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Football

Franck Haise choisit Rennes après avoir pesé la piste tunisienne

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après l'épisode raté avec Nice, Franck Haise a rapidement rebondi à Rennes, non sans avoir sérieusement envisagé de prendre les rênes de la sélection tunisienne.

Franck Haise choisit Rennes après avoir pesé la piste tunisienne

Quand un entraîneur de la trempe de Franck Haise hésite entre un club de Ligue 1 en difficulté et la direction d'une sélection nationale africaine, cela dit quelque chose de l'état du football français autant que de la psychologie d'un technicien à un carrefour de carrière. Après la parenthèse douloureuse de l'OGC Nice — où son contrat avait tourné court dans des circonstances peu flatteuses pour l'institution azuréenne — le coach de 55 ans s'est finalement installé sur le banc du Stade Rennais, succédant à Habib Beye dont le passage en Bretagne aura été aussi bref qu'agité. Mais avant de rejoindre le Roazhon Park, Haise a bel et bien pesé une autre option, radicalement différente : prendre en main la Tunisie.

Le choix Rennes, ou comment reconstruire une légitimité perdue

Franck Haise n'arrive pas à Rennes en conquérant. Il y arrive en homme qui doit se reconstruire. Son passage à Nice restera comme une anomalie dans un parcours jusqu'alors cohérent : monté de Calais à Lens avec une régularité remarquable, il avait hissé le Racing Club de Lens jusqu'aux portes de la Ligue des champions, terminant deuxième de Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain lors de la saison 2022-2023, avec 62 points au compteur — une performance historique pour le club nordiste. L'aventure niçoise, elle, n'a pas survécu aux premières turbulences.

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Rennes représente donc une forme de réhabilitation. Le club breton, pensionnaire régulier des premières places de Ligue 1 sous l'ère Julien Stéphan, puis sous Jorge Sampaoli et Stéphan de nouveau, cherche depuis plusieurs saisons un équilibre introuvable entre ambition européenne et construction d'un projet durable. Le départ d'Habib Beye, dont la nomination avait déjà surpris dans le microcosme du football professionnel français, laisse un vestiaire fragilisé et un effectif dont le potentiel — avec des joueurs comme Désiré Doué parti au Paris Saint-Germain — a été partiellement démantelé.

Pour Haise, l'enjeu est clair : retrouver un cadre de travail structuré, des dirigeants stables — la famille Pinault, propriétaire du club via Kering, offre des garanties financières solides — et une ville de football où le public, exigeant mais fidèle, peut redevenir un moteur. Le Stade Rennais a investi plus de 150 millions d'euros en transferts sur les cinq dernières années sans parvenir à ancrer durablement son projet sportif. Haise, pragmatique et méthodique, pourrait être l'homme de cette rationalisation.

La Tunisie, une tentation révélatrice d'un marché en pleine recomposition

Que Franck Haise ait sérieusement envisagé de prendre les commandes de la sélection tunisienne n'est pas anecdotique. Cela traduit une tendance de fond : les entraîneurs français, longtemps cantonnés aux championnats hexagonaux ou aux ligues mineures européennes, regardent désormais avec une attention croissante les postes de sélectionneurs en Afrique et au Moyen-Orient.

La Tunisie, pays de football avec une culture tactique réelle et un vivier de joueurs évoluant dans les grands championnats européens — de Hannibal Mejbri à Ellyes Skhiri — représente un défi stimulant. La sélection, qui a atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde 1978 et reste l'une des références du continent, cherche à franchir un palier après des Coupes du monde 2018 et 2022 décevantes sur le plan des résultats. Pour un technicien de la stature de Haise, diriger une sélection africaine aurait pu constituer une forme d'aventure, de rupture assumée avec le quotidien du championnat de France.

Mais cette hésitation révèle aussi les fragilités du marché des entraîneurs en Ligue 1. Moins d'une dizaine de postes de managers de premier plan sont disponibles chaque saison, et la concurrence entre clubs pour attirer les profils expérimentés est féroce. Quand Nice se sépare d'un entraîneur de la valeur de Haise, c'est toute la pyramide qui se réorganise. La piste tunisienne n'était pas une roue de secours — elle était une option genuinement considérée, ce qui en dit long sur l'attractivité relative du championnat français pour ses propres techniciens.

Ce que ce retour rapide sur un banc dit du football français

Franck Haise aura donc passé peu de temps sur le marché. Dans un football de plus en plus nerveux, où les cycles se raccourcissent et où la patience des dirigeants s'érode à chaque mauvais résultat, un entraîneur de son calibre ne reste jamais longtemps sans offre. Mais la rapidité de son retour à Rennes pose une question de fond : le football professionnel français se prive-t-il de ses meilleurs techniciens en ne leur offrant pas des conditions de travail à la hauteur de leurs compétences ?

L'épisode niçois a montré les limites d'une certaine façon de gérer un club de football. Nice, propriété de INEOS depuis 2019, a investi massivement — plus de 200 millions d'euros en recrutement depuis l'arrivée du groupe britannique — sans parvenir à construire une cohérence sportive durable. Haise en a fait les frais, comme Lucien Favre avant lui. Rennes, malgré ses propres contradictions, offre un environnement plus stable, où le projet de formation reste au cœur de l'identité du club.

Pour l'entraîneur breton d'adoption, le défi est maintenant sportif et humain. Récupérer un groupe marqué par les turbulences, redonner une identité de jeu à une équipe qui en a manqué, et surtout retrouver cette capacité à faire progresser collectivement des joueurs individuellement talentueux mais dispersés — c'est précisément ce qu'il avait accompli à Lens, avec des moyens bien inférieurs à ceux dont il disposera en Bretagne.

Si Franck Haise parvient à reconstruire le Stade Rennais en s'appuyant sur la formation — le club breton reste l'un des meilleurs centres de formation d'Europe — et sur un jeu identifiable, son passage à Rennes pourrait devenir le chapitre de la maturité d'un des entraîneurs les plus intéressants du football français. La piste tunisienne est désormais derrière lui. Mais elle n'est peut-être que reportée.

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