Alors que l'AS Roma croit tenir Mason Greenwood pour la saison prochaine, l'impatience gagne certains décideurs romains. Marseille, lui, observe de près.
Quelque part entre Naples et Rome, le feuilleton Greenwood trouve sa suite. Mason Greenwood et l'AS Roma se sont donné une parole qui ressemble à un oui, et pourtant à la Curva Sud, on tambourine déjà sur les portes des bureaux. L'attaquant anglais de Getafe, prêté et payant depuis deux ans et demi, n'a toujours pas signé son contrat de manière définitive avec le club de José Mourinho. Et cette lenteur administrative, c'est précisément ce qui fait pester les dirigeants giallorossi.
Quand Rome pense avoir gagné mais doute de sa propre victoire
L'impatience règne à la Roma, et elle est révélatrice d'un malaise plus profond. On parle ici d'un joueur de 22 ans qui a marqué 15 buts cette saison avec Getafe, un bilan correct sans être spectaculaire, mais qui incarne pour Rome une réinvention nécessaire dans l'axe offensif. Après deux années de prêt en Espagne, Mason Greenwood devait être une affaire conclue. Les principes avaient été actés lors des négociations estivales précédentes. Et voilà que le dossier traîne, que les papiers ne sont pas signés, que le doute s'instille là où la certitude aurait dû régner.
Ce qui agace vraiment en Italie, c'est l'absence de clarté. Les résultats sportifs de Greenwood à Getafe ont satisfait tout le monde : son intégration a marché, son rendement offensif s'est stabilisé, il a su sortir de l'ornière psychologique dans laquelle il s'était enfoncé des années auparavant. Mais les promesses restent des promesses, et Roma, qui misait sur son arrivée définitive pour renforcer son secteur offensif face à la concurrence de la Serie A, commence à regarder par-dessus l'épaule. Qui d'autre guette sur le marché ? Qui pourrait surgir ?
L'OM en embuscade, ou comment Marseille pourrait relancer la partie
Pendant ce temps, à Marseille, on ne ferme aucune porte. L'Olympique de Marseille suit avec intérêt cette procrastination romaine, elle-même trop occupée par ses déboires européens et ses questions de stabilité budgétaire pour agir frontalement. Mais on sait que Roberto De Zerbi, qui a pris les rênes à la Canebière, n'est pas homme à laisser passer une opportunité si elle se présente. Un joueur de la trempe de Greenwood, même avec un passif compliqué, reste un atout offensif séduisant pour une équipe qui cherche à retrouver une assise européenne.
Le calcul des dirigeants provençaux est limpide : s'il y a une faille dans le dossier romain, s'il y a une lassitude chez Greenwood face aux délais, pourquoi ne pas faire entendre une voix alternative ? Les finances marseillaises ne sont certes pas ruisselantes, mais un prêt avec option d'achat, un arrangement auprès d'Old Trafford, c'est toujours à la portée d'un club de l'envergure de l'OM. Et puis, Marseille sait faire du charme quand il le faut. La Ligue 1, malgré son déclin relatif, reste attrayante pour un jeune joueur en quête de stabilité et de renouveau.
Ce qui complique les choses pour Roma, c'est que Greenwood ne crie pas au scandale. Il n'y a pas d'ultimatum, pas de drame. Juste une patience qui s'érode graduellement, comme l'eau sur la pierre. À Getafe, il a goûté à la tranquillité sportive. Il s'y sent bien. Mais ce bien-être relatif ne doit pas faire obstacle à une vraie progression de carrière, et Roma, malgré tous ses reproches, reste Roma. C'est un club de stature mondiale, avec une histoire, avec une ambition européenne réelle.
Le vrai problème : quand l'administration tue les certitudes
La vérité, c'est que cette histoire illustre un problème structurel dans le marché des transferts moderne. On négocie, on s'accorde sur les principes, on croit l'affaire dans la poche. Et puis l'été approche, les agendas se chevauchent, les services juridiques demandent des révisions, les contrats se complexifient, et voilà qu'un oui devient un «peut-être» qui dure. Mason Greenwood n'est qu'un symptôme parmi d'autres, mais un symptôme particulièrement parlant en ce moment.
Car à la Roma, ce qui inquiète au-delà du simple cas Greenwood, c'est le signal qu'on envoie. Un club qui ne parvient pas à boucler un dossier aussi avancé passe pour hésitant, pour mal organisé. Et les autres clubs le savent. Les agents le savent. Les joueurs le savent. Dans un marché où la confiance est plus précieuse que l'or, cette lenteur administrative devient une faiblesse compétitive. C'est subtil, c'est pernicieux, mais c'est réel.
Greenwood finira à la Roma, probablement. Les deux parties ont trop investi dans cette relation pour qu'elle s'effondre sur des questions de timing. Mais le spectacle de cette impatience, ce doute qui monte à Rome, c'est le signe qu'en coulisses, on peut se trouver des solutions de rechange. Et si Marseille venait à frapper à la porte au bon moment, avec un projet clair et une offre convenable, qui peut affirmer que la réponse serait non ? Voilà peut-être ce qui agite vraiment les nuits des décideurs giallorossi.