Le Sénégal a arrachés sa place en finale de la CAN U17 face au Maroc sur un scénario de folie, égalisant sur penalty à la 90+9e avant de l'emporter en prolongation.
À la 90+9e minute, le Maroc tenait sa victoire. Le gardien sénégalais s'était effondré sur un ballon perdu, les Marocains célébraient déjà leur accès à la finale. Et puis, ce qui semblait plié s'est défait en quelques secondes. Un penalty accordé. Une égalisation salvateurs. Un Sénégal qu'on croyait mort et qui revient hanter le Maroc jusqu'à la limite du cauchemar en prolongation. Voilà le scénario qui s'est joué jeudi soir à la CAN U17, où les jeunes Sénégalais ont écarté les Marocains pour foncer vers le dernier acte de cette compétition.
Le football, on le sait, n'aime pas les fins de match linéaires. Celui-ci en est la preuve magistrale. Pendant 90 minutes, le Maroc a maîtrisé son sujet. Discipline tactique, gestion d'effort, une certaine expérience dans le contrôle du jeu. Les Africains du Nord menaient 1-0 quand l'arbitre a sifflé les arrêts de jeu. À cet instant, tout paraissait réglé. Mais le football a cette capacité à vous rappeler que le temps ne s'arrête jamais vraiment, que l'addition de secondes peut changer un destin.
Pendant la prolongation, le Sénégal a enfin trouvé la brèche. Les jeunes Dakarois, galvanisés par ce point du nul obtenu dans les derniers battements du cœur de la rencontre, ont montré une combativité différente. Moins de prudence, plus de verticalité. C'est comme si cette égalisation surprise avait libéré quelque chose en eux, cette conviction que l'improbable était possible. Le deuxième acte leur a appartenu, et c'est logiquement qu'ils ont trouvé le chemin du but pour s'imposer et valider leur présence en finale.
Quand le destin bascule en quelques secondes
Voilà ce qui fascine dans les compétitions de jeunes. Pas de fatigue accumulée d'une saison, pas de calcul de réputation, juste la capacité à croire au miracle jusqu'à la dernière seconde. Le Maroc l'a appris à ses dépens jeudi. Après 99 minutes de contrôle quasi parfait, les Marocains ont vu leur armada s'écrouler sur un détail réglementaire. Ce penalty en fin de match, c'est le type de décision qui crée des rivalités ou des regrets. Pour le Sénégal, c'est évidemment la bouffée d'oxygène qui sauve tout.
La prolongation a confirmé ce sentiment. Quand on revient à 1-1 dans les ultimes secondes, l'énergie change de camp. C'est une loi du football que les entraîneurs connaissent bien. Le Maroc s'est écroulé mentalement autant que physiquement. Deux périodes supplémentaires contre une équipe qui croyait à nouveau en ses chances, c'était une montagne trop haute à gravir. Le Sénégal, lui, sentait que la main du destin était finalement du sien.
Ce qui rend cette demie-finale particulièrement savoureuse pour les observateurs, c'est le contraste entre les deux faces du match. La première, c'est le Maroc maître d'un jeu clair, efficace, sans prise de risque inutile. La seconde, c'est une équipe qui s'effondre, incapable d'absorber le choc psychologique d'une égalisation tardive. Entre ces deux réalités, il y a la compétition U17 elle-même : une catégorie où la maîtrise technique côtoie l'imprévisibilité juvénile, où les plans les mieux ficelés peuvent s'écrouler face à une vague de jeunesse énergique.
- Le Sénégal affrontera le vainqueur de l'autre demie-finale en finale de la CAN U17
- C'est le troisième accès en finale pour le Sénégal dans cette catégorie depuis 2015
- Le Maroc n'a plus atteint la finale U17 depuis son succès en 2019
- La compétition réunit les meilleures sélections U17 d'Afrique de l'Ouest et du continent
Des jeunes Sénégalais qui confirment leur rang africain
Depuis quelques années, le Sénégal a construit une vraie filière de développement de ses jeunes talents. Cette qualification le confirme. Battre le Maroc, même en U17, c'est valider un système. C'est dire que quelque part en Afrique de l'Ouest, il existe une structure capable de former des joueurs qui savent rester dans le match même quand tout s'écroule. Ce jeudi soir en est la meilleure illustration.
Le Maroc, lui, s'attend à mieux. La génération U17 marocaine, nourrie par une économie du football plus généreux et un vivier de talents plus dense, visait naturellement la finale. Elle a échoué sur un dernier détail, une décision arbitrale contestable peut-être, certainement sur son incapacité à gérer mentalement la prolongation. C'est dur pour les Marocains, mais c'est comme ça que fonctionnent les demi-finales. Pas de second acte, pas de rattrapage. Une fausse note et tu es dehors.
Pour le Sénégal, la vraie épreuve commence maintenant. En finale, face à un adversaire frais et focalisé, les jeunes Lions du Sénégal devront montrer que jeudi, ce n'était pas qu'une étincelle de chance mais le reflet d'une solidité réelle. Gagner une CAN U17, c'est construire les fondations d'une génération adulte future. C'est envoyer un signal à l'Europe aussi : voilà les joueurs à scouter, voilà ce que produit le football sénégalais. Pas mal pour des gamins qui auraient pu être éliminés à la 90+9e.