Submergé par les blessures en cascade, le Real Madrid pointe du doigt son secteur médical. Carlo Ancelotti en première ligne face à la crise sanitaire du club.
Les blessures s'accumulent à la Cidade, et la patience de la Maison Blanche s'épuise. Depuis le début de la saison, le Real Madrid encaisse coup sur coup l'indisponibilité de ses cadres. Kylian Mbappé, Eder Militao, Vinicius Junior... la liste s'allonge semaine après semaine. À Madrid, on ne parle plus d'infortune, on parle de dysfonctionnement. Et cette fois, c'est l'infirmerie elle-même qui est dans le viseur.
Selon nos informations, la direction merengue s'interroge sérieusement sur la qualité du travail fourni par son service médical. Des responsables du club ont exprimé leur exaspération interne face à la succession de pépins physiques qui paralyse l'effectif de Carlo Ancelotti. Les contacts avec les clubs européens de haut niveau ont permis à Madrid de comprendre que cette concentration de blessures n'est pas normale. D'autres formations gèrent mieux cette variable avec un nombre identique de matchs disputés.
L'infirmerie merengue sous le feu des critiques
La débâcle sportive ne peut pas s'expliquer uniquement par les absences. Mais quand vous perdez des joueurs de l'envergure de Militao ou Mbappé sur des périodes étendues, il faut bien chercher où se logent les responsabilités. À Madrid, on soupçonne que les protocoles de rééducation et de prévention sont devenus insuffisants. Les méthodes mises en place semblent dater d'une autre époque face aux exigences du calendrier moderne et à l'intensité des compétitions.
Le cas Mbappé illustre parfaitement cette frustration. L'attaquant français, recruté pour transformer le projet merengue, a été gêné par plusieurs pépins musculaires depuis son arrivée. Pas des blessures graves, mais suffisantes pour le pénaliser physiquement. À l'issue de chaque absence, les échanges en interne questionnent la pertinence du suivi prophylactique. Pourquoi n'a-t-on pas détecté la fatigue musculaire avant ? Pourquoi les charges de travail n'ont-elles pas été ajustées ?
Militao, lui, s'est absenté pendant plusieurs semaines. Là encore, le défenseur brésilien ne s'est pas remis aussi vite que prévu. Les délais de guérison dépassent régulièrement les estimations initiales. C'est le signe patent d'une prise en charge insuffisante ou, du moins, d'une mauvaise évaluation de la gravité des lésions. Un club comme le Real Madrid, avec les ressources financières qu'on lui connaît, ne devrait pas se retrouver face à de tels problèmes organisationnels.
Depuis trois saisons, Madrid affiche des chiffres inquiétants en matière de jours d'indisponibilité cumulés. En 2022-23, l'infirmerie a accumulé plus de 380 jours de blessures toutes compétitions confondues. L'an dernier, la situation n'a pas franchement s'amélioré. Cette année, la tendance se réitère dangereusement. D'autres géants européens, Manchester City ou le Bayern Munich par exemple, gèrent mieux cette composante avec des structures tout aussi sollicitées.
Vers un audit externe et des changements imminents
À en croire l'entourage de plusieurs cadres du club, une réflexion profonde est en cours à Valdebebas. La direction envisage sérieusement de faire intervenir un expert extérieur pour auditer le secteur médical. Les responsables pourraient être remplacés si l'enquête confirme les dysfonctionnements soupçonnés. Mais avant d'en arriver là, on veut d'abord comprendre où ça cloche vraiment.
Carlo Ancelotti, himself, a évité de critiquer publiquement son staff médical. L'entraîneur italien connaît trop bien le jeu pour se mettre à dos une structure clé. Pourtant, en coulisses, il n'a pas caché son agacement face aux disponibilités en dents de scie de ses meilleurs joueurs. Comment construire du jeu, de la continuité tactique, quand l'équipe type n'existe jamais ? C'est une question légitime que se pose le Carletto en privé.
La prochaine fenêtre hivernale de transferts sera révélatrice. Si Madrid accélère sur le marché pour renforcer l'effectif dans les secteurs pénalisés par les blessures, c'est que l'infirmerie ne sait pas évaluer correctement les délais de retour. Et donc que le problème est réel, profond, structurel.
Les supporters merengues attendent des actes, pas des déclarations. Ils supportent les aléas du football, les coups de malchance, mais à un moment, quand ça dure depuis trois ans, ce n'est plus de la malchance. C'est du management défaillant. Le Real Madrid l'a compris. La question n'est plus si il faut agir, mais quand et comment.