Ce 30 juin, les Pays-Bas affrontent le Maroc en seizième de finale. Un duel où le jeu hollandais butte sur l'invincibilité marocaine.
Les Pays-Bas ont du style, un jeu qui respire, des combinaisons qui font penser à l'époque dorée. Mais voilà, ce dimanche 30 juin à 16 heures, ils retrouvent un adversaire qui marche sur l'eau depuis le début du tournoi. Le Maroc. Deuxième du groupe F, invaincus, solides, redoutables. C'est le seizième de finale que tout le monde observe de près parce qu'il sent bon la vraie surprise.
Des Oranges qui séduisent mais qui tremblent
Dites-le franchement : regarder jouer les Pays-Bas ces derniers jours, c'est un plaisir. Trois matchs de poule, trois victoires. Contre le Sénégal, contre l'Équateur, contre le Qatar. Un bilan expéditif, facile, un football fluide qui rappelle pourquoi Ronald Koeman, malgré le doute qui a entouré sa nomination, a pu reconstituer une équipe capable de dominer son groupe. Memphis Depay, Davy Klaassen, Cody Gakpo : des hommes qui comprennent le football, qui sentent l'espace. Ce groupe hollandais offense, progresse, crée. On a vu des Pays-Bas bien moins seduisantes en phase finale.
Sauf que — et là est le hic — ce qui marche contre des défenses friables devient une tout autre affaire quand on croise un bloc aussi compact que celui du Maroc. Les Oranges ont marqué neuf buts en trois matchs. Pas rien. Mais défensivement, elles ont aussi laissé des brèches. Quatre buts encaissés. En seizième de finale, contre une équipe comme celle du Maroc, qui sait compter ses coups, qui attend son moment, ça devient problématique. Les Pays-Bas n'ont jamais été imperméables. C'est une question d'équilibre. Et là, cet équilibre, il va être mis à l'épreuve.
Le Maroc, ce mur qui refuse de plier
Alors, parlons du Maroc. Parce que c'est là qu'est la vraie histoire. Deuxième du groupe F, certes, mais un deuxième de poule qui ne ressemble à aucun autre. Invaincus. Trois matchs, zéro défaite. Contre la Belgique, zéro-zéro. Contre la Croatie, zéro-zéro. Contre le Canada, deux-un. Voilà un profil qui évoque la Tunisie de 2018, cette équipe coriace, dure, sans illusions mais avec une rigueur défensive de fer.
L'équipe de Walid Regragui joue d'une manière qui surprend les Européens : elle ne cherche pas à faire le spectacle. Elle cherche à survivre, puis à frapper. Cette stabilité défensive, c'est son arme principale. Jusqu'à présent, elle a fonctionné. Deux buts encaissés en trois matchs, une unité qui comprend son rôle, qui n'hésite pas à se replier sur six ou sept hommes si la situation l'exige. C'est lourd, c'est sans compromis, mais c'est diablement efficace contre des équipes qui raisonnent en termes de possession et de flux de jeu offensif.
Le Maroc doit aussi son statut de participant à cette phase à un exploit personnel : Achraf Hakimi et Romain Saïss sont des noms que les supporters européens reconnaissent. Des gars qui évoluent en grands championnats, qui savent lire le jeu, qui ne se laissent pas intimider par des murs de passes de vingt mètres.
Le match qui se joue dans les détails
Voilà ce qui intrigue : comment les Pays-Bas vont-elles aborder cette partition ? En balançant des crosses, des centres, en espérant que la puissance physique hollandaise fera la différence ? Ou en cherchant à construire, à démanteler patiemment ce château marocain ? Les deux approches ont leurs risques. La première vous expose aux contres. La seconde vous use.
Le Maroc attendra. Il sait que les Oranges ne peuvent pas attendre. C'est l'asymétrie psychologique typique du seizième qui se profile. Une équipe qui a besoin de faire et une autre qui a besoin que l'adversaire se précipite. Pendant quatre-vingt-dix minutes ou cent-vingt si les choses s'éternisent, ce sera une joute de patience contre impatience.
Les pronostics penchent pour les Pays-Bas, évidemment. Elles sont mieux classées, elles viennent d'un championnat plus fort, elles ont plus de noms réputés. Mais le football a enseigné une leçon élémentaire : une équipe bien organisée, qui sait pourquoi elle joue, qui accepte de se faire petit peut faire tomber bien des géants. Regragui l'a compris. Koeman aussi, sûrement. Et c'est ce duel de philosophies qui rendra ce 30 juin captivant.
Les Pays-Bas vont probablement dominer les débats. Statistiquement, elles auront plus de possession, plus de tirs, plus de tout. Mais le Maroc viendra pour une chose : survivre et gagner. Si cette question simple trouve une réponse positive dimanche, c'est un deuxième tour qui les attend. Et à ce moment du tournoi, qui peut dire qu'une équipe comme celle-ci ne rêve pas d'impossible ?