qui dit : nous ne sommes plus des clients de seconde zone. La Gazzetta dello Sport confirme la démarche officielle des Villans. Un coup de force économique qui mérite qu'on s'y attarde.
Pourquoi Aston Villa dépense maintenant plutôt que demain ?
Birmingham n'a pas attendu l'été pour frapper. C'est le signe d'une équipe qui sait ce qu'elle veut et qui refuse de se faire devancer. Depuis son arrivée à la tête du projet, Sawiris a transformé Aston Villa en machine de mercato réfléchie : plus de 200 millions investis en deux ans, avec à la clé une qualification en Ligue des champions obtenue dès janvier dernier. L'effectif était incomplet, le milieu de terrain gagnerait à être densifié.
Baturina représente exactement le profil que cherchent les Anglais. Un garçon formé à la Dinamo, avec 23 apparitions en première équipe cette saison, capable de combiner la récupération et la progression du ballon. À 21 ans, il offre cette rareté devenue monnaie courante en Premier League : un potentiel bâti sur une vraie expérience continentale. Les Villans ont décidé de frapper fort quand le marché dort encore, avant que les autres géants du football anglais ne se réveillent.
Cette offre intervient aussi dans un contexte où la fenêtre de transfert hivernale ferme ses portes. D'ici deux semaines, les clubs auront fait leurs derniers choix. Aston Villa ne veut pas rester sur le banc de touche en pensant trouver mieux en juin. C'est une marque de détermination, presque de panique douce.
Que vaut réellement Baturina sur le marché européen ?
Cinquante-cinq millions d'euros pour un milieu croate qui n'a jamais joué dans les cinq grands championnats, voilà qui fait tourner les têtes. Et pourtant, cette somme n'est pas déconnectée de la réalité du marché contemporain. Les Anglais pratiquent l'inflation comme on respire : un jeune international croate avec du potentiel vaut facilement cette enveloppe en 2025.
Baturina a obtenu ses premières sélections avec la Croatie l'année dernière. Il fait partie de ces générations post-Modric, des garçons qui ont grandi en observant comment un milieu du Dinamo pouvait conquérir le Real Madrid et le Ballon d'or. Son profil technique n'est pas flamboyant, mais il fascine parce qu'il incarne une continuité : la Dinamo Zagreb reste une fabrique de talents, même si la Croatie n'a plus la densité des années 2010-2020.
Sur le terrain, c'est un piston gauche redéployé au milieu, avec une couverture défensive assez fiable et une capacité à lancer l'attaque malgré un pied moins raffiné que celui de ses illustres prédécesseurs. Aucune raison donc de penser que cette valeur est exagérée. Aston Villa paie le potentiel et la rareté du statut : une grosse pièce qui passe direct de L1 croate à Premier League, sans escale italienne ou espagnole. Le marché n'aime rien tant que cette forme de courage commercial.
Comment cette opération redessine-t-elle l'équilibre en Premier League ?
Aston Villa était déjà le club révélateur de la saison : huitième à Noël 2023, premier qualifié en Ligue des champions en janvier 2024, toujours compétitif en Premier League malgré les points de fatigue. Cet investissement dans un jeune milieu suggère que le projet anglais n'est pas qu'une embellie, mais une stratégie. Les Villans construisent pour durer, pas pour surfer sur une vague.
Ce geste a aussi une valeur symbolique : il rappelle à Manchester United, Arsenal, Chelsea et Tottenham que Birmingham n'est plus la destination du samedi soir où les jeunes talents font du tourisme en pensant à l'amitié. Non, Aston Villa achète avec détermination, avec des enveloppes sérieuses, avec un plan B qui devient un plan A. Cinquante-cinq millions, c'est la voix d'un club qui parle d'égal à égal avec l'aristocratie anglaise.
À Unai Emery, qui arrive en novembre 2023, on posait la question : peux-tu transformer cette équipe en vrai prétendant ? Il a répondu sur le terrain. Aston Villa prépare maintenant sa réponse sur le marché. Avec Baturina, ou sans lui selon le dénouement de ces négociations, les Anglais ont montré qu'ils sont prêts à investir pour franchir le prochain palier. La fenêtre hivernale 2025 se dessine d'ores et déjà comme celle où plusieurs équipes ont tenté le grand saut.