Auteur d'une finale de Coupe des Pays-Bas époustouflante, Kees Smit attise les convoitises du FC Barcelone et du Real Madrid. Le joueur a évoqué son avenir.
Cinq buts, un titre, et deux mastodontes espagnols qui se positionnent déjà. La finale de la Coupe des Pays-Bas disputée dimanche dernier a tout changé pour Kees Smit. L'AZ Alkmaar a écrasé NEC Nimègue 5-1 pour décrocher son premier trophée depuis 2013 — une éternité dans le football néerlandais — et au lendemain de cette démonstration collective, c'est le nom de Smit qui résonne dans les couloirs de deux des plus grands clubs du monde. Selon nos informations, le FC Barcelone et le Real Madrid auraient toutes deux activé leurs réseaux pour évaluer la situation contractuelle du joueur. L'été s'annonce brûlant pour l'AZ Alkmaar.
Une finale pour se révéler au monde entier
Il y a des matchs qui servent de vitrine. Celui du Feyenoord Stadium, dimanche, en était un. Face à NEC Nimègue, l'AZ Alkmaar n'a laissé aucune chance à son adversaire. Cinq buts, une maîtrise totale, et dans l'entrelacement de ce collectif bien huilé, Kees Smit a brillé de mille feux. À en croire l'entourage du joueur, plusieurs scouts étaient présents dans les tribunes, carnet à la main. Le timing est parfait : le mercato estival ouvre ses portes dans quelques semaines, et les deux géants de la Liga ne cachent plus leur intérêt.
Le FC Barcelone traverse une période de reconstruction permanente sous la houlette de Hansi Flick. Les Blaugranas cherchent des profils capables de s'intégrer rapidement dans un système exigeant, sans nécessiter une période d'adaptation de six mois. Smit, formé au pressing néerlandais, coche apparemment plusieurs cases. Du côté du Real Madrid de Carlo Ancelotti, la logique est différente : les Merengues gèrent la succession de plusieurs cadres en fin de cycle, et anticipent avec méthode. Deux philosophies de recrutement opposées, mais une cible commune.
Ce n'est pas anodin. L'Eredivisie et l'équipe B européenne de l'AZ Alkmaar ont produit ces dernières années plusieurs joueurs partis directement frapper aux portes des meilleurs clubs continentaux. Tijjani Reijnders, aujourd'hui au Milan AC, en est l'exemple le plus récent. La filière néerlandaise vers l'élite européenne est bien rodée, et les dirigeants de l'AZ le savent mieux que personne : retenir leurs meilleurs éléments relève chaque été du défi existentiel.
- 5-1 : score de la finale de la Coupe des Pays-Bas remportée par l'AZ Alkmaar contre NEC Nimègue
- 2013 : dernière année où l'AZ Alkmaar avait soulevé un trophée national avant ce dimanche
- 2 clubs : FC Barcelone et Real Madrid, les deux formations espagnoles identifiées dans le dossier Smit
- Top 5 : l'AZ Alkmaar figure parmi les cinq clubs néerlandais ayant exporté le plus de joueurs vers les cinq grands championnats européens sur les dix dernières saisons
Smit parle, l'AZ s'inquiète, l'Espagne attend
Interrogé après le coup de sifflet final dimanche, Kees Smit n'a pas joué la carte de la langue de bois. Pas de non-réponse polie, pas de formule creuse du type « je suis concentré sur mon club ». Selon nos informations, le joueur aurait reconnu que la situation était « ouverte » et qu'il prendrait le temps d'analyser ses options avec son entourage dans les prochaines semaines. Une formulation qui, dans le langage feutré du football professionnel, signifie souvent que la décision est déjà en cours.
Pour l'AZ Alkmaar, le scénario est connu et redouté. Le club de la ville nord-hollandaise a bâti sa réputation sur un modèle économique précis : identifier les talents tôt, les développer intelligemment, les revendre au prix fort. La Coupe des Pays-Bas remportée dimanche renforce certes le prestige du club, mais elle agit aussi comme un accélérateur d'attractivité pour les prétendants extérieurs. Plus l'AZ brille, plus ses joueurs exposent leur valeur. Le paradoxe du succès dans le football moderne.
La question financière est centrale. Le Real Madrid et le FC Barcelone n'opèrent pas dans la même galaxie budgétaire que l'AZ Alkmaar. Même dans un contexte de rigueur financière — le Barça notamment jongle encore avec les règles du fair-play financier de La Liga — les deux clubs espagnols restent capables de formuler des offres hors de portée des clubs néerlandais. L'AZ devra décider s'il préfère vendre cet été à un prix maximal ou risquer de perdre son joueur dans un an dans des conditions moins favorables. Un calcul que les directeurs sportifs néerlandais connaissent par cœur.
À en croire plusieurs sources proches du dossier, aucune offre formelle n'aurait encore été transmise aux dirigeants de l'AZ. On en est au stade des sondages, des appels discrets, des intermédiaires qui tâtent le terrain. Mais la machine est lancée. Et dans ce type de dossier, les choses peuvent s'emballer très vite une fois que le mercato ouvre officiellement.
Reste une inconnue majeure : la préférence personnelle du joueur. Barcelone ou Madrid, ce n'est pas le même projet sportif, pas la même ville, pas la même culture de club. Les deux destinations font rêver, mais pour des raisons différentes. Le Barça vend une identité footballistique, un style reconnaissable. Le Real Madrid vend un palmarès, une histoire, une aura planétaire. Pour un joueur néerlandais habitué au jeu positionnel, l'attrait du projet Flick à Barcelone pourrait peser lourd dans la balance.
L'été dira si Kees Smit reste l'un des visages de la reconstruction de l'AZ Alkmaar ou s'il rejoint la longue liste des pépites néerlandaises exportées vers le soleil espagnol. Une chose est sûre : dimanche, en soulevant la Coupe des Pays-Bas après douze ans d'attente, l'AZ Alkmaar a offert à son joueur la meilleure des vitrines. Le reste ne dépend plus vraiment d'eux.