Le patron de la fédération marocaine justifie le titre attribué aux Lions de l'Atlas et ravive les tensions avec Dakar, à un mois de la Coupe du monde 2026.
Fouzi Lekjaa n'a pas la langue de bois. Alors que le Maroc fête son sacre à la Coupe d'Afrique des nations 2025, le président de la Fédération royale marocaine de football en a remis une couche face aux Sénégalais, relançant une querelle qui empoisonne le foot africain depuis des mois. Les déclarations du patron de la Fédération marocaine sonnent comme une réponse directe aux critiques en provenance de Dakar, où l'on conteste fermement la légitimité du titre décroché par les Lions de l'Atlas.
Quand Lekjaa sortilège ses arguments
Le responsable marocain s'est appuyé sur les performances de ses hommes pour justifier la couronne. Un titre qui n'a rien d'usurpé, selon lui. Les chiffres parlent : le Maroc a franchi tous les obstacles avec une autorité certaine, s'imposant face aux meilleurs défenses du continent. Mais au-delà des statistiques, Lekjaa n'a pas hésité à faire le procès de ses détracteurs, particulièrement du Sénégal, qui considère avoir été victime d'une injustice lors de la compétition.
Les tensions entre les deux nations remontent à l'hiver dernier. Un incident qui n'a jamais vraiment été digéré à Dakar. Lekjaa, en renforçant son argumentaire, ravive donc les braises d'un conflit qui risque de peser sur le climat du football africain dans les prochains mois. À trois semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, cette guerre froide entre deux des meilleures sélections du continent arrange-t-elle vraiment quelqu'un ? C'est la vraie question.
Le Sénégal ne digère pas sa sortie
La Teranga ne cache pas son amertume. Les Sénégalais estimaient être les favoris incontestés pour remporter cette édition 2025 de la CAN. Une élimination prématurée a laissé des traces, et les accusations de favoritisme envers le Maroc fusent depuis Dakar. Le timing choisi par Lekjaa pour justifier le titre marocain ressemble donc à une provocation volontaire, une façon d'enfoncer davantage le couteau dans la plaie.
Les mots du président de la Fédération marocaine véhiculent un message clair : le Maroc ne se laissera pas dicter sa victoire. Les Sénégalais auront beau contester, les faits sont là. Les Lions de l'Atlas se sont imposés sur le terrain. Point final. Or, dans le foot africain, ce genre de posture tranchante crée des précédents dangereux. Les rivalités régionales sont d'ores et déjà exacerbées ; ajouter de l'huile sur le feu n'aide personne.
Une CAN 2025 qui entache les préparatifs mondiaux
Le calendrier international complique singulièrement le tableau. Moins d'un mois sépare la fin de la CAN du début de la Coupe du monde 2026. Or, le Maroc et le Sénégal sont tous deux qualifiés pour le Mondial. Ils y défendront les intérêts de l'Afrique. Mais comment bâtir une dynamique positive avec ce climat délétère en arrière-plan ? Les entraîneurs des deux sélections devront jongler avec un environnement médiatique explosif.
Le Maroc, fort de son titre continentel, arrivera à la Coupe du monde 2026 avec une confiance revigorée. Le Sénégal, lui, portera le poids de son elimination prématurée et des regrets. C'est peut-être le vrai danger : que cette cicatrice s'aggrave au fil des semaines et ne finisse par handicaper l'une de ces deux équipes au moment du plus grand rendez-vous planétaire du football.
Fouzi Lekjaa aurait pu choisir la retenue et la diplomatie. Au lieu de cela, il a préféré marteler la supériorité marocaine. C'est un droit, assurément. Mais c'est aussi une responsabilité que de ne pas ajouter de tensions inutiles à un continent où le football doit être un vecteur d'unité, pas de division. Les prochaines semaines diront si cette déclaration restera une simple passe d'armes ou si elle marquera durablement les esprits avant le grand rendez-vous de 2026.