Neal Maupay a inscrit le but libérateur face à la Real Sociedad. Séville remonte provisoirement hors de la zone rouge et relance son espoir de survie en Liga.
Neal Maupay a fait taire les derniers doutes qui étouffaient le Ramón Sánchez Pizjuán. À la 34e journée de Liga, l'attaquant français a planté le but salvateur face à une Real Sociedad venue chercher des points en Andalousie. Un succès qui repositionne Séville hors de la zone des descentes et redonne une bouffée d'oxygène à un club qui suffoquait depuis des semaines.
Depuis son arrivée en janvier, Maupay n'avait pas vraiment pesé. Critiqué pour son manque de tranchant offensif, souvent remplaçant, l'ancien Brightonien avait dû composer avec une adaptation compliquée et une équipe en pleine turbulence. Mais dimanche, il a montré pourquoi Séville avait parié sur lui malgré un mercato hivernal jugé timide. Une frappe décisive au moment où les Sévillans en avaient le plus besoin.
Une première période où personne n'a voulu se mouiller
Le ton du match était donné d'emblée : prudent, crispé, deux équipes préférant conserver plutôt que de briller. La Real Sociedad, bien classée mais sans ambition folle en cette fin de saison, venait chercher une rémis pour consolider sa position. Séville, traumatisée par ses dernières semaines chaotiques, ne pouvait pas se permettre de dérouler un football spectaculaire. Il fallait un résultat, point barre.
Les 45 premières minutes ont ressemblé à un bras de fer tactique. Peu d'occasions, peu de dynamique, peu de raisons de se lever de son canapé pour les neutres. Mais pour les supporters du Pizjuán, chaque action était chargée de tension. Séville traînait une réputation de mauvaise gestion, de vestiaire fragile, d'un projet sportif en panne. Trois points d'avance seulement sur la zone dangereuse. Un bilan qui donnait des cauchemars à la direction.
Maupay brise l'impasse et redonne un horizon
La deuxième période a apporté ce que la première refusait : un déverrouillage. Maupay a frappé au moment où Séville commençait à douter, transformant une action où le collectif avait enfin trouvé du rythme. Ce but, c'était plus qu'un simple 1-0. C'était la preuve que le bateau ne coulerait pas, que cette équipe avait encore des ressources, que la panique n'était pas inévitable.
Le français a retrouvé sa place de titulaire et a justifié sa sélection en montrant une efficacité que certains commençaient à remettre en question. À 29 ans, Maupay n'est pas un jeune feu follet qu'on peut laisser au garage indéfiniment. C'est un professionnel qui sait scorer quand ça compte. Dimanche, il l'a prouvé.
Autour de lui, le bloc sévillan a progressivement imposé sa domination. La Real Sociedad n'a pas trouvé les failles. Les latéraux basques, souvent si dangereux, ont été contenus. Et Séville a géré l'essentiel : conserver son avantage jusqu'au coup de sifflet final. Une victoire de guerrier, pas de classe, mais parfois en football, c'est exactement ce qu'il faut.
Un sursaut qui ne suffit pas à tirer la couverture
Remonter au-dessus de la ligne rouge après cette victoire, c'est bien. Mais il ne faut pas se leurrer : Séville reste en sursis. Avec 11 journées à disputer, le classement peut bascule en quelques matchs. Les concurrents directs ne dorment pas, et chaque faux pas sera fatal. Le club andalou doit transformer ce succès en dynamique, pas en parenthèse de rêve.
Le projet sévillan, malmené depuis plusieurs mois, a besoin de stabilité. Maupay doit continuer à peser, c'est évident. Mais il doit aussi être soutenu par un collectif plus cohérent, des transitions plus nettes, une organisation défensive moins branlante. Dimanche, tout cela a fonctionné. Mardi prochain ? On verra bien.
Pour l'instant, le Pizjuán a changé d'atmosphère. Ce but de Maupay, c'est la mèche qui rallume l'espoir. Pas la certitude de la survie, mais l'conviction qu'elle est possible. En Liga, quand tu comptes neuf points de plus que la zone dangereuse avec onze matchs à jouer, ça change tout. Séville respire. Maupay a offert ce cadeau au club. À lui de prouver que ce n'était pas un coup du hasard.