Déjà maître du championnat, le PSG empoche un trophée supplémentaire : celui de l'assistance. Petit prix de consolation en Ligue 1.
Le PSG vient de remporter un titre que personne ne convoitait vraiment. Pas de Ligue 1 à la clé cette fois, pas de Coupe de France non plus. Non, le club parisien s'est couronné champion des tribunes, autrement dit celui qui a attiré le plus de spectateurs en championnat cette saison. C'est honorifique, évidemment. C'est même un peu consolateur quand on y pense. Mais c'est aussi révélateur d'une certaine réalité du football français : le PSG reste une machine à remplir les stades, même quand les résultats ne suivent pas systématiquement.
Difficile de blâmer les supporters parisiens. Depuis des années, le Parc des Princes et le Stade de France vibrent à chaque match, qu'il soit crucial ou pas. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le PSG a totalisé plus de 1,2 million de spectateurs sur la saison en Ligue 1, une moyenne impressionnante qui dépasse largement celle de ses concurrents directs. Même les clubs comme l'Olympique de Marseille, avec sa ferveur légendaire, ou l'Olympique Lyonnais, installé historiquement, ne font pas le poids. C'est la domination du nombre.
Quand l'affluence devient un trophée de consolation
Voilà où nous en sommes dans le football français. Un club qui gagne le championnat des tribunes, c'est un peu comme un pilote qui remporte le prix de la meilleure livrée alors qu'il termine troisième au général. Techniquement, c'est une victoire. Émotionnellement, c'est un pansement sur une plaie plus profonde.
Le PSG a bien sûr remporté le championnat de Ligue 1, c'est l'essentiel. Mais en relayant ce titre secondaire, on mesure à quel point la Ligue 1 aime célébrer ce qui compte moins pour mieux oublier ce qui compte plus. L'affluence, c'est beau, c'est valorisant pour les clubs, ça remplit les caisses. Sauf que dans un contexte où le football français traverse une crise d'identité sportive face aux grands d'Europe, accorder une attention particulière au nombre de personnes dans les tribunes ressemble à une vraie déviation du regard.
Il y a une ironie délicieuse à constater que le PSG accumule les titres, même les plus dérisoires. Déjà vainqueur du championnat, déjà vainqueur de la Coupe de France, le voilà qui s'empare du titre qui récompense simplement sa capacité à mobiliser les foules. C'est l'efficacité même : gagner sur tous les terrains, y compris les moins importants.
La Ligue 1 et ses vraies questions non posées
Si on creuse un peu, ce champion des tribunes pose des questions bien plus pertinentes que le classement final. L'affluence parisienne reflète une polarisation du football français autour de la capitale. Les supporters du PSG se déplacent en masse parce qu'ils veulent voir jouer des stars, parce que l'histoire du club s'écrit chaque week-end, parce que Paris a les moyens de créer l'événement sportif.
Mais qu'en est-il des autres stadiums français ? Qu'en est-il de cette Ligue 1 qui peine à rivaliser avec la Premier League ou La Liga en termes de spectacle et d'attractivité ? Le record d'affluence du PSG, c'est un symptôme plutôt qu'une solution. Ça dit que le football français fonctionne en deux vitesses : celle des géants parisiens, et celle de tous les autres qui regardent passer le train.
Les chiffres de fréquentation des autres clubs racontent une histoire moins flatteuse. Des stadiums loin de leur capacité maximale, des derbys qui ne font plus que des bruits de crécelle, une base de supporters qui vieillit et ne se renouvelle pas assez. Pendant ce temps, le PSG bombarde ses quatre cents coups et se réjouit de faire le plein, comme si c'était un exploit surprenant.
Un titre qui ne sauvera rien, mais qui fait quand même réfléchir
Le PSG continuera de dominer, les tribunes du Parc des Princes continueront de vibrer, et les titres s'accumuleront. Le champion des tribunes ne change rien au vrai jeu. Il ne change rien à la hiérarchie, aux points, aux résultats. C'est un trophée de circonstance, une anecdote de fin de saison quand il n'y a plus grand-chose à dire.
Reste que cette consécration de l'affluence en dit long sur une certaine complaisance du football français. On célèbre les foules plutôt que la qualité du spectacle. On compte les spectateurs plutôt que d'analyser pourquoi certains clubs ne remplissent plus leurs stades. On regarde vers le PSG et ses succès quasi-automatiques plutôt que de poser des questions structurelles sur l'avenir de la compétition.
Peut-être que la Ligue 1 devrait se demander si ce championship des tribunes, aussi anecdotique soit-il, ne serait pas l'occasion de réfléchir à ce que signifie vraiment être champion en France. Parce que des stars, des stades pleins et des titres qui s'accumulent, ça ressemble de moins en moins à une victoire du football et de plus en plus à une domination du marketing. Et ça, aucun trophée ne devrait en être fier.