Gary Neville prend position pour Michael Carrick comme successeur permanent à la tête de Manchester United. Un soutien de poids qui relance le débat.
Trois mois. C'est le temps qu'il a fallu à Michael Carrick pour retourner l'opinion à Old Trafford. Nommé le 13 janvier dernier dans l'urgence, pour éteindre l'incendie laissé par Ole Gunnar Solskjaer, l'ancien milieu de terrain des Red Devils a fait bien plus que tenir le fort — il a séduit. Au point que Gary Neville, voix la plus écoutée de la galaxie United, plaide désormais ouvertement pour que son ancien coéquipier obtienne le poste à titre permanent.
Neville sort du silence et prend position pour son ancien partenaire
Gary Neville n'est pas homme à parler pour ne rien dire. Consultant redouté sur Sky Sports, ancien capitaine de Manchester United, l'ancien latéral droit sait ce que représente le banc de touche de Old Trafford. Alors quand il monte au créneau pour défendre Michael Carrick, le monde du football anglais l'écoute. Et ses mots sont clairs : Carrick mérite sa chance, pas simplement un intérim qu'on referme en claquant la porte.
Depuis sa nomination le 13 janvier, Michael Carrick a transformé ce qui ressemblait à un rôle de pompier ingrat en véritable audition grandeur nature. Les résultats ont suivi — Manchester United a renoué avec une certaine stabilité défensive et retrouvé un équilibre tactique que Solskjaer n'arrivait plus à installer. Les joueurs ont répondu présents. L'atmosphère s'est assainie. Ce n'était pas rien, dans un club où la pression peut broyer les meilleurs.
Neville le dit sans détour : Carrick possède l'intelligence du jeu, la crédibilité dans le vestiaire et la connaissance intime du club. Trois atouts que peu de candidats extérieurs peuvent réellement afficher. Pourquoi aller chercher ailleurs ce qui existe déjà en interne ? C'est la question que pose, en substance, le consultant de Sky Sports. Une question qui a le mérite de faire réfléchir les dirigeants de Old Trafford.
Car Manchester United est à la croisée des chemins. Le projet Glazer vacille sous la pression des supporters, les résultats en Premier League restent insuffisants pour un club de cette ambition, et la direction sportive doit construire quelque chose de solide pour les saisons à venir. Confier les clés à un homme qui connaît chaque couloir de Carrington depuis ses 17 ans, c'est un pari qui a une logique. Celle du sang et des racines.
Une succession qui se joue dans l'ombre malgré les candidatures extérieures
Le problème, c'est que Manchester United n'a jamais vraiment fonctionné comme ça. Le club a une histoire de recrutements spectaculaires — David Moyes sorti de nulle part, Louis van Gaal débauché en pleine Coupe du monde, José Mourinho arraché à Chelsea. Les Glazers aiment le nom qui fait vendre les maillots, pas forcément celui qui fait gagner les matchs. Et Carrick, aussi estimé soit-il dans le vestiaire, ne fait pas encore trembler les agences de presse.
Pourtant, les chiffres parlent pour lui. Depuis sa prise en main, Manchester United a retrouvé une cohérence défensive qu'on n'avait plus vue depuis des mois. Les Red Devils ont encaissé moins de deux buts par match en moyenne sous sa direction, une donnée qui tranche nettement avec le chaos des dernières semaines Solskjaer. Le collectif a semblé plus structuré, les lignes plus resserrées. Ce n'est pas un hasard — c'est du travail.
En parallèle, les noms ronflants continuent de circuler dans la presse britannique. Mauricio Pochettino reste la piste prioritaire pour beaucoup d'observateurs. Erik ten Hag, l'Ajaccien virtuose d'Ajax, est également cité avec insistance. Des profils séduisants sur le papier, mais qui arriveraient dans un environnement qu'ils ne connaissent pas, avec un vestiaire à apprivoiser et une pression médiatique que seuls ceux qui l'ont vécue comprennent vraiment.
- 13 janvier 2022 : date de nomination de Michael Carrick comme manager intérimaire de Manchester United
- Moins de 2 buts encaissés par match en moyenne depuis sa prise en charge
- 3 candidats principaux cités pour la succession permanente : Carrick, Pochettino, Ten Hag
- Plus de 20 ans de carrière de Gary Neville à Manchester United, qui lui confère une légitimité totale dans ce débat
C'est précisément ce que Neville met en avant. La machine Manchester United est particulière. Elle dévore ceux qui ne la comprennent pas. Moyes l'a appris à ses dépens. Van Gaal aussi. Et même Mourinho, malgré son palmarès XXL, n'a pas résisté aux frictions internes. Carrick, lui, a grandi dans cette culture. Il a soulevé la Champions League sous les couleurs rouge et blanc. Il a connu Ferguson, Beckham, Scholes, Giggs. Il sait ce que United attend d'un manager, pas seulement sur le terrain, mais dans les relations humaines qui font vivre un vestiaire au quotidien.
La question n'est donc plus vraiment de savoir si Carrick est capable. Il a prouvé, en trois mois à peine, qu'il l'était. La vraie question, c'est de savoir si Manchester United a le courage de faire confiance à l'un des siens. Ou si le club préférera, une fois de plus, courir après une illusion scintillante plutôt que de miser sur ce qu'il a sous la main.
Gary Neville espère que la direction ouvrira les yeux. Mais à Old Trafford, les décisions rationnelles ont rarement été la norme. La saison se termine dans quelques semaines. Le prochain manager de Manchester United sera peut-être déjà dans les couloirs de Carrington — ou peut-être qu'il s'appelle encore Pochettino dans les tabloids londoniens. Une chose est certaine : ce choix engagera le club pour les cinq prochaines années. Et dans ce contexte, l'avis de Gary Neville n'est pas anodin. C'est peut-être même le plus pertinent qui soit.