Ronald Koeman jette l'éponge après l'élimination au Mondial. La fédération néerlandaise pense à Arne Slot pour redorer le blason orange.
Ronald Koeman a rangé le costume. Point final. L'élimination brutale contre le Maroc en huitièmes de finale de la Coupe du monde au Qatar, c'était un coup de massue pour l'orgueil néerlandais, et le sélectionneur sortant a choisi de tirer les conclusions qui s'imposaient. Voilà les Pays-Bas orphelins, sans visage, sans projet clair. Et voilà que les regards convergent vers celui qui cartonne actuellement sur les bancs de la Premier League : Arne Slot.
Quand la Fédération néerlandaise cherche du prestige outre-Manche
Slot à Liverpool, c'est peu dire. Le technicien de 45 ans a débarqué en septembre dernier et les Reds n'ont pas tardé à montrer qu'ils avaient récupéré un entraîneur d'une exigence rare. Depuis le début de la saison 2023-2024, son équipe respire, joue du football débordant d'idées. Les résultats suivent : Liverpool trône dans les hauts du classement anglais, et Slot a déjà imposé sa marque tactique sans détruire ce qui fonctionnait avant. C'est rare, ça, un coach qui arrive quelque part et qui ne refait pas tout au bulldozer.
Pour la Fédération royale néerlandaise de football, c'est évidemment alléchant. Arne Slot, c'est la promesse d'une ligne claire, d'une philosophie moderne sans renier l'héritage orange. Il connaît l'exigence, les grandes compétitions, il a déjà géré des équipes sous pression. Et surtout, lui, il gagne. Pas systématiquement, bien sûr, mais avec une constance qui rassurerait les Néerlandais après le traumatisme du Mondial qatari.
Reste que voilà le problème majeur : Arne Slot est engagé jusqu'en 2026 à Liverpool. Le club anglais n'a aucune raison de le libérer, et les Reds viennent à peine de commencer leur histoire avec lui. C'est un énorme obstacle, presque infranchissable. La Fédération néerlandaise aurait-elle vraiment les moyens de convaincre Liverpool de se priver de son technicien à peine installé ? C'est une autre question.
Les Pays-Bas face au vide, cherchant un chef d'orchestre d'expérience
L'élimination contre le Maroc, c'était brutal mais révélateur. Une sélection sans projet clair, sans véritable hiérarchie tactique, sans ce petit truc qui fait la différence en phase éliminatoire. Koeman avait ses qualités, mais après le revers, il a pris la décision la plus honnête : partir. Les Néerlandais respectent ça. Un coach qui s'en va plutôt que de se battre pour rester, c'est paradoxalement plus honorable ici que la plupart des changements imposés.
Mais voilà, maintenant quoi ? Les candidats naturels, ce ne sont pas les superstars du jour. Slot est hors de portée sauf miracle. Il y a Frank de Boer, qui a déjà fait le job, mais le retour du chat n'est jamais aussi chaud que la première fois. Giovanni van Bronckhorst a montré des choses à Rangers, même s'il y a eu des hauts et des bas. Dick Advocaat ? Respecté à mort, figure de légende, mais presque 76 ans.
Ce qui pèse sur les épaules de la fédération, c'est plus qu'un simple turnover. C'est la reconstruction d'une hiérarchie mentale. Les Pays-Bas ont besoin de quelqu'un qui croit au projet orange, qui peut convaincre Virgil van Dijk, Frenkie de Jong, Memphis Depay, tous les autres que le pire est derrière eux. C'est un travail de psychologue autant que de tactticien.
Slot reste le Graal, mais pas pour demain
Arne Slot demeure le profil rêvé pour la majorité des observateurs néerlandais. Pourquoi ? Parce qu'il représente la modernité sans renier le DNA néerlandais, parce qu'il gère de vraies stars sans en faire ses esclaves, parce qu'il a prouvé qu'il pouvait bâtir quelque chose de solide et joueur. Feyenoord, AZ Alkmaar, puis Liverpool : c'est une trajectoire qui parle d'elle-même.
Sauf que Liverpool le garde. Et Liverpool gardera Slot au moins jusqu'au prochain grande fenêtre de mercato estivale, probablement au-delà. Les Reds ne sont pas des enfants de cœur à qui on souffle un coach en cours de route. Si la Fédération néerlandaise insiste vraiment, il faudrait des sommes extravagantes, des promesses démentielles, ou un miracle diplomatique. Rien de cela ne semble en vue.
Donc la Fédération doit explorer d'autres pistes. Rapide. Le prochain grand rendez-vous, c'est l'Euro 2024. Pas de temps à perdre, pas de mois de tâtonnements. Qui qu'on engage, il devra entrer en action rapidement et peser sur une sélection qui doit retrouver sa confiance. C'est lourd. C'est même un peu ingrát. Mais c'est le jeu.
Les Pays-Bas ont connu des transitions rudes. Celle-ci, avec un Slot peut-être inaccessible et l'incertitude qui règne, ressemble à un test de caractère pour une fédération qui n'a pas l'habitude de l'improvisation. À moins qu'un nom surprise ne surgisse d'ici quelques semaines, il faudra se résoudre à penser plus modeste. Plus pragmatique. Moins Slot, plus réaliste.