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Football

Cuisance quitte Lens, l'ambitieux pari du Hertha Berlin

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Michael Cuisance s'envole vers Berlin après deux saisons pleines en deuxième division. Le milieu français quitte la Ligue 1 pour relancer sa carrière en Bundesliga 2.

Cuisance quitte Lens, l'ambitieux pari du Hertha Berlin

Onze buts et treize passes décisives en deux saisons, c'est le bilan que Michael Cuisance emporte du côté du Hertha Berlin. Pas mal pour un joueur qu'on croyait fini, enterré sous les doutes et les déboires parisiens. Et voilà que le milieu de terrain français revient à Lens, son ancienne tanière, le temps de boucler les derniers détails d'un transfert vers le club berlinois.

Le voilà bien loin, l'adolescent de dix-sept ans qui débarquait à Lorient comme la pépite du vivier français. Le voilà encore plus loin, ce jeune ambitieux qui rêvait de conquérir Paris. Entre les deux, il y a eu Gladbach, Borussia Mönchengladbach où il s'était échoué faute de constance. Il y a eu Everton en prêt, un cul-de-sac anglais à l'atmosphère glaciale. Il y a eu Nice, et puis Lens, ce refuge de Ligue 1 où il a pu respirer sans la pression de mille regards critiques.

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Mais à Lens, Cuisance n'a jamais vraiment explosé. Alors quand le Hertha Berlin l'a proposé à l'étage inférieur de la hiérarchie allemande, c'était un appel du pied autant qu'une offre sportive. Deux exercices de Bundesliga 2 où soudain le milieu a retrouvé ses jambes, sa décontraction, cette capacité à se jouer des défenses que Lorient voyait en lui à vingt ans. Onze petits buts pour un mec pas franchement butineur de nature, c'est le signe qu'il a regagné de la confiance, qu'il a retrouvé la verticalité dans ses appels de balle.

Un transfert à moins de cinq millions : la fuite en avant

Le montant ? Moins de cinq millions d'euros. C'est peu pour un joueur qui a porté les couleurs de la Bundesliga avec le Borussia, c'est peu pour quelqu'un qui a tenté sa chance en Premier League. C'est beaucoup pour Lens, qui avait peu d'options pour garder un élément qui commençait à peser trop lourd financièrement une fois ses salaires pris en compte.

Voilà la réalité des temps qui courent : même ceux qui retrouvent des couleurs doivent se battre pour justifier leur place. Cuisance n'a pas déçu au Hertha. Il n'a simplement pas embrasé. Et dans ce football où chaque mois coûte des dizaines de milliers d'euros, il faut continuer à avancer ou se résigner. Le Hertha, lui, y voit une opportunité. Cette deuxième division allemande, c'est une plateforme. Pas un terminus.

Reste une question : pourquoi Berlin abandonne-t-il à présent celui qu'il a eu tant de mal à convaincre de venir ? Les dossiers des clubs ne sont jamais simples. Le directeur sportif change, le nouvel entraîneur arrive avec ses certitudes, le contexte budgétaire se resserre. Cuisance n'a probablement pas vraiment eu l'occasion de prouver qu'il pouvait franchir l'échelon supérieur avec l'équipe berlinoise. Cinq millions d'euros, c'est le prix du doute organisé.

Quand la Bundesliga 2 devient la source de bons coups

Il y a quelque chose de fascinant dans la deuxième division allemande depuis quelques années : elle a cessé d'être un cimetière de carrières pour devenir un laboratoire de renaissance. Des joueurs qui semblaient finis y retrouvent une seconde jeunesse, une mentalité de guerrier, l'absence de ces projecteurs médiatiques qui écrasent.

Le Hertha sait bien que ce qu'il a récolté de Cuisance pendant deux ans, ce n'était pas du remplissage. C'était du vrai travail, de la vraie contribution offensive. Et maintenant il se dit que d'autres l'auront à meilleur prix. C'est la logique des clubs en crise de ressources. On prend ce qu'on peut avant que quelqu'un de plus puissant financièrement ne se présente à la porte.

Mais pour Cuisance lui-même, c'est quoi, cet épisode berlinois ? C'est une parenthèse qui remet le compteur à zéro. C'est la preuve qu'il peut encore déranger une défense, qu'il peut encore marquer des buts. Pas grand-chose dans le CV d'un joueur qui a explosé toutes les promesses initiales, d'accord, mais c'est quelque chose. C'est mieux que la trajectoire d'avant, faite de prêts discrets et de retours honteux.

Le retour à Lens : une figure de proue au crépuscule

Revoir Cuisance du côté du Racing, c'est voir un homme qui a compris qu'il devait descendre quelques étages pour continuer à jouer au football. Lens n'est pas une relégation sportive—c'est une Ligue 1 respectable, avec des ambitions modérées mais honnêtes. Pas Paris. Pas la Bundesliga première division en perspective. Juste le chemin qu'il faut parcourir quand on doit se reconstruire.

Il aura fallu du temps et plusieurs détours pour que Cuisance comprenne une vérité simple : on n'est pas obligé de jouer les premiers rôles partout. On peut être très bon en deuxième division. On peut contribuer à la Ligue 1 sans être une superstar. Et puis on verra ce qui vient après, si quelque chose doit venir.

Car c'est là le véritable enjeu maintenant. Avec ses buts berlinois en poche, Cuisance a une petite fenêtre pour gravir les échelons. Pas énorme, pas garantie, mais une fenêtre. Lens peut en être le marchepied ou le point final. Tout dépendra de ce qu'il fera de ses jambes et de sa tête entre maintenant et la fin de la saison. À trente et un ans, on n'a plus le droit à l'erreur. On n'a plus le droit à l'insouciance des beaux jours parisiens. Il faut marquer des buts, gagner des ballons, faire transpirer les défenseurs. C'est à ce prix qu'on reste vivant dans le football moderne.

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