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Saint-Étienne sombre à Rodez, Montanier dans la tourmente

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Défaite à l'extérieur et tensions explosives dans les travées. L'AS Saint-Étienne traverse une zone de turbulences où le doute gagne même le banc de touche.

Saint-Étienne sombre à Rodez, Montanier dans la tourmente

Les murs de Rodez ont entendu ce qu'on ne voulait pas entendre au Forez. Samedi soir, l'AS Saint-Étienne a craqué en Aveyron, perdant 2-1 face à une équipe qui ne jouait pas pour l'Europe ni pour le podium. Pire que le résultat lui-même : la réaction du banc stéphanois après le coup de sifflet final. Philippe Montanier, l'entraîneur qui doit redresser la maison verte, s'est retrouvé face à face avec la fureur des supporters. Les cris, les gestes. L'image d'un club qui se désagrège lentement, qu'on croyait pourtant en voie de reconstruction.

Quand Rodez devient le tombeau des ambitions

Rodez n'est pas un cimetière de prestige. C'est un club sérieux, bien organisé, qui joue son jeu en Ligue 2 sans prétendre dominer le monde. Que Saint-Étienne s'y incline, c'est la chose la plus naturelle du calendrier. Sauf quand on regarde comment ça s'est produit. Les Verts n'ont pas été submergés tactiquement. Ils ont été étouffés mentalement. Deux buts encaissés, comme si la concentration était ailleurs, comme si le groupe avait rangé les armes psychologiques dans les vestiaires à mi-temps.

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Cette défaite intervient dans une série qui commence à ressembler à une spirale. Saint-Étienne, censé mettre fin à son errance en Ligue 2, peine à assembler les résultats nécessaires pour revenir où il estime être sa place. Le calendrier s'accélère, les points s'envolent, et voilà que l'entraîneur devient le paratonnerre. C'est l'ordre naturel des choses en football français : quand tout vacille, c'est toujours le technicien qui absorbe les coups. Philippe Montanier n'a peut-être pas mérité cette excoriation samedi, mais il incarnait samedi soir quelque chose de plus large : une équipe qui se cherche et ne se trouve pas.

La trajectoire de Saint-Étienne reste néanmoins singulière. Ils sont 6e, à seulement trois points de la première place du groupe où ils évoluent. Le scénario catastrophe n'est pas écrit. Mais les fissures s'élargissent à chaque faux pas, et Rodez ressemblait surtout à une mauvaise gestion d'énergie mentale — le pire diagnostic qu'un entraîneur puisse recevoir.

Les tourments d'une maison en perpétuelle reconstruction

Saint-Étienne existe depuis 1919. Pendant décennies, c'était un monument, une université du football français où les légendes se forgeaient. Puis le temps a fait son œuvre. L'Étape vers la Ligue 2 en 2022 ressemblait à un séisme structural. Ce n'était pas une relégation ordinaire ; c'était la fin d'une époque, le basculement d'un grand club vers l'humilité.

Depuis, Saint-Étienne tâtonne. Les entraîneurs se succèdent, les projets se chevauchent, et les supporters oscillent entre l'espoir que le retour arrive vite et la crainte qu'on s'éternise en division inférieure. Montanier est le troisième coach depuis 2023. Ce n'est jamais bon signe. Cela traduit une instabilité à la tête qui perturbe le groupe, même si chaque changement semblait justifié sur le moment.

Les murs du Stade Geoffroy-Guichard pèsent lourd quand les choses vont mal. Ils pèsent même très lourd. Les supporters stéphanois ne sont pas n'importe quel public : ce sont des héritiers d'une gloire passée, de dix titres de champion, d'une identité forte. Quand le club bafouille, quand les résultats patinent, ce n'est pas juste une équipe de Ligue 2 qui déçoit — c'est toute une région qui voit ses rêves collectifs s'effriter. La tension de samedi à Rodez n'est donc pas une anecdote. C'est le symptôme d'une impatience légitime qui commence à devenir agressive.

L'ambivalence d'une attente qui se radicalise

Montanier hériterait d'une mission quasi impossible si les attentes n'étaient pas aussi dévorantes. Redresser un géant en chute libre, ce n'est jamais un exercice mécanique. Il faut stabiliser, regagner la confiance, construire une dynamique. Tout cela prend du temps. Or, les supporters de Saint-Étienne — légitimement — refusent cette temporalité.

On pourrait imaginer que le coach français jouit d'une certaine indulgence, qu'une défaite loin de la maison ne devrait pas déclencher une confrontation avec les fans. Sauf que le contexte crée des attentes : avec 6e et une belle avenue vers le haut, chaque contre-performance devient insupportable. Chaque glissement ressemble à du déni de réalité. Les supporters se demandent si on fait vraiment tout pour revenir, ou si on se satisfait de gérer une lente agonie.

La scène de samedi sera analysée en coulisses. Les dirigeants stéphanois doivent choisir : maintenir Montanier et lui accorder une vraie fenêtre de transfert pour ajuster son effectif, ou croire que le problème réside ailleurs. Le vrai test n'aura pas lieu à Rodez — il aura lieu au Forez, dans les travées chaudes du Geoffroy-Guichard, quand Saint-Étienne y recevra un rival. Là, on verra si le groupe peut transformer la frustration en carburant ou s'il va basculer en défiance interne.

Ce qui s'est passé samedi en Aveyron n'est qu'une étincelle. L'incendie, lui, se construit lentement, match après match, tension après tension. Saint-Étienne en sort-il, ou glisse-t-il vers le scénario noir qu'aucun dirigeant ne veut avouer ? Les trois prochaines semaines fourniront des réponses.

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