L'ancien Fenômeno brésilien pointe du doigt les performances décevantes des deux stars et évoque déjà la succession à la tête de la France avec Zinédine Zidane.
Ronaldo n'a jamais été du genre à tourner autour du pot. Assis en face du micro de L'Équipe, l'ancien buteur brésilien a lâché ses vérités sur l'état de forme de deux des plus grands noms du football mondial à quelques mois de la Coupe du monde 2026. Et franchement, le diagnostic tombe comme un couperet : Kylian Mbappé et Lionel Messi ne sont clairement pas au niveau requis pour porter leurs équipes respectives jusqu'au Catar.
Que se passe-t-il vraiment avec Mbappé cette saison ?
Le Real Madrid a payé plus de 80 millions d'euros pour accueillir Kylian Mbappé. Sur le papier, c'était le mariage du siècle : le club le plus titré d'Europe et le jeune prodige français supposé briller des quatre coins du Bernabéu. Sauf que le rêve a buté sur la réalité d'une intégration laborieuse et de performances bien en deçà des attentes. Ronaldo, qui a lui-même connu des débuts délicats au PSG avant de pulvériser les records, n'en revient pas de voir Mbappé peiner à trouver ses repères en Espagne.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : quand tu signes pour le Real et que tu dois encore prouver que tu es à la hauteur en janvier, quelque chose cloche. Le Fenômeno y voit l'une des grandes énigmes de ce début de saison, lui qui a marqué 50 buts lors de sa première année au PSG en 2012. « Il faut se rappeler où il était il y a deux ans, à Lille, en train de marquer des buts extraordinaires en Ligue 1 », lance-t-il, comme pour secouer Mbappé mentalement. La pression du Real ? Le changement de cadre ? Le temps d'adaptation ? Toutes les excuses sont bonnes, mais Ronaldo ne les retient aucune. Il veut des résultats.
Voilà d'ailleurs ce qui rend ce contexte si préoccupant pour la France : Didier Deschamps ne peut pas se permettre un attaquant en panne de confiance en Coupe du monde. Les Bleus ont besoin de leur meilleur Mbappé, pas d'une version déphasée cherchant encore son équilibre à six mois d'une compétition majeure.
Messi peut-il encore peser au Mondial ?
Avec Lionel Messi, c'est différent mais tout aussi préoccupant. À 36 ans, la Pulga est en train de vivre probablement sa dernière fenêtre de tir en Coupe du monde. En Argentine, tout le monde se pose la question : faut-il vraiment le sélectionner à nouveau ? Ronaldo comprend l'attachement émotionnel à une légende, mais il formule aussi la question que beaucoup se posent en silence.
L'ancien international brésilien a marqué 62 buts en 98 sélections. Il a connu la désillusion aussi : celle du Mondial 2006 en Allemagne quand le Brésil s'était effondré face à la France. Il sait que le football est cruel avec les anciens même quand on s'appelle Pelé ou Maradona. Messi a remporté la Copa América l'été dernier et le Ballon d'or en 2021, certes, mais le temps passe pour tout le monde. À Inter Miami, loin des projecteurs européens, Messi ne produit plus la même aura. Ses performances en sélection devront être à la hauteur du mythe pour justifier sa présence.
« On n'éternise pas sa carrière par tradition », prévient Ronaldo dans son interview. Le message résonne comme un avertissement à Lionel Scaloni et à la fédération argentine.
Zidane à la France, une solution d'évidence ?
C'est là que Ronaldo enfonce le clou en soulevant la question de la succession à la tête de l'équipe de France. Zinédine Zidane est mentionné naturellement, comme s'il était l'évidence même qui s'impose aux yeux de tous ceux qui regardent le dossier avec lucidité. Et honnêtement, quand tu observes ce qui se trame depuis des mois autour de Deschamps, c'est difficile de donner tort au Fenômeno.
Zidane possède cette chose qu'on ne peut pas apprendre : l'expérience des grands moments. Il a remporté la Coupe du monde en tant qu'entraîneur en 2018, il connaît le vestiaire bleu de l'intérieur, il incarne une certaine vision de l'élégance offensive. Les tensions actuelles autour de Deschamps, les doutes qui commencent à germer même chez les supporters français, tout cela plaide en faveur d'un changement. Pas en urgence, mais de manière naturelle, comme une succession logique et attendue.
Ronaldo évoque ce scénario sans animosité envers Deschamps. C'est juste du football. C'est juste reconnaître que quand un cycle se termine, mieux vaut l'accepter plutôt que de s'y accrocher. Les Bleus ont un potentiel énorme, une génération talentueuse à disposition, des joueurs qui peuvent rivaliser avec n'importe qui. Mais le chef d'orchestre doit correspondre à l'ampleur de la partition.
Avant la Coupe du monde 2026, les trois sujets que soulève Ronaldo vont occuper les débats pendant des mois : Mbappé retrouvera-t-il son feu ? Messi mérite-t-il vraiment une dernière chance ? Et la France doit-elle tourner la page ? Trois questions simples, trois réponses qui décideront de l'orientation du football mondial.