Porté par sa belle saison au Paris FC, Ilan Kebbal croit aux capacités des Fennecs à rivaliser en 2026. Il prend le Maroc en exemple pour justifier son optimisme.
Ilan Kebbal n'a pas froid aux yeux. En pleine forme avec le Paris FC, où il enchaîne les prestations convaincantes en Ligue 2, le milieu offensif algérien regarde déjà beaucoup plus loin. À vingt-cinq ans, il porte l'ambition de toute une nation sur ses épaules et ne cache pas son envie de hisser l'Algérie au sommet lors de la Coupe du Monde 2026. Une déclaration qui peut sembler audacieuse ? Peut-être. Mais elle résonne différemment quand on connaît la trajectoire des Fennecs ces dernières années.
L'exemple marocain qui embrase les imaginations algériennes
Kebbal n'a pas choisi au hasard son référence. Le Maroc qui s'est qualifié pour les demi-finales du Mondial 2022 au Qatar reste frais dans les mémoires. Cette performance historique — les Lions de l'Atlas n'avaient jamais atteint ce stade depuis 1986 — a démontré qu'une sélection africaine pouvait rivaliser frontalement avec les géants européens et sud-américains. Les Marocains ont créé l'électrochoc nécessaire pour justement convaincre leurs voisins algériens que c'était désormais possible.
« Si le Maroc a pu le faire, pourquoi pas nous ? » Cette question du joueur du Paris FC revient comme un leitmotiv dans les conversations au sein de la sélection algérienne. Elle porte en elle toute la frustration accumulée, mais aussi l'énergie nouvelle d'une génération de joueurs évoluant dans les meilleurs championnats d'Europe. Kebbal lui-même en est le symbole vivant : après un parcours respectueux en Ligue 2 et des expériences en Ligue 1, il a trouvé sa stabilité à Paris, où son jeu tranchant et sa capacité à créer des différences lui ont valu l'attention des recruteurs.
L'Algérie possède effectivement les ressources. Entre les joueurs qui brillent en Premier League anglaise, en Serie A italienne ou même en Bundesliga allemande, les Fennecs ont un vivier de talents indéniable. Le sélectionneur Vladimir Petković, arrivé en 2022, doit justement capitaliser sur cette richesse.
- 2022 : le Maroc en demi-finale du Mondial, premier accomplissement africain depuis 1990
- 16 joueurs algériens évoluent actuellement dans les cinq grands championnats européens
- 18 : le nombre de sélections d'Ilan Kebbal avec les Fennecs depuis son arrivée
- 2 victoires consécutives en qualification africaine pour 2026, élan gonflé à bloc
De la Ligue 2 au rêve bleu blanc rouge algérien
Le parcours de Kebbal résume à lui seul la philosophie qu'il défend. Pas d'arrivée fracassante en Ligue 1 sous les projecteurs, mais un travail de fourmi en Ligue 2, cette division parfois méprisée qui forge pourtant les vrais guerriers du ballon rond français. Le Paris FC, club en reconstruction depuis son retour en deuxième division, a su créer l'environnement où le joueur algérien pouvait s'épanouir. Cette stabilité, cette régularité, c'est exactement ce qu'il souhaite trouver avec ses Fennecs.
Reste un obstacle majeur : les phases de qualification, impitoyables, où chaque match vaut trois points — ou zéro. L'Algérie doit se battre contre des adversaires africains de qualité variable mais souvent imprévisible. La CHAN, le tournoi des joueurs locaux, montre que le football continental africain ne pardonne rien. Une défaite mal digérée, une série d'absences pour blessures, et le Mondial s'éloigne. Petković le sait, ses joueurs le savent, Kebbal plus que quiconque.
Mais il y a quelque chose de magnifique dans cette foi que ce jeune joueur affiche publiquement. En évoquant le Maroc, il ne dévalorise pas la concurrence. Il la regarde en face et dit : nous aussi, nous en sommes capables. Voilà le vrai changement de mentalité dont l'Algérie avait besoin après les déceptions de 2018 et 2022, quand les Fennecs ne s'étaient qualifiés que pour la phase de groupes.
La suite s'écrira entre septembre 2025 et octobre 2025, lors des ultimes rencontres de qualification. Kebbal, si sa forme du Paris FC persiste, pourrait bien être l'une des clés de cette ambition. Pas comme simple espoir, mais comme acteur central du projet. C'est déjà dans la tête des supporters algériens : le jeune milieu qui a grandi à l'écart des projecteurs pourrait finalement devenir l'une des figures de proue d'un Mondial à trois poules en 2026.
Optimiste ? Certainement. Fou ? Non. Le chemin existe, tracé par le Maroc lui-même. À Kebbal et aux Fennecs de le suivre.