Le Bayern s'impose 5-4 face au PSG en demi-finale aller de Ligue des Champions. Max Eberl ne cache pas son admiration pour ce festival offensif débridé.
Cinq à quatre. Voilà ce qu'il faut retenir de la nuit où la Ligue des Champions a oublié ses codes tactiques pour se transformer en partie de ping-pong monstre. Le Bayern Munich sort vainqueur de ce délire collectif face au PSG, mais avec la sensation bizarre que personne n'a vraiment gagné. Juste deux équipes qui se sont battues comme des fous pendant 90 minutes.
Max Eberl, le directeur général bavarois, n'a pas pu s'empêcher de chambrer un peu après le coup de sifflet final. «J'ai rarement vu un aussi grand match», a-t-il lâché, les yeux brillants. C'est vrai que c'était dingue. Mais derrière cette admiration affichée, il y a une forme de soulagement chez les Munichois : ils auraient très bien pu craquer sur cette montagne russe émotionnelle.
Quand la défense devient un concept abstrait
Neuf buts en un seul match de demi-finale, c'est rare. C'est même fou pour une rencontre de cette ampleur. Le Bayern, tenant du titre, aurait pu s'attendre à contrôler tranquillement son affaire. Paris, lui, n'avait aucune raison de lâcher prise : le PSG joue à domicile, le PSG a les moyens, le PSG a cette envie de prouver qu'il n'est pas un projet sans ambition malgré les critiques récurrentes.
Ce qui s'est déroulé au Parc des Princes ressemblait moins à une demi-finale de Ligue des Champions qu'à un match d'amitié entre deux équipes des années 1970. Les défenses étaient poreuses, les milieux de terrain dépassés, et les avant-attaquants des deux côtés ont dû se frotter les yeux en se demandant si c'était vraiment aussi facile. Pendant 90 minutes, il y a eu plus de buts que d'occasions vraiment stériles. C'est presque du jamais vu à ce niveau.
Le Bayern, avec son pressing habituel, s'attendait à étouffer le PSG. Sauf que Paris n'a pas joué le rôle de la victime sacrifiée. Les Parisiens ont mis la même pression, ont contre-attaqué avec rapidité, et ont obligé la défense bavaroise à faire des erreurs qu'elle ne se permettait généralement pas. C'est cela qui a fait la beauté étrange de cette soirée : deux projets à prétention européenne qui se sont battus à armes égales, sans aucune hiérarchie visible.
L'histoire d'une quête sans fin parisienne
Le PSG rêve d'une Ligue des Champions depuis 1995. Vous avez bien lu. Presque trente ans. Les investissements qataris n'ont pas changé ce maudit scénario. Neymar, Mbappé, Cavani : des joueurs sublimes ont porté le maillot parisien sans jamais ramener la couronne européenne. Et voilà que cette demi-finale aller donne l'impression que le destin continue de se moquer du club de la capitale.
Parce qu'un match à 5-4, c'est un match où on joue avec le feu. Le Bayern a peut-être gagné sur le papier, mais il sait que le retour sera un cauchemar. Vous mettez une équipe comme le PSG dos au mur, avec quatre buts d'avance et une confiance regagnée ? Vous créez une bête affamée. C'est exactement ce qui s'est passé en Bavière depuis une décennie : chaque fois que Paris pense avoir le Bayern à portée, quelque chose d'invisible intervient.
Max Eberl le sait d'ailleurs. Ses chambreries sur la beauté du match, c'était peut-être aussi une façon de détendre l'atmosphère chez les Munichois. Parce que 5-4, c'est une victoire fragile. C'est une victoire qui vous fait transpirer à 3h du matin en pensant à ce qui pourrait se passer en Bavière deux semaines plus tard. Surtout quand votre adversaire a prouvé qu'il pouvait vous mettre quatre buts dans un match de haut niveau.
Le retour va dévorer les nerfs des deux entraîneurs
Chez le Bayern, on va demander à la défense de resserrer les boulons. Chez le PSG, on va expliquer que le retour est jouable, que quatre buts c'est loin d'être une montagne infranchissable. Les deux tactiques sont bonnes. Aucune n'est gagnante d'avance.
Ce match de ce type nous rappelle pourquoi la Ligue des Champions existe : pas pour les belles constructions de jeu ni pour les statistiques de passes réussies, mais pour ces moments de folie où tout devient possible. Où une équipe avec un projet pharaonique peut revenir de l'enfer. Où le tenant du titre réalise qu'il ne domine plus comme avant.
Le Bayern a 5-4 de marge. C'est un luxe. Mais aussi une malédiction, car cette avance oblige le PSG à jouer libéré au retour. Et une équipe libérée, avec des joueurs de qualité, c'est précisément ce qu'on redoute en demi-finale. Eberl peut raconter qu'il a aimé ce match fantastique. Ses nuits à venir seront beaucoup moins reposantes.
La Ligue des Champions reprendra son cours normal à Munich. Mais avant cela, les deux clubs vont vivre deux semaines de purgatoire. Neuf buts en un seul match, ça change un pronostic. Ça crée des scénarios. Et ça rend complètement imprévisible une série qui aurait pu être pliée avant même le retour. Voilà le vrai résultat de cette folie collective : l'incertitude totale.