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Vitinha retrouve son sourire à Gênes grâce à De Rossi

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Depuis l'arrivée de Daniele De Rossi au Genoa en novembre, Vitinha brille enfin. L'entraîneur a trouvé la clé pour transformer le buteur en latéral décalé.

Vitinha retrouve son sourire à Gênes grâce à De Rossi

Vitinha n'est pas un numéro 9. C'est la sentence qu'a lâchée Daniele De Rossi en prenant les rênes du Genoa, comme une évidence qui aurait échappé à tous ses prédécesseurs. L'ancien défenseur romain, nommé à la tête du club ligure en novembre 2025, n'a pas tardé à révolutionner le positionnement de l'international portugais, transformant six mois d'errance tactique en une renaissance spectaculaire. Vitinha porte effectivement le numéro 9 sur le dos, mais c'est presque par accident administratif.

De Rossi a transformé un avant-centre en fantôme latéral

Voilà le paradoxe génois : un joueur recruté définitivement en 2024 pour marquer les buts, qui explose enfin quand on le demande de faire tout sauf ça. Vitinha a traversé le début de saison comme une ombre, emprisonné dans le rôle classique du numéro 9. Les défenses adverses le cernaient, les ailiers ne le trouvaient pas, et lui tournait en rond dans la surface. Les chiffres racontaient une histoire tristounette : quelques ballons touchés, peu de combinaisons créatives, zéro étincelle.

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Puis De Rossi est arrivé. Pas avec un discours révolutionnaire, mais avec une observation simple et chirurgicale. Le Portugais possède une mobilité que peu de centre-avant traditionnels offrent. Il a du ballon, il peut créer de l'espace, il bouge sans cesse. Pourquoi l'enfermer dans une boîte de numéro 9 basique ? L'entraîneur gênois a eu l'audace de le basculer en latéral décalé, légèrement reculé, proche de la ligne mais libre de circuler vers l'intérieur. Un rôle hybride. Un faux-neuf qui n'en était pas vraiment un.

Depuis cette transition, Vitinha respire différemment. Il accumule les passes décisives, il provoque des décalages d'équilibre dans le milieu adverse, il donne une profondeur nouvelle à l'attaque génoise. Les latéraux de De Rossi — puisque c'est bien de ça qu'il s'agit — ont besoin de joueurs polyvalents capable de les suppléer dans la construction. Vitinha est devenu ce partenaire idéal, ce chaînon manquant qui libère enfin le potentiel d'une équipe en pleine reconstruction.

Gênes retrouve une cohérence offensive qui lui manquait

Le Genoa était bloqué. Les résultats n'étaient pas catastrophiques, mais il manquait quelque chose. Une logique. Une vraie identité de jeu. De Rossi a apporté la structure ; Vitinha en a fourni la fluidité. En quelques semaines, l'équipe a commencé à ressembler à quelque chose, à enchaîner les séquences construites plutôt que de se battre contre les statistiques.

Le changement de rôle de Vitinha s'inscrit dans une philosophie plus large : faire jouer les forces de chaque joueur plutôt que de les forcer à s'adapter à un moule prédéterminé. De Rossi a toujours raisonné ainsi pendant sa carrière de joueur — lui qui a incarné le milieu total, capable de détendre ou d'attaquer selon les besoins. Il reproduit ce schéma au Genoa. Matteo Ricci, Morten Thorsby, les autres pièces du puzzle genois ont aussi mieux trouvé leur place dans ce nouveau système.

Les chiffres commencent à s'améliorer : plus de passes clés par match pour Vitinha, une meilleure efficacité globale de l'attaque génoise, une complémentarité accrue entre les lignes. Ce ne sont pas encore des montagnes, mais pour un club qui transitait tant bien que mal il y a trois mois, c'est déjà visible à l'œil nu.

  • Plus de 40% d'amélioration dans les actions de jeu impliquant Vitinha depuis novembre
  • Quatre passes décisives en six semaines contre une seule en trois mois avant
  • Taux de possession amélioré d'environ 8 points en moyenne depuis l'arrivée de De Rossi
  • Cinq matches sans défaite en janvier, la meilleure séquence de la saison

Ce qui rend l'histoire encore plus savoureuse, c'est que Vitinha lui-même semblait résigné. Un joueur en manque de confiance, pointé du doigt pour son inefficacité, en perdition dans une Serie A sans compromis. De Rossi a simplement changé la conversation. Au lieu de « pourquoi ne marques-tu pas plus », la question est devenue « comment peux-tu nous rendre meilleurs sur le terrain ». Pour beaucoup de joueurs en crise, c'est la différence entre l'oubli et la résurrection.

Le Genoa n'a pas aspiré à des sommets cette saison — la reconstruction se fera graduellement. Mais avec De Rossi et cette version réinventée de Vitinha, le club a enfin trouvé une direction. Ce qui semblait être un faux pas l'été dernier — la signature définitive d'un avant-centre décevant — pourrait devenir l'une des bonnes affaires de l'entraîneur. À condition que personne d'autre n'ait l'idée folle de vouloir le transformer en vrai numéro 9.

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