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Football

Sénégal - le cauchemar belge qui hantera Thiaw

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Menés 2-0 à cinq minutes de la fin, les Diables Rouges renversent le Sénégal en prolongation. Un scénario qui résume les fragilités des Lions de la Teranga avant 2026.

Sénégal - le cauchemar belge qui hantera Thiaw

Pape Thiaw a connu pire dans sa carrière à Southampton, mais pas beaucoup. Le défenseur central sénégalais n'arrivait pas à croire ce qu'il voyait sur le terrain quand Youri Tielemans transformait le pénalty de la honte à la 109e minute. Deux buts d'avance. Cinq minutes à tenir avant les prolongations. Et puis, comme dans ces rêves où on court sans avancer, le Sénégal s'était effondré.

La Belgique a infligé à Aliou Cissé et ses hommes une leçon d'opportunisme cruel : 3-2 après prolongation. Ce n'est pas un simple résultat. C'est un diagnostic. Les Lions de la Teranga avaient les trois points dans la main, ils les ont laissés tomber sur le béton dans une agonie qu'on ne souhaite à aucune équipe, à neuf mois d'une Coupe du Monde qui s'annonce décisive pour le football africain.

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Quand l'orgueil devient fatal

Le football sénégalais a souvent eu cette tendance à mélanger confiance et désinvolture. Dimanche soir, face à une Belgique fatiguée par le temps qui passe et les résultats décevants, les Sénégalais contrôlaient le match avec cette autorité tranquille des équipes qui croient que c'est fini. Ismail Sarr menaçait. Sadio Mané était sur le terrain. Les occasions s'accumulaient. La victoire semblait écrite d'avance, comme une formule qu'on récite sans réfléchir.

Jusqu'à ce que Jérémy Doku ne fasse son entrée. Jusqu'à ce que la Belgique, qui avait passé quatre-vingt-cinq minutes à s'éteindre lentement, retrouve soudain une rage de vaincre incompréhensible. Un premier but. Puis un deuxième. Le scénario est tellement brutal qu'on se demande si les Sénégalais ont enlevé leur ceinture de sécurité en même temps qu'ils se croyaient au havre.

Thiaw, lui, voyait disparaître en cinq minutes la maîtrise qu'il pensait avoir construite depuis le coup d'envoi. Ce genre de moment change un homme. Un groupe aussi.

Le poids de 2026 qui s'alourdit

Le Sénégal sort de deux Coupes d'Afrique décevantes, en 2021 et 2023. Champion continental en 2022, oui, mais ce titre s'éloigne comme un mirage. Aliou Cissé avait besoin de rythme, de victoires, de confirmations que ce projet pouvait encore produire des choses. Contre la Belgique, il avait tout pour le trouver. Il l'a perdu.

Avec 47 millions d'habitants et une diaspora sportive capable de mobiliser des foules, le Sénégal porte le poids d'être l'un des grands espoirs du continent. Pas le favori, non, mais l'équipe qui ne devrait jamais plier face aux Belges d'Aujourd'hui. Or le Sénégal a plié. Il s'est même cassé. Et cela intervient à un moment où les certitudes s'effritent. Mané n'est plus le prédateur des grands jours. Sarr manque d'une vraie compétition au haut niveau. Les défenseurs, pour certains, vieillissent sans renouvellement visible.

Entre ici et le mois de juin 2026, Cissé doit trouver les réponses. Cette débâcle tardive offre déjà une première question, aussi inconfortable qu'elle soit utile : le Sénégal a-t-il encore cette mentalité de grands jours, ou a-t-il basculé du côté des équipes qui font bonne figure mais s'écroulent aux moments critiques ?

L'enseignement belge d'une époque révolue

Il y a quelque chose de poignant dans cette victoire belge. Les Diables Rouges ne jouaient plus. Ils n'avaient plus rien à perdre. Et c'est précisément ce qui les a sauvés. Depuis le Mondial 2018, la Belgique n'existe plus vraiment au plus haut niveau, mais contre le Sénégal, elle a retrouvé cette capacité à se battre sans ballon, à punir les relâchements, à croire jusqu'au bout.

Pour le Sénégal, le message est clair comme une vitre cassée : aucune avance n'est définitive. Aucune supériorité n'est garantie. Le football ne se joue pas en deux actes, il se joue en trois, parfois même en quatre si la vie en décide ainsi.

Pape Thiaw rentra à Southampton avec cette image en tête : ses coéquipiers qui croyaient avoir gagné, et la réalité qui les rattrapait à cent à l'heure. C'est peut-être l'image que le Sénégal gardera en mémoire en arrivant en Amérique du Nord. Pas la plus agréable. Mais parfois, ce sont les plus amères qui produisent les transformations.

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