Le géant grec s'offre Etienne Camara dès l'ouverture du mercato. Charleroi encaisse le départ de son milieu de terrain prometteur.
Ils n'ont pas attendu le café pour frapper un grand coup. Le Panathinaikos a profité des premiers jours du mercato hivernal pour boucler l'arrivée d'Etienne Camara, le milieu de terrain de Charleroi que nous révélions dans nos colonnes comme étant la cible prioritaire des Verts grecs. Un accord a été trouvé entre les deux clubs, actant ainsi le départ du joueur de 24 ans vers l'Attique.
Pourquoi le Panathinaikos a forcé la porte de Charleroi
Depuis plusieurs semaines, le club d'Athènes traçait sa route vers la Belgique avec une obstination remarquable. Etienne Camara ne sort pas de nulle part : avec 14 apparitions en Championnat de Belgique cette saison, il s'est imposé comme l'un des créateurs du jeu carolorégien, capable de lier les deux camps avec des passes tranchantes et une lecture du jeu qu'on ne voit pas tous les jours à ce niveau. Les Grecs ont identifié un profil capable de dynamiter leur entrejeu, trop statique depuis plusieurs mois. Le Panathinaikos, leader de la Super League grecque avec 42 points en 17 matchs, n'a pas le temps pour des expériences : il faut redynamiser maintenant pour tenir jusqu'en mai.
L'arrivée de Camara répond aussi à une logique sportive immédiate. Charleroi traverse une période compliquée en Belgique, et ses joueurs les plus talentueux commencent à regarder ailleurs. Ce ne sera pas une surprise si d'autres dossiers se nouent rapidement autour du club du Hainaut. L'international français U20 représente exactement le profil qui peut faire basculer une saison : jeune, affamé, et surtout, opérationnel dès maintenant.
Qu'est-ce qui attend Camara chez les Verts
Arriver à Athènes, c'est intégrer une machine bien huilée. Le Panathinaikos joue sa vie domestique—et sa suprématie—chaque dimanche face à une concurrence qui s'est renforcée cette saison, notamment du côté de l'Olympiakos et du AEK Athènes. Camara débarque dans un costume de milieu de terrain moderne, capable de presser haut comme de récupérer bas. Exactement ce que réclame l'entraîneur des Verts.
Le défi sera de s'adapter à une intensité différente, à un championnat où les équipes font bloc et ne pardonnent aucune distraction. Mais le joueur a montré à Charleroi qu'il avait les ressources mentales pour ça. Avec un contrat longue durée devant lui, le Panathinaikos le voit comme un élément structurant du projet pour les trois prochaines années. C'est dire l'importance qu'on attribue à sa signature. À 24 ans, Camara entre dans sa fenêtre de progression maximale. Athènes a toutes les chances d'être le bon endroit pour exploser vraiment.
Charleroi perd un levier, mais peut-il s'en remettre
Pour les Zèbres, c'est un nouveau coup dur à encaisser. Après avoir perdu des joueurs clés ces dernières saisons, le club carolorégien se vide à nouveau de ses talents émergents. Charleroi a su développer des joueurs, mais la malédiction du championnat belge rattrape toujours les ambitieux : il faut vendre quand on n'a pas les moyens de lutter.
La vraie question pour le président Michael Delaunois et son directeur sportif sera de trouver un équilibre entre la réalité financière et l'ambition sportive. Vendre Camara rapporte des euros. Mais ces euros doivent être réinvestis intelligemment pour que l'équipe ne s'effondre pas. Charleroi joue actuellement en position de barragiste en D1A—une zone inconfortable qui n'offre guère de marge de manœuvre. Perdre un créateur de jeu, c'est perdre des solutions quand il s'agit d'imprimer du rythme.
Reste que le timing aurait pu être pire. Le mercato hivernal se fera en deux mouvements : les départs d'abord, puis les arrivées. Charleroi a encore quelques jours pour actionner ses contacts, sonder le marché, et ramener des éléments susceptibles de tenir le cap jusqu'en juin. C'est étroit, mais faisable. Le Panathinaikos a montré la voie : quand on veut quelque chose, on fonce. À Charleroi de prendre la même température.