José Mourinho sera présent samedi à Berlin pour la finale de Coupe d'Allemagne. Le technicien portugais épie Michael Olise, cible majeure de son projet à l'Olympiacos.
José Mourinho ne rate jamais une opportunité d'observation. Samedi soir à Berlin, l'entraîneur portugais sera dans les tribunes de l'Olympiastadion pour suivre la finale de Coupe d'Allemagne entre le Bayern Munich et Stuttgart. Officiellement pour apprécier le spectacle. Officieusement, il vient cocher une case importante de son dossier Michael Olise.
L'ailier franco-algérien du Bayern connaît une saison remarquable en Bundesliga. Après son arrivée en provenance de Crystal Palace l'été dernier pour environ 50 millions d'euros, Olise s'est progressivement imposé comme l'une des pièces maîtresses de l'offensive bavaroise. Ses statistiques le confirment : 10 buts et 8 passes décisives en 38 apparitions toutes compétitions confondues. Des chiffres honnêtes, mais c'est surtout son profil qui séduit Mourinho.
Pourquoi Mourinho prend le chemin de Berlin pour Olise ?
À 22 ans, Olise représente exactement ce que l'Olympiacos recherche pour son projet de reconstruction ambitieux. Agile, capable de jouer sur les deux ailes et doué techniquement, il possède la capacité à faire basculer un match en quelques secondes. Mourinho connaît le profil. C'est son type de joueur : décisif, intense, capable de porter un projet sur ses épaules sans flancher sous la pression.
Le timing de cette observation n'est pas anodin. En assistant à la finale, Mourinho envoie un signal fort. Il montre à Olise que l'Olympiacos le surveille de près, que son intégration en Grèce ne sera pas anodine mais plutôt le début d'une ambition réelle. C'est la méthode Mourinho : être présent, montrer de l'intérêt personnel, créer une connexion avant même de négocier.
Le Bayern, de son côté, traverse une période de transition. L'arrivée de Vincent Kompany a apporté une stabilité relative, mais les Bavarois ont cédé du terrain en fin de saison. Plusieurs cadres pourraient partir. Olise, malgré son potentiel indéniable, n'est pas forcément intouchable si une offre conséquente débarque.
Quel rôle jouera Olise en finale pour impressionner ses observateurs ?
Samedi, l'ailier français aura l'opportunité de montrer tout son répertoire sous les yeux de l'ancien entraîneur du Real Madrid et de l'Inter. Une finale, c'est le moment idéal pour briller. Stuttgart, bien que classé troisième de Bundesliga, ne dispose pas de la même armada défensive que Manchester City ou Liverpool. Olise aura des espaces.
La question centrale demeure : à quel niveau de performance Olise se présente-t-il dans les grands rendez-vous ? En championnat régulier, il a montré de belles choses. En Ligue des champions, ses apparitions ont été plus discrètes. Mourinho voudra vérifier si le joueur élève son jeu quand les enjeux deviennent majeurs. C'est la marque des grands champions, et c'est précisément ce qui séparera un bon prospect d'une superstar.
Stuttgart n'aura pas d'antidote magique pour contenir Olise et l'attaque munichoise dans son ensemble. Les Schwaben ont remporté des victoires prestigieuses cette saison, mais sur le plan offensif, ils jouent dans une catégorie inférieure. Le Bayern devrait dominer largement les débats. La question est plutôt : Olise en sera-t-il l'architecte ou l'un des contributeurs parmi d'autres ?
L'Olympiacos a-t-il vraiment une chance de recruter Olise ?
Voilà le nœud gordien. Recruter un joueur du calibre d'Olise au Bayern relève de l'exploit, même pour un club avec l'aura de l'Olympiacos. Les Rouges et Blancs du Pirée ont les moyens financiers, certes, mais pas la puissance compétitive immédiate pour séduire un joueur de ce profil sauf à lui proposer un projet sportif transformationnel.
C'est là qu'intervient Mourinho. Son arrivée à Athènes a déjà changé la perception du club. L'entraîneur portugais dispose d'un charisme capable de convaincre les meilleurs talents de tenter l'aventure grecque. Il l'a fait par le passé en amenant des cadres au Fenerbahçe. Avec l'Olympiacos, c'est un nouvel acte de cette pièce toujours écrite selon ses codes.
Reste que le Bayern ne vendra pas à bas prix. Le club bavarois n'est pas en détresse financière. Olise représente un investissement clé pour le nouvel écosystème de Kompany. Une transaction supposerait une offre massive, autour de 60 ou 70 millions d'euros, montants que même l'Olympiacos possédant des actionnaires billionnaires hésiterait à débourser pour un talent encore non consolidé au plus haut niveau.
Ce qui ne signifie pas que Mourinho renonce. Au contraire. La présence en tribunes samedi soir est une déclaration d'intentions. Elle dit à Olise que si les portes s'ouvrent, l'Olympiacos frappera à la bonne. Elle dit aussi au Bayern qu'une approche existe. Et elle offre au public grec, friand de coups d'éclat médiatiques, matière à rêver pendant l'été.
Après le coup de sifflet final, Mourinho aura tiré ses conclusions. Le football se décide aussi dans ces moments fugaces où un entraîneur jauge, observe, évalue. Samedi, Berlin sera un carrefour discret mais décisif pour le dossier Olise et pour la trajectoire que Mourinho entend donner à son projet à l'Olympiacos.