Le PSG s'est relancé face à Nantes avec un doublé de Kvaratskhelia et une performance lumineuse de Doué. Paris reprend 4 points d'avance en Ligue 1.
Trois jours après la gifle reçue à Lyon, le Parc des Princes réclamait une réponse. Il en a eu une. Khvicha Kvaratskhelia et Désiré Doué ont pris les choses en main ce mercredi soir pour offrir au PSG un succès bonifié face à Nantes, histoire de souffler à nouveau dans le dos du peloton de Ligue 1 et de refermer les plaies d'un week-end douloureux.
Kvaratskhelia patron, Doué complice d'une soirée de gala
Le Géorgien avait mal débuté sa saison parisienne, scruté, jugé, parfois malmené par des attentes démesurées. Mais ce soir-là, il a répondu aux doutes avec la seule langue qui compte vraiment : celle des buts. Un doublé signé Kvaratskhelia, deux réalisations qui portent sa patte — l'accélération soudaine, le tir plein de certitude — et qui rappellent pourquoi le PSG a déboursé environ 70 millions d'euros pour l'arracher à Naples en janvier. Côté Doué, le jeune attaquant français a une nouvelle fois démontré qu'il n'avait pas volé sa place dans le onze de Luis Enrique. Technique, percussion, sens du collectif : Désiré Doué continue d'écrire son histoire dans la capitale à grande vitesse, confirmant que le recrutement du PSG en provenance du Stade Rennais était tout sauf un pari à l'aveugle.
La Nantes de Antoine Kombouaré, déjà friable défensivement cette saison, n'a pas pesé bien lourd face à l'intensité parisienne. Les Canaris ont subi, tenté de résister par séquences, mais l'écart de niveau entre les deux équipes a vite parlé. Le Parc des Princes, lui, a retrouvé la ferveur des soirs qui comptent.
Le spectre de Lyon vite effacé, mais le signe d'une fragilité persistante
Il ne faut pas oublier d'où venait Paris. La défaite à Lyon avait fait l'effet d'une douche froide sur un club qui s'était habitué à dominer le championnat de la tête et des épaules. L'Olympique Lyonnais avait mis en lumière une équipe parisienne encore capable de dérailler, de perdre ses repères, de concéder un match entier sur une poignée d'approximations. Luis Enrique l'avait lui-même reconnu en conférence de presse : son équipe avait été prise en défaut dans les transitions, un comble pour un groupe censé vivre et mourir par la possession.
Cette vulnérabilité, le PSG la traîne depuis le début de la saison comme un boulet discret. Si le bilan global reste largement positif — Paris compte désormais 4 points d'avance sur ses poursuivants en Ligue 1 — les contre-performances contre certaines équipes du haut de tableau continuent d'alimenter les interrogations. Combien de fois cette saison a-t-on vu le PSG s'endormir avant de devoir se réveiller en urgence ? Le match contre Nantes n'a pas effacé ces questions. Il les a temporairement mises en sourdine.
Ce qui rassure, en revanche, c'est la capacité de rebond. Répondre en 72 heures après une contre-performance, à domicile, avec un tel niveau de jeu : c'est exactement ce qu'on attend d'un candidat sérieux au titre. Et Luis Enrique, fidèle à sa philosophie, a encore tourné le bouton de l'intensité dans le bon sens au bon moment.
Un calendrier qui ne laissera aucun droit à l'erreur
La semaine de Paris ne fait que commencer. Entre les échéances européennes qui pointent à l'horizon et une Ligue 1 qui refuse de se laisser empocher trop tôt, le PSG va devoir jongler avec un calendrier compressé où chaque match compte double. Quatre points d'avance, c'est confortable sur le papier. Mais dans un championnat où Monaco, Marseille et d'autres prétendants refusent de lâcher prise, le moindre faux pas peut remettre la course au titre en question en l'espace d'un week-end.
Kvaratskhelia, lui, arrive à un moment charnière de sa saison parisienne. Après une période d'adaptation scrutée à la loupe, le Géorgien semble enfin trouver ses marques dans le système de Luis Enrique. Si ce doublé contre Nantes marque le début d'une série, le PSG aura peut-être trouvé l'arme offensive qui lui manquait pour tenir sur la longueur. Car Ousmane Dembélé, malgré son génie, ne peut pas tout porter seul — et la répartition des responsabilités offensives sera décisive dans les prochaines semaines.
Doué, de son côté, représente quelque chose de différent : la promesse d'un joueur en train de se construire sous nos yeux, dans le club le plus exposé de France, sans sourciller. À 19 ans, performer match après match au Parc des Princes, ce n'est pas anodin. C'est même rare.
Le PSG a remporté ce match. Mais la vraie question, celle qui agite les coulisses du club et les discussions des supporters, reste entière : cette équipe est-elle capable de tenir sur six mois sans trembler ? Les prochaines semaines apporteront des éléments de réponse bien plus parlants qu'une victoire contre Nantes, aussi convaincante soit-elle. Rendez-vous est pris.