Florentino Pérez cible deux milieux de terrain de premier plan pour renforcer le Real Madrid après une saison décevante. La piste se confirme.
Deux noms, une obsession. Depuis que la saison du Real Madrid s'est achevée sur un goût amer — sans titre de Liga, sans Ligue des Champions, sans ce sentiment de domination absolue qui colle à la peau du club le plus titré du monde — Florentino Pérez a ouvert son carnet. Pas pour tout raser et reconstruire. Pour opérer, chirurgicalement, là où le manque se fait sentir. Et au milieu de terrain, le manque est criant. Les noms qui circulent avec insistance dans les couloirs du Santiago Bernabéu ? Vitinha, le Portugais qui régente le jeu du Paris Saint-Germain, et Rodri, le métronome de Manchester City et champion du monde avec la Roja. Deux profils différents. Une même urgence.
La philosophie Pérez, entre prudence et ambition chirurgicale
Florentino Pérez n'est pas homme à paniquer. Trente ans à la tête du Real Madrid — ou presque — ont forgé chez lui une méthode : on ne change pas tout, on remplace ce qui ne fonctionne plus. Après une nouvelle saison blanche, la tentation de tout bouleverser serait compréhensible. Mais le président merengue résiste. Il estime, selon les informations qui filtrent de Madrid, que quelques retouches ciblées suffisent à remettre la machine en ordre de marche. Et ces retouches passent par le milieu de terrain.
Luka Modric a disputé sa dernière saison sous le maillot blanc. À 39 ans, l'icône croate tire sa révérence. Toni Kroos, lui, a raccroché les crampons il y a un an. Ce qui reste — Aurelien Tchouaméni, Eduardo Camavinga, Fede Valverde — est jeune, prometteur, parfois brillant. Mais il manque un patron. Quelqu'un qui pose le jeu, qui contrôle le tempo, qui empêche le Real de se retrouver débordé dans les grands rendez-vous. C'est précisément le profil de Rodri. Le milieu défensif de Manchester City a remporté le Ballon d'Or 2024, une récompense qui dit tout de son impact sur une équipe. Lorsqu'il était absent, City s'effondrait — les Skyblues ont perdu près de 70 % de leurs matchs sans lui cette saison. Ce n'est pas une stat anodine.
Vitinha, c'est autre chose. À 25 ans, le Portugais formé au FC Porto avant de s'imposer comme l'un des meilleurs relayeurs d'Europe sous les ordres de Luis Enrique au PSG, représente l'avenir. Sa technique, sa vision du jeu, sa capacité à évoluer entre les lignes en font un joueur que les plus grands clubs européens suivent depuis des mois. Le Real Madrid ne fait pas exception. Selon plusieurs sources concordantes en Espagne et en France, la piste est sérieuse, concrète, et suivie au plus haut niveau de la direction madrilène.
- Rodri a remporté le Ballon d'Or 2024, premier joueur de son poste à décrocher la récompense depuis 1999
- Manchester City a affiché un taux de défaite supérieur à 65 % lors des matchs sans Rodri cette saison
- Vitinha, 25 ans, a disputé 44 matchs toutes compétitions confondues avec le PSG en 2024-2025
- Le Real Madrid n'a remporté aucun titre majeur lors de la saison écoulée, une première depuis plusieurs exercices
Deux dossiers, deux montages financiers, une fenêtre qui ne durera pas
Vouloir Rodri et Vitinha, c'est bien. Pouvoir se les offrir, c'est une autre affaire. Le marché des transferts n'a jamais été aussi délirant financièrement, et les deux clubs concernés n'ont aucune obligation de vendre.
Du côté de Manchester City, la situation de Rodri est complexe. L'Espagnol est sous contrat, mais les rumeurs d'un départ en fin de bail — ou d'une vente pour éviter un départ libre — alimentent la presse depuis plusieurs semaines. À 29 ans, Rodri est au sommet de sa carrière. Son prix sur le marché dépasse les 100 millions d'euros, une somme que le Real Madrid est capable d'aligner, mais qui nécessite que City ouvre la porte. Pep Guardiola, lui, ne lâche pas facilement ses joueurs clés. La négociation s'annonce âpre.
Le dossier Vitinha est différent dans sa mécanique. Le PSG, malgré les récentes turbulences liées aux départs de Kylian Mbappé et aux restructurations de l'effectif, a clairement affiché sa volonté de conserver son milieu portugais. Luis Enrique en a fait l'une de ses pièces maîtresses. Mais le Real Madrid sait jouer sur le temps long, et la perspective de rejoindre le club le plus titré d'Europe a souvent suffi à faire basculer des situations réputées inextricables. Vitinha lui-même n'a jamais fermé publiquement la porte à un transfert retentissant.
Ce qui est certain, c'est que la fenêtre estivale 2025 sera décisive. Le Real Madrid ne peut pas se permettre une troisième saison sans titre. La pression monte, y compris en interne. Carlo Ancelotti — si l'Italien est toujours sur le banc cet été, ce qui n'est pas garanti — a besoin de munitions. Et Pérez a besoin de montrer que le projet ne s'essouffle pas, que le Bernabéu reste la destination ultime pour les meilleurs.
Reste une question, et elle est loin d'être rhétorique. Peut-on construire le futur du Real Madrid sur deux recrues de milieu, aussi brillantes soient-elles, sans s'attaquer à d'autres chantiers ? L'attaque, avec un Kylian Mbappé encore en phase d'adaptation, interroge. La défense vieillissante aussi. Mais Pérez a toujours fonctionné ainsi — frapper fort sur un poste, puis enclencher la suite. Si Vitinha et Rodri débarquent à Madrid cet été, le message envoyé au reste de l'Europe sera limpide. Le Real est de retour. Et il n'a pas fini de faire parler de lui.