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Football

Florentino Pérez, seul responsable du naufrage du Real Madrid

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le président merengue est de plus en plus désigné comme l'architecte du vide sportif qui frappe le Real Madrid. Une nouvelle saison blanche se profile.

Florentino Pérez, seul responsable du naufrage du Real Madrid

Quand le Real Madrid ne gagne rien, il y a toujours un coupable désigné — un entraîneur limogé, un joueur vendu trop tôt ou recruté trop tard. Mais cette fois, le doigt accusateur pointe vers le Bernabéu, au septième étage, là où siège Florentino Pérez. La saison 2025/2026 s'annonce blanche comme le maillot immaculé du club le plus titré de l'histoire du football mondial. Et pour beaucoup d'observateurs en Espagne, cette stérilité sportive porte un nom, un visage, une signature.

Un président qui a raté le virage de l'après-Benzema

Retournons en arrière. Le départ de Karim Benzema à l'été 2023 vers Al-Ittihad aurait dû déclencher une révolution offensive au Real Madrid. Il n'en fut rien. Florentino Pérez, obsédé par l'idée de recruter Kylian Mbappé depuis des années, a gelé les investissements sur le poste d'avant-centre, convaincu que l'international français comblerait le vide à lui seul. Mbappé est finalement arrivé à l'été 2024. Mais le Paris Saint-Germain l'avait utilisé différemment, et le Real Madrid ne savait plus vraiment comment articuler son jeu autour d'un profil aussi particulier. Résultat : une intégration laborieuse, des statistiques en deçà des attentes pour un joueur au niveau de son salaire, et une équipe qui cherche encore ses repères.

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Ce n'est pas un hasard si le Real Madrid n'a remporté aucun titre majeur lors de la dernière saison complète. Pour un club qui caracolait avec 14 Ligues des Champions à son palmarès, la sécheresse commence à faire mal. En Liga, le FC Barcelone a repris les commandes. En Ligue des Champions, les Merengues ont été sortis plus tôt qu'à l'accoutumée. La machine semblait grippée. Et beaucoup de sources proches du vestiaire madrilène pointent la même origine du problème : une politique de recrutement pilotée de façon quasi-exclusive par le président, sans véritable cellule de scouting autonome ni directeur sportif doté de pouvoir réel.

Le mercato fantôme qui a condamné une saison entière

L'été 2025 restera comme un mercato manqué. Alors que Carlo Ancelotti réclamait des renforts ciblés — un milieu défensif capable de soulager Aurélien Tchouaméni souvent seul à tenir la barque, et un attaquant capable d'alterner avec Mbappé — Florentino Pérez a préféré la politique de l'attente. L'hypothèse d'un recrutement de joueurs libres de contrat, moins coûteux mais souvent moins décisifs à court terme, a dominé les discussions internes. Résultat : le groupe est arrivé en pré-saison avec les mêmes lacunes qu'au printemps précédent.

Les chiffres sont éloquents. Le Real Madrid a investi moins de 80 millions d'euros nets lors de ce mercato estival, quand le FC Barcelone, malgré ses difficultés financières structurelles, trouvait le moyen de boucler des opérations ciblées. L'Atlético de Madrid, lui, a recruté trois joueurs titulaires d'emblée. La comparaison est cruelle. Et dans les travées du Bernabéu, comme sur les plateaux des grandes émissions espagnoles — El Chiringuito en tête — la grogne monte. Même des voix historiquement favorables au président commencent à hausser le ton.

Florentino Pérez a toujours fonctionné selon une philosophie claire : les galactiques d'abord, la construction collective ensuite. Dans les années 2000, cela donnait Ronaldo, Zidane, Beckham, Figo. Dans les années 2010, Cristiano Ronaldo, Gareth Bale, James Rodríguez. Aujourd'hui, la formule montre ses limites. Le football moderne demande des équipes structurées, des systèmes cohérents, des effectifs profonds. Aligner des stars ne suffit plus quand les adversaires pressent haut, jouent collectivement et s'entraînent avec des données bioméchaniques millimétrées.

Ancelotti dans le flou, un vestiaire qui cherche un cap

Carlo Ancelotti n'est pas exempt de critiques. L'Italien, pourtant double champion d'Europe sur le banc du Real Madrid, semble parfois dépassé par les injonctions contradictoires qui lui tombent dessus. Jouer Mbappé axial ou ailier gauche ? Titulariser Vinícius Júnior dans son couloir de prédilection ou le repositionner ? Accorder davantage de temps de jeu aux jeunes issus de la Castilla, comme le milieu Arda Güler qui avait pourtant montré des éclairs de génie lors de ses rares apparitions ? Les arbitrages sont flous, les rotations imprévisibles, et le sentiment d'un projet collectif solide peine à s'imposer.

Des sources internes évoquent un vestiaire qui manque d'un leader vocal depuis le départ de Benzema et la baisse de régime de Luka Modric, toujours là mais plus capable d'être le métronome qu'il fut pendant une décennie. Toni Kroos, lui, a raccroché les crampons. Le Real Madrid a perdu en un été deux cerveaux du jeu sans vraiment les remplacer. Ancelotti a bricolé. Et Florentino, lui, a regardé.

Il faut aussi évoquer la question de la gouvernance. Le Real Madrid est l'un des rares grands clubs européens à ne pas avoir de directeur sportif avec un vrai périmètre de décision. Tout remonte au président. Cette centralisation absolue du pouvoir avait des vertus dans un contexte de domination totale — elle permettait d'aller vite, de conclure les grandes opérations directement au sommet. Mais elle devient un frein structurel dès lors que les recrutements ratent ou que le projet sportif vacille. Il n'y a pas de pare-feu, pas de numéro deux pour assumer une part de responsabilité. Florentino est partout, donc responsable de tout.

La saison 2025/2026 risque de s'achever sans trophée. Si cette hypothèse se confirme, ce sera la deuxième saison blanche en trois ans pour un club qui a l'habitude de terminer ses exercices avec au moins une coupe dans les bras. L'image du Real Madrid comme machine à gagner en prendrait un coup sérieux — et l'avenir de Florentino Pérez à la tête du club, même s'il reste solidement installé dans son fauteuil, ne manquera pas d'être questionné lors des prochaines élections présidentielles du club. En attendant, les supporters madrilènes retiennent leur souffle. Et les prétendants au titre, eux, se frottent les mains.

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