Aller au contenu principal
Football

Hakimi face à ses juges avant Liverpool, le PSG retient son souffle

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

À la veille du quart retour contre Liverpool, Achraf Hakimi a brisé le silence sur son procès pour viol. Une prise de parole rare, chargée, qui électrise le contexte déjà tendu de la soirée.

Hakimi face à ses juges avant Liverpool, le PSG retient son souffle

Il y a des conférences de presse où l'on parle de football, et des conférences de presse où le football devient presque secondaire. Celle d'Achraf Hakimi, à la veille du quart de finale retour de Ligue des Champions contre Liverpool, appartient résolument à la seconde catégorie. Le latéral droit marocain, qui fuit d'ordinaire les micros avec la même aisance qu'il déborde ses adversaires sur le flanc droit, a choisi — ou accepté — de se présenter exceptionnellement devant la presse. Et il n'a rien esquivé.

Devant les caméras, Hakimi prend la parole là où d'autres se terrent

La scène a quelque chose d'inhabituel. Achraf Hakimi, 26 ans, est poursuivi pour viol par une femme qui affirme avoir été agressée en février 2023 à son domicile parisien. L'affaire a traversé des rebondissements juridiques et médiatiques nombreux, notamment lorsque la justice espagnole avait tenté, sans succès, de saisir ses biens — avant que l'on apprenne que sa mère en était légalement propriétaire. Le joueur a toujours nié les faits. Et hier, à la veille de l'un des matchs les plus importants de la saison parisienne, il l'a redit, calmement, face aux journalistes.

BetBurger - Surebets et Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

Ce type de prise de parole est rare dans le sport de haut niveau. Les conseillers juridiques déconseillent généralement tout commentaire public pendant une procédure judiciaire en cours. Hakimi a pourtant choisi la transparence — ou du moins son apparence. Une stratégie de communication assumée, qui tranche avec le mutisme habituel des sportifs pris dans des tourmentes judiciaires. On pense à d'autres affaires qui ont hanté des vestiaires européens, à Robinho condamné en Italie alors qu'il évoluait encore en club, à Benjamin Mendy et ces deux saisons entières perdues entre les murs des tribunes et des prétoires de Manchester. Hakimi, lui, joue. Hakimi, lui, parle.

Le PSG, de son côté, gère ce dossier avec la discrétion clinique qui caractérise ses relations publiques depuis l'ère QSI. Ni prise de distance officielle, ni soutien bruyant. Le club a laissé son joueur s'exprimer seul, ce qui, selon les lectures, peut passer pour du respect de l'autonomie ou pour une mise à distance prudente.

Une affaire qui traverse trois saisons sans jamais vraiment partir

L'accusation remonte à février 2023. Depuis, l'affaire a suivi son cours judiciaire dans l'ombre des grands rendez-vous sportifs, ressurgissant à intervalles irréguliers pour rappeler que le procès n'est pas encore passé. La plaignante maintient ses accusations. La défense d'Hakimi également sa version. Entre les deux, un calendrier judiciaire qui avance à son rythme, indifférent aux quarts de finale de Ligue des Champions.

Ce qui frappe dans la trajectoire de cette affaire, c'est la manière dont elle a coexisté avec les performances sportives du joueur. Hakimi a disputé plus de 80 matchs sous le maillot parisien depuis le début des accusations, a été finaliste de la Coupe du monde 2022 avec le Maroc — une épopée qui a ému une génération entière —, et reste l'un des latéraux les plus influents d'Europe. Ses statistiques de la saison en cours le confirment sans ambiguïté : contributeur offensif majeur dans le système de Luis Enrique, il a pesé sur pratiquement chaque grande échéance du club.

C'est précisément cette continuité sportive qui pose question, et que les défenseurs des droits des victimes ont parfois pointée du doigt. La machine footballistique absorbe les scandales avec une efficacité qui tient parfois de l'anesthésie collective. Les tribunes oublient, ou font semblant. Les dirigeants comptent les points. Et le joueur, lui, continue de courir.

Liverpool demain soir, et après, ce procès qui attendra son heure

Revenons au football, puisque c'est là que tout se jouera dans les prochaines heures. Le PSG aborde ce quart de finale retour contre Liverpool dans une position qu'il faudra déterminer au sifflet final du match aller — mais la pression est maximale, comme à chaque fois que le club parisien se retrouve à ce stade d'une compétition qui lui échappe depuis trop longtemps. Treize ans que le PSG court après une finale de Ligue des Champions. Treize ans d'espoirs déçus, de remontadas ratées, de soirées qui finissent trop tôt.

Dans ce contexte, la conférence de presse d'Hakimi prend une dimension supplémentaire. Luis Enrique a fait le choix — ou accepté la demande — de présenter son latéral face à la presse la veille d'un match aussi crucial. C'est un signal. Pas nécessairement celui d'une sérénité absolue, mais celui d'un groupe qui refuse de se laisser déstabiliser par l'agenda médiatique. Dans le football moderne, la gestion de la narration est presque aussi importante que la gestion du ballon.

Hakimi sera sur le terrain mardi soir. Sa vitesse, sa capacité à créer des supériorités dans le couloir droit, son sens du moment seront des armes précieuses face à un Liverpool de Arne Slot qui défend haut et presse avec une intensité constante. Le duel entre le Marocain et le couloir gauche des Reds sera l'un des matchs dans le match.

Mais dès mercredi matin, si le PSG est qualifié ou éliminé, l'affaire judiciaire reprendra sa place dans l'agenda. Le procès n'a pas de mi-temps. Et la question posée par cette soirée de conférence de presse — peut-on, doit-on, séparer l'homme du sportif quand la justice n'a pas encore tranché — restera entière, suspendue au-dessus des projecteurs du Parc des Princes comme une ombre que ni les buts ni les victoires ne feront vraiment disparaître. L'issue du match, quelle qu'elle soit, ne sera pas un verdict.

Ligue des ChampionsPSGAchraf HakimiLiverpoolFootballJustice

Articles similaires