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Football

Griezmann et la Coupe du Roi, une malédiction qui dure

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Battu en finale de Coupe du Roi aux tirs au but avec l'Atlético, Antoine Griezmann accumule une statistique personnelle accablante dans les grandes finales.

Griezmann et la Coupe du Roi, une malédiction qui dure

Quatre finales de Coupe du Roi. Zéro victoire. Le chiffre tombe comme une sentence. Antoine Griezmann a beau avoir tout gagné ou presque — Liga, Ligue Europa, Ligue des Nations, Coupe du Monde — il existe une compétition qui lui résiste avec une constance presque surnaturelle. La finale de la Copa del Rey 2025, perdue par l'Atlético de Madrid face à la Real Sociedad au terme d'une séance de tirs au but (2-2, 3-4 t.a.b.), n'a fait qu'alourdir un dossier déjà difficile à consulter. Pour l'attaquant français, cette soirée rejoint une galerie de tableaux qu'il préférerait ne pas accrocher au mur.

Une finale, deux buts, et pourtant la défaite

La Real Sociedad, club basque au projet ambitieux et cohérent, ne volait pas sa victoire. Mais l'amertume rojiblanca était d'autant plus réelle que l'Atlético avait arraché l'égalisation dans le temps réglementaire. Griezmann avait fait ce qu'on attend de lui — peser, exister, participer au combat — sans que cela suffise. La loterie des penalties a tranché, comme elle tranche souvent les destins au mauvais moment.

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Revenons aux chiffres. En Coupe du Roi, Griezmann avait déjà perdu en finale en 2013 avec la Real Sociedad elle-même — ironie cruelle du calendrier sportif — puis en 2020 et 2021 avec l'Atlético. À chaque fois, le titre s'est dérobé. Il n'est pas le seul à avoir connu pareille adversité dans l'histoire du football espagnol : Míchel González avait lui aussi une relation compliquée avec certaines coupes nationales, et l'on se souvient que Johan Cruyff, pourtant idole absolue à Barcelone, avait mis des années avant de soulever certains trophées qui semblaient lui échapper. Mais quatre finales perdues dans la même compétition, c'est une séquence qui interpelle.

À 34 ans, Griezmann reste pourtant un joueur décisif dans le collectif de Diego Pablo Simeone. Sur la saison, il a continué d'afficher des statistiques solides, contribuant au jeu de transition qui est la marque de fabrique du Cholo. Plus de 15 buts et passes décisives combinés en championnat, une présence constante dans les grands rendez-vous. Le problème n'est pas sa forme. Le problème, c'est que la Copa del Rey semble obéir à une loi qui le concerne personnellement.

  • 4 finales de Coupe du Roi disputées par Griezmann : 0 victoire
  • 2-2 à l'issue du temps réglementaire contre la Real Sociedad
  • 3-4 aux tirs au but, élimination de l'Atlético de Madrid
  • 1 seule Copa del Rey remportée par l'Atlético sous l'ère Simeone (2013)

Ce que cette séquence dit de l'Atlético et de Simeone

Diego Pablo Simeone a construit l'un des clubs les plus redoutables d'Europe sur la dernière décennie. Deux finales de Ligue des Champions, deux titres de champion d'Espagne, une Ligue Europa. Son Atlético est une forteresse mentale, une machine à créer des miracles avec moins de budget que ses rivaux madrilènes et barcelonais. Mais la Copa del Rey reste une anomalie dans le bilan. Un trophée qui échappe, qui se dérobe, qui rappelle que même les meilleurs systèmes ont leurs angles morts.

La défaite aux tirs au but mérite d'être analysée froidement. Perdre ainsi, c'est souvent moins une question de qualité que de détails accumulés tout au long d'une soirée. Un penalty manqué, une hésitation d'un gardien, l'ordre de passage. Simeone, depuis ses années de joueur avec la bande de Radamelito Falcao colombien ou les combats épiques de Ligue des Champions, a toujours fonctionné à l'intensité maximale. Cette intensité, précisément, peut parfois se retourner contre vous dans les exercices qui demandent du sang-froid glacé.

Pour la Real Sociedad et son entraîneur Imanol Alguacil, cette victoire représente quelque chose de considérable. Le club de San Sebastián, qui avait déjà soulevé la Copa en 2020, confirme qu'il appartient désormais au cercle restreint des équipes capables de battre les grands le jour J. Avec un effectif construit intelligemment, des joueurs comme Mikel Oyarzabal ou Martín Zubimendi qui incarnent un football propre et structuré, la Sociedad n'est pas une surprise — c'est une réalité durable du football espagnol.

Ce qui rend la statistique de Griezmann particulièrement frappante, c'est qu'elle transcende les clubs et les époques. Il était à la Real Sociedad quand il a perdu sa première finale. Il est revenu à l'Atlético, a grandi, est devenu l'un des meilleurs joueurs du monde, a glané les titres les plus prestigieux. Et la Coupe du Roi continue de lui dire non. Il y a quelque chose de presque borgésien là-dedans — le labyrinthe qui se reconstruit chaque fois qu'on croit en trouver la sortie.

Griezmann peut-il encore réécrire cette histoire

La question n'est pas rhétorique. Griezmann reste sous contrat avec l'Atlético, toujours parmi les leaders techniques et symboliques du vestiaire. À 34 ans, les joueurs de son niveau ont encore deux ou trois saisons devant eux pour corriger les bilans, comme Luka Modric qui continue d'écrire des chapitres supplémentaires à Madrid. La Copa del Rey, compétition à élimination directe, offre chaque année une nouvelle opportunité. Une victoire en finale suffirait à réécrire le récit.

Mais l'histoire du sport est aussi faite de ces vides qui définissent une carrière autant que les triomphes. George Best n'a jamais gagné de Coupe d'Europe après 1968. Ronaldo le Brésilien a attendu son heure en Coupe du Monde jusqu'à 2002. La malédiction de Griezmann en Copa del Rey n'efface évidemment pas une carrière extraordinaire — mais elle lui donne une texture, une aspérité humaine qui rend l'homme encore plus attachant. Reste à savoir si l'Atlético lui offrira une cinquième chance de boucler la boucle, et si cette fois, les tirs au but tomberont du bon côté.

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