Un joueur spurs en remet une couche sur la défaite des Gunners au tir au but face à Paris. La rivalité nord-londonnienne monte crescendo.
Le penalty de Saka qui file dans le cosmos, celui de Martinelli qui s'écrase sur Donnarumma, et Arsenal qui rentre à la maison les mains vides après une séance de tirs au but perdue 4-3. Samedi soir, le PSG a décrié l'équipe de Mikel Arteta avec ce mélange de domination française et de froideur britannique qui caractérise les chocs continentaux. Mais à Tottenham, on ne regarde pas ça en silence. Au contraire. Les joueurs de la Tottenham Hotspur se délectent déjà du spectacle.
Depuis dimanche matin, l'échange entre les deux rivaux du nord de Londres s'est intensifié sur les réseaux sociaux. Un cadre des Spurs n'a pas résisté à l'envie de tacler ses voisins directs, pointant du doigt leur élimination prématurée face aux Parisiens. Le timing est cruel : Arsenal, qui surfait sur une dynamique remarquable en Premier League avec six victoires consécutives avant ce rendez-vous européen, se retrouve éjecté d'une compétition internationale majeure quand Tottenham rêve toujours de remonter au sommet.
La séance qui résume tout
Ce qu'il y a d'impitoyable dans le football moderne, c'est que la qualité du jeu devient accessoire dès que ça se joue à cinq mètres du gardien. Arsenal a dominé de larges portions du match face au PSG. Les statistiques le confirment : 61 pour cent de possession pour les Londoniens, qui ont créé au moins trois ou quatre occasions nettes. Mais c'est Luis Enrique qui rentre dans l'avion avec le sourire, pas Mikel Arteta.
La trajectoire des cinq derniers tirs d'Arsenal raconte une histoire de malchance, de pression et de technique qui flanche quand elle ne devrait pas. Donnarumma a eu besoin de repousser trois tentatives. Arsenal en a raté deux, ce qui est exactement le différentiel qui tue. Le PSG remporte sa deuxième couronne de la saison et raffermir son statut de géant européen, tandis qu'Arsenal découvre une nouvelle fois que la route vers les sommets continentaux passe par des épreuves de régularité et de sang-froid que même les meilleures académies ne peuvent garantir.
Pour Tottenham, cette débâcle rivale arrive au moment où le club tente de se reconstruire sous la direction d'Ange Postecoglou. Les Spurs, qui ont connu leurs propres déboires européens ces dernières années, regardent Arsenal chuter avec une satisfaction teintée d'ironie. Si les Gunners ne parviennent même pas à franchir les mailles des Parisiens, comment pourraient-ils dominer Tottenham en Premier League?
Quand le derby se joue aussi hors du terrain
La rivalité entre Arsenal et Tottenham ne s'éteint jamais. Elle pulse sous chaque balle perdue, chaque but inscrit, chaque victoire glanée en championnat. Mais elle prend une dimension supplémentaire quand l'un des deux clubs enregistre un revers humiliant sur la scène continentale. Les réseaux sociaux deviennent le nouveau stade, où les moqueries s'échangent en direct, sans filtre ni arbitre.
Ce qui fascine chez ces derbies du nord de Londres, c'est que la tension ne se dissipe jamais vraiment. Arsenal a dominé la période 2003-2015, puis Tottenham a pris l'ascendant avec la venue de Mauricio Pochettino. La lutte pour la suprématie est constante, vicérale même. Et quand un cadre des Spurs siffle une blague sur la débâcle parisienne d'Arsenal, c'est aussi une manière de dire : nous sommes mieux, plus forts, plus solides mentalement.
Sauf que Tottenham, actuellement, ne fait pas mieux que ses voisins en Premier League. Le club flotte entre la 8e et la 10e place, loin des positions de leader. Arsenal, elle, se bat pour le titre. Alors cette joute verbale ressemble un peu à celui qui se moque de son camarade de classe pour avoir échoué un examen, alors qu'il ne passe pas non plus le sien. Délicieux sur le moment, mais creux à long terme.
Qui rira le dernier en mai?
Le calendrier des deux rivaux diffère sensiblement jusqu'à la fin de la saison. Arsenal, éliminée des coupes continentales, pourra concentrer toute son énergie sur la Premier League et la Coupe d'Angleterre. C'est un énorme cadeau pour Arteta, qui pourra reposer ses cadres. Tottenham, lui, continue en Ligue Europa, ce qui signifie des trajets, de la fatigue, des équipes qui s'étiolent.
Historiquement, l'élimination précoce d'une équipe en coupe continentale peut s'avérer bénéfique à court terme mais catastrophique psychologiquement. Arsenal aura du temps pour oublier la séance du PSG, pour retrouver de la confiance face à des adversaires moins redoutables. Les Gunners ont les armes pour finir dans les quatre premiers et décrocher une place en Ligue des champions la saison prochaine.
Les moqueries des Spurs auront une saveur bien différente si, en mai, Arsenal finit à trois points du titre et Tottenham reste englué au milieu du classement. C'est ça aussi, le football : les rires d'aujourd'hui deviennent les silences honteux de demain. Tottenham peut ricaner maintenant. Mais Arsenal, elle, n'a plus d'excuses pour la fin de saison qui s'annonce.