À quelques jours des demi-finales, Carlo Ancelotti a livré son pronostic sur le vainqueur final de la Ligue des Champions entre Arsenal, l'Atlético, le PSG et le Bayern.
Cinq Ligues des Champions au compteur. Quand Carlo Ancelotti parle de cette compétition, on ferme sa gueule et on écoute. Le technicien italien, désormais sélectionneur du Brésil après avoir quitté le Real Madrid, a donc pris position publiquement sur le carré restant en course pour soulever la coupe aux grandes oreilles cette saison. Arsenal, l'Atlético de Madrid, le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich se disputeront les deux tickets pour la grande finale — et pour Ancelotti, il y a un candidat qui se détache nettement du lot.
Quand le plus grand coach de l'histoire de la C1 choisit son camp
Le nom qu'Ancelotti a lâché n'est pas anodin. Dans une compétition où l'expérience des grands soirs pèse autant que la qualité collective, le Bayern Munich fait figure d'épouvantail aux yeux du Maestro. Le club bavarois connaît ces nuits européennes par cœur, a l'habitude de produire son meilleur football quand les enjeux sont maximaux, et dispose d'un effectif taillé pour ce type d'échéances. Ancelotti le sait mieux que personne — il a dirigé le Bayern entre 2016 et 2017, et avant ça il a surtout fait du Real Madrid une machine à gagner en Ligue des Champions.
Mais ce qui rend ce tableau des demi-finales particulièrement fascinant, c'est sa diversité. Quatre clubs, quatre projets radicalement différents. Arsenal, d'abord, qui réalise la meilleure saison de son ère post-Arsène Wenger. Mikel Arteta a construit quelque chose de solide, d'ambitieux, et les Gunners arrivent en demi-finale avec une fougue collective que peu d'équipes peuvent égaler sur le continent. C'est leur premier carré en C1 depuis 2009 — seize ans d'attente qui se terminent de la plus belle des façons.
Le Paris Saint-Germain, lui, joue sa propre survie symbolique. Après des années à être éliminé prématurément malgré des investissements colossaux, le club de la capitale française a opéré une révolution silencieuse. Sans Kylian Mbappé, sans Neymar, sans Lionel Messi — sans les étoiles qui devaient tout régler — Luis Enrique a bâti un collectif soudé, vertical, difficile à manœuvrer. Achraf Hakimi, Ousmane Dembélé, Fabian Ruiz : le PSG 2025 est une équipe, pas une collection de stars. Et ça change tout.
Quant à l'Atlético de Madrid de Diego Simeone, ne jamais les enterrer trop tôt. Les Colchoneros ont cette capacité unique à transformer chaque match européen en guerre de tranchées. Avec Julian Alvarez comme point d'appui offensif et une défense hermétique quand il le faut, ils ne seront jamais une équipe facile à éliminer — quel que soit l'adversaire en face.
- Arsenal en demi-finale de Ligue des Champions pour la première fois depuis 2009, soit 16 ans d'absence
- Carlo Ancelotti a remporté la Ligue des Champions 5 fois en tant qu'entraîneur, un record absolu
- Le Bayern Munich compte 6 titres en Ligue des Champions, dont le dernier en 2020
- Le PSG n'a jamais remporté la Ligue des Champions malgré plus d'un milliard d'euros investis en transferts depuis 2011
Le tableau parfait pour une finale rêvée ou un scénario que personne n'attend
Les affiches des demi-finales vont tout déterminer. Si Arsenal croise la route du Bayern dès ce stade, ce sera un choc de générations — la fougue anglaise contre la rigueur germanique. Si le PSG tombe sur l'Atlético, ce sera une bataille tactique d'une intensité rare. Chaque combinaison promet son lot de drama, de buts, de retournements de situation.
Ce que dit implicitement Ancelotti en désignant le Bayern, c'est qu'il mise sur la régularité et l'expérience des grands soirs. Vincent Kompany, à la tête des Bavarois depuis l'été 2024, a réussi quelque chose que peu croyaient possible : redonner au Bayern son ADN offensif tout en préservant sa solidité défensive. Harry Kane, lui, court après son premier titre majeur en club avec une obsession qui se voit à chaque match. 35 buts toutes compétitions confondues cette saison — le meilleur de sa carrière en termes de régularité. Un homme en mission.
Pourtant, l'histoire de la Ligue des Champions nous a appris une chose : les favoris tombent. Barcelona en 2021 contre le PSG. Manchester City en 2023 qui gagne enfin après des années de domination stérile en phase finale. Le Real Madrid, justement, qui s'est sorti de situations impossibles avant de tout rafler. Cette édition 2024-2025 ne ressemble à aucune autre parce qu'elle n'a pas de favori écrasant. Aucune équipe ne s'impose avec l'évidence du Real des années Ronaldo ou du Barça des années Messi.
Mikel Arteta le sait. Luis Enrique aussi. Simeone, lui, s'en nourrit. L'Atlético a toujours excellé dans le rôle du chasseur, de celui qu'on n'attendait pas là. Et si le scénario le plus fou était finalement une finale Arsenal-PSG — deux clubs qui n'ont jamais soulevé la coupe — avec Ancelotti qui regarderait ça depuis ses nouvelles fonctions, légèrement surpris d'avoir eu tort ?
La Ligue des Champions 2025 entre dans sa dernière ligne droite avec quatre équipes qui méritent toutes d'être en finale. Le pronostic d'Ancelotti est précieux, éclairé, fondé sur une connaissance intime de cette compétition. Mais dans ce football-là, la certitude n'existe pas. Et c'est précisément pour ça qu'on se lève la nuit pour regarder ces matchs.