La chambre de l'instruction de Versailles confirme le renvoi d'Achraf Hakimi. Son avocate anticipe l'audition de Kylian Mbappé comme témoin dans cette affaire qui secoue le PSG.
Achraf Hakimi devra comparaître devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a confirmé vendredi le renvoi du défenseur du Paris Saint-Germain, actant ainsi un tournant judiciaire qui s'annonçait depuis des mois. Ce qui aurait pu rester une affaire souterraine prend désormais toute son ampleur : le dossier entre dans sa phase la plus sensible, celle où les témoignages compteront autant que les preuves matérielles.
L'avocate d'Hakimi, Me Delphine Perez, a d'ores et déjà signalé ses intentions lors des débats. Selon nos informations, elle estime que Kylian Mbappé sera appelé à témoigner dans ce dossier. Une perspective qui prend un relief particulier quand on sait que les deux hommes évoluent sous le même maillot depuis maintenant deux saisons. Mbappé, vedette de Paris depuis son arrivée libre du Real Madrid en 2023, pourrait donc se trouver convié à s'exprimer sur des faits le concernant directement ou indirectement.
Un renvoi qui concrétise les accusations
Le renvoi en cour criminelle n'est jamais une formalité. Cette décision de Versailles traduit l'appréciation de la chambre de l'instruction selon laquelle les éléments du dossier justifient un jugement au fond. Hakimi n'aura donc pas la possibilité de contourner le procès : la route juridique est tracée jusqu'à son aboutissement devant une cour composée de magistrats professionnels.
Pour le PSG, cet élément de calendrier complique une situation déjà délicate. Le club de la capitale n'a jamais souhaité officialiser le statut de cette affaire, se contentant de déclarations générales sur le respect de la présomption d'innocence. Mais à partir du moment où un athlète de cette envergure — Hakimi reste l'un des arrière-droits les plus considérés d'Europe — franchit une étape judiciaire majeure, le silence institutionnel devient complexe à maintenir.
L'implication potentielle de Mbappé comme témoin ouvre une autre dimension. Non pas que l'ancien madrilène serait directement visé par les accusations — ce n'est pas le cas — mais sa présence éventuelle dans la salle d'audience cristalliserait l'ampleur de ce dossier au sein d'un vestiaire qui compte parmi les plus médiatisés du monde. Entre novembre 2023, date à laquelle les faits auraient eu lieu selon les documents judiciaires, et ce renvoi confirmé, dix-huit mois ont permis au club de gérer les relations internes. Un témoignage public de Mbappé briscerait cette barrière d'intimité.
Vers un procès sans date, mais inéluctable
Les calendriers judiciaires français n'obéissent pas toujours à la logique des saisons sportives. Le délai avant l'ouverture du procès proprement dit demeure flou. Selon les services du parquet et la charge des agendas de la cour criminelle, le dossier Hakimi pourrait être jugé au cours du second semestre 2025 ou même repousser vers 2026. Cette incertitude pèse sur la gestion de l'effectif du PSG et sur la planification contractuelle du joueur marocain, dont le contrat court jusqu'en 2026.
Aucun procédé d'urgence n'accélérera le mouvement. Les cours criminelles travaillent à partir de dates sessionnelles, et les dossiers s'empilent. Le PSG et Hakimi doivent donc s'armer de patience. Entre-temps, le latéral de 26 ans continuera d'évoluer sous le maillot parisien, comme si de rien n'était — du moins en apparence.
L'aspect qui retient l'attention des observateurs du monde judiciaire demeure cette convocation annoncée de Mbappé. L'avocate d'Hakimi n'a pas précisé le rôle exact qu'elle envisageait pour le champion du monde, ni sur quels points elle l'interrogerait. Mais son signal aux magistrats est clair : la reconstruction de la vérité passe par la parole de celui qui était présent à titre de témoin potentiel des événements.
- 18 mois se sont écoulés entre les faits allégués (novembre 2023) et ce renvoi confirmé vendredi
- Hakimi reste l'une des figures défensives centrales d'une équipe qui visait le doublé coupe-championnat
- Aucune date de jugement n'a été fixée, le procès pourrait intervenir en 2025 ou 2026
- Mbappé, arrivé à Paris libre du Real Madrid en 2023, n'est pas visé par les accusations
Cette affaire Hakimi restera un point de tension dans le projet parisien tant qu'elle ne sera pas jugée au fond. Pour le PSG, qui a investi massivement ces dernières années pour construire un groupe capable de réussir en Ligue 1 et surtout en Champions League, voir l'un de ses piliers défensifs pris dans une procédure pénale constitue une gêne stratégique. L'implication de Mbappé comme témoin ferait simplement passer cette gêne d'un problème interne à une affaire d'intérêt public, impossible à isoler de la vie sportive du club.