Jonathan David inscrit un triplé magistral face au Qatar. Mais la Coupe du Monde canadienne est gâchée par une blessure inquiétante : celle d'Aurélien Koné, sortie en catastrophe du terrain.
Jonathan David a enfoncé le clou. Trois buts en quarante-cinq minutes, des appels répétés intelligents, une justesse de finition impeccable : l'attaquant du Lille s'est transformé en bourreau face au Qatar et a traîné le Canada vers une victoire écrasante, 6-0, qui arrive à point nommé en cette phase de groupes de la Coupe du Monde. Sauf qu'avant de célébrer cet exploit offensif, l'équipe canadienne doit d'abord digérer une mauvaise nouvelle de nature à ternir le moment de gloire.
David à trois buts, mais à quel prix
Jonathan David n'a pas fait de sentiment contre une défense qatarienne qui ressemblait à une passoire dimanche. Ses trois réalisations, marquées coup sur coup dans une première période où le Canada dictait sa loi, témoignent d'une mécanique de jeu qui tourne enfin à plein régime chez les Nord-Américains. Ce triplé propulse David parmi les goleadores du tournoi, mais surtout il offre au Canada une bouffée d'oxygène tactique après un démarrage chaotique.
Autour de lui, ses coéquipiers ont aussi faim. Alphonso Davies, l'arrière gauche du Bayern Munich, s'est montré dévastateur sur son flanc, créant des occasions à la pelle. Cyle Larin a ajouté deux buts, crowning une soirée où rien ne semblait échapper aux Canadiens. Le tableau d'affichage final, 6-0, aurait pu même être plus gonflé tant le Qatar, complètement débordé tactiquement, n'a jamais trouvé le rythme pour rivaliser.
Sauf que dans le vestiaire, l'atmosphère doit être mitigée. Car ce qui aurait dû rester une fête s'est terni d'une ombre bien réelle : celle de la blessure d'Aurélien Koné, survenue en deuxième période et qui a contraint le latéral du Borussia Mönchengladbach à quitter le terrain en urgence.
Koné gâche la fête du Canada
C'est dans les dernières minutes que Koné s'est effondré après un mouvement sans contact apparent. Selon les premières évaluations du staff médical canadien, la blessure revêt un caractère sérieux. À en croire l'entourage de l'équipe, il ne s'agit pas d'une simple contracture ou d'une contusion mineure : l'international canadien a dû être évacué du stade sous l'assistance du corps médical, incapable de continuer l'effort. Pour un joueur en plein tournoi mondial, c'est un scénario cauchemardesque.
Koné, 23 ans, incarne une génération nouvelle du football canadien, celle capable de rivaliser avec les géants européens. Défenseur gauche technique et rapide, il est devenu indispensable au projet de Jesse Marsch, le sélectionneur américain qui a pris les rênes de la sélection canadienne. La perte de cet élément clé constitue un vrai manque tactique, d'autant que le Canada dispose d'un groupe résumé et les doublures disponibles à ce poste ne possèdent pas le même profil d'athlète moderne.
Des examens complémentaires seront nécessaires pour évaluer l'étendue des dégâts. Mais à chaque heure qui passe, l'optimisme des médecins semble fondre. Si Koné doit déclarer forfait pour la suite de la compétition, c'est un coup dur pour les ambitions canadiennes dans ce tournoi où chaque élément du puzzle tactique compte.
Le Canada poursuivra sans son bastion défensif
Cette victoire massive arrive à un moment où le Canada avait besoin de respirer. Le contexte était compliqué : une première journée sans victoire, une pression montante sur le collectif, des critiques sur l'animation offensiv e. Contre le Qatar, tout a fonctionné. Et pour cause : l'adversaire n'avait aucune arme pour rivaliser. David en a profité. Les autres aussi.
Mais voilà, le sport s'amuse à ces contrastes cruels. Au moment où Jesse Marsch savoure une démonstration de force, il doit composer avec une absence majeure. Le prochain match, déterminant pour la qualification, arrive à grande vitesse. Le groupe doit vite faire le deuil de Koné s'il faut, et puiser dans les réserves pour trouver un remplaçant fiable à gauche. Parce qu'une victoire 6-0, même écrasante, ne vaut rien si elle se paie au prix d'une blessure grave qui handicape la suite.
Jonathan David repartira satisfait, mais pas soulagé. Son triplé restera en mémoire, c'est sûr. Mais il le sait comme tous ses coéquipiers : une Coupe du Monde se gagne collectivement, et chaque joueur compte. Koné en faisait partie. À présent, il faut espérer que les scanner ne confirmeront pas ce que beaucoup redoutent.