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Lula veut Ancelotti et Neymar pour sauver le Brésil

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le président brésilien Lula a formulé une demande directe à Carlo Ancelotti pour emmener Neymar à la Coupe du monde 2026. Une ingérence politique qui enflamme le pays.

Lula veut Ancelotti et Neymar pour sauver le Brésil

Luiz Inácio Lula da Silva n'est pas sélectionneur, mais il se prend pour l'être. Le président de la République fédérative du Brésil a contacté Carlo Ancelotti pour lui demander expressément d'intégrer Neymar Jr dans sa liste pour la Coupe du monde 2026. Une démarche aussi audacieuse qu'inédite, qui en dit long sur l'état de fébrilité dans lequel se trouve le football brésilien à moins de deux ans de l'échéance mondiale. Et ce n'est pas la virée nocturne de l'ancien numéro 10 du Paris Saint-Germain, aperçu en pleine fiesta à Santos dans la nuit de mercredi à jeudi, qui va calmer les esprits.

La requête présidentielle qui secoue la Seleção

Que le chef d'État d'une nation de 215 millions d'habitants s'immisce dans les choix techniques d'un sélectionneur, voilà qui n'est pas banal. Pourtant, Lula assume. Sa conviction est simple, presque brutale : sans Neymar, le Brésil ne peut pas gagner. Une logique affective, patrimoniale même, qui fait fi des réalités sportives d'un attaquant de 34 ans dont le corps ne cesse de se rebeller depuis trois ans.

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Carlo Ancelotti, lui, se retrouve dans une position délicate. L'entraîneur italien, arrivé sur le banc de la Seleção en janvier 2025 après une décennie de succès au Real Madrid — où il a décroché deux Ligue des Champions en moins de trois ans —, avait pourtant semblé vouloir tourner la page de l'ère Neymar. Construire quelque chose de neuf, de collectif, loin des tribulations personnelles de la star de Santos. La demande de Lula rebat les cartes. Difficile de dire non au Palácio do Planalto.

Selon les informations qui filtrent du Brésil, l'échange entre le président et le technicien de Reggiolo aurait été direct. Lula aurait insisté sur la dimension symbolique du numéro 10 brésilien, arguant que Neymar représente bien plus qu'un footballeur pour le pays hôte de la Coupe du monde 2026 — disputée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Une compétition que le Brésil aborde avec une pression immense, lui qui n'a plus soulevé le trophée depuis 2002 au Japon et en Corée du Sud.

Neymar, une légende en chute libre depuis Doha

Tout cela serait différent si Neymar était en forme. Le problème, c'est qu'il ne l'est plus. Pas vraiment. Depuis la rupture des ligaments croisés du genou gauche subie lors de la Coupe du monde 2022, l'attaquant né à Mogi das Cruzes n'a disputé que 7 matchs officiels en deux ans et demi, entre blessures à répétition, opérations et périodes de rééducation interminables. Son passage à Al-Hilal en Arabie saoudite est un fiasco total : zéro minute jouée en Ligue des Champions asiatique, un contrat rompu à l'amiable en janvier 2025.

Son retour à Santos, le club de ses débuts, ressemblait à un conte de fées. Ça ressemble de plus en plus à un adieu prolongé. Physiquement diminué, sportivement fantomatique, Neymar peine à enchaîner les entraînements sans incident. Et ses sorties nocturnes — dont la dernière en date à Santos, filmée et partagée sur les réseaux sociaux, a provoqué une nouvelle vague d'indignation au Brésil — alimentent un doute profond sur son état d'esprit et sa capacité à se remettre au niveau d'une compétition mondiale.

La réalité des chiffres est impitoyable. À 34 ans, Neymar aurait besoin de rejouer régulièrement d'ici à juin 2026 — soit dans moins de 14 mois — pour espérer retrouver le niveau physique et le rythme indispensables à un Mondial. Aucun sélectionneur sérieux ne peut se permettre de parier sur un joueur qui n'a pas terminé un match complet depuis plus de deux ans. Même si ce joueur s'appelle Neymar.

Ancelotti face à un choix qui définira son mandat

Pour Carlo Ancelotti, la question dépasse le simple cas Neymar. Ce que Lula lui demande, c'est de plier ses convictions sportives à une logique politique et populaire. Un précédent redoutable. Si le technicien italien cède, il s'expose à perdre en crédibilité auprès de ses joueurs et de son staff. S'il refuse, il risque de s'aliéner le pouvoir politique dans un pays où le football est une religion d'État.

L'homme qui a remporté la Ligue des Champions avec le Milan AC, Chelsea, et à deux reprises avec le Real Madrid sait pourtant mieux que quiconque ce qu'il faut pour gagner. Son bilan au Real Madrid — quatre titres de champion d'Espagne et deux C1 en six saisons — repose sur des choix forts, parfois impopulaires. Karim Benzema avant tout le monde, Toni Kroos rappelé in extremis pour l'Euro 2024 : Ancelotti n'a jamais eu peur de prendre des décisions qui surprennent, à condition qu'elles servent le collectif.

Mais sélectionner une équipe nationale n'a rien à voir avec entraîner un club. La pression populaire au Brésil est d'une autre nature. La Seleção, c'est l'âme du pays. Et Neymar, qu'on le veuille ou non, reste pour des millions de Brésiliens le symbole d'une génération dorée qui n'a jamais tenu ses promesses au niveau planétaire. Cinq fois finaliste du Ballon d'Or, champion olympique en 2016, mais absent du palmarès mondial. Le fantôme d'une carrière inachevée.

Ancelotti devrait rendre ses premières listes importantes dans les prochaines semaines, avec des matchs de qualification pour la Coupe du monde Conmebol en ligne de mire. Ces rencontres constitueront un premier test révélateur de sa véritable philosophie. Soumettra-t-il une Seleção libérée de ses icônes vacillantes, tournée vers Rodrygo, Vinícius Júnior ou Endrick ? Ou ouvrira-t-il la porte à un Neymar de courtoisie, sous pression présidentielle ? La réponse d'Ancelotti définira non seulement son mandat brésilien, mais peut-être aussi les ambitions réelles d'un pays qui a soif de reconquête mondiale. Lula a posé sa question. Le monde du football attend la réplique du maestro italien.

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